Depuis 2013, le nombre d’apprentis est en baisse en Île-de-France, malgré les efforts de la Région. Nouvelle présidente, Valérie Pécresse compte miser gros sur cette formation pour inverser cette tendance.

Premier pôle économique français, la région Île-de-France profite d'une multitude d'infrastructures de qualité et d’un tissu d'entreprises extrêmement diversifié. La région excelle notamment dans le secteur tertiaire, grâce à des pôles installés de longue date. Le domaine de la production n'est pas en reste, et se révèle même être fortement pourvoyeur d'emplois. Les secteurs du bâtiment, de l'artisanat, de la vente et de la finance sont également toujours très dynamiques. Dans ce panel de secteurs, l’apprentissage a trouvé sa place, malgré un léger recul ces dernières années.

La barre des 100 000 alternants atteinte

En 2014, la région Île-de-France a consacré 378 millions d’euros au développement de l’apprentissage. Un investissement qui n’a pas suffi à empêcher la baisse des effectifs, passés de 83 867 apprentis en 2013 à 81 531 en 2014. Selon la région, un objectif a toutefois été atteint : celui de passer la barre des 100 000 alternants.

« L’alternance garantit aux stagiaires une formation de grande qualité, pratique, professionnalisante et directement connectée au monde de l’entreprise », soulignait Emmanuel Maurel, alors vice-président du conseil régional d’Île-de-France chargé de la formation professionnelle, de l’apprentissage, de l’alternance et de l’emploi. C’est pourquoi, à la rentrée 2014, la région avait ouvert 3 500 places dans les CFA implantés sur le bassin parisien. 

Ce projet s’inscrivait dans la continuité d’autres investissements de la région. À titre d’exemple, la Maison de l'apprentissage, inaugurée en 2012 au cœur du pôle universitaire de Gennevilliers, rassemble et mutualise les moyens de filières à priori sans lien direct, en vue de les pérenniser.

« La Maison de l’apprentissage est destinée à devenir une pépinière de CFA », précisait à l’époque Jean-Paul Huchon, ancien président de la région. Grâce à ce dispositif visant à accroître les contacts avec les entreprises, 13 900 contrats ont pu être signés, et 17 340 jeunes apprentis ont été suivis.

Le nouveau conseil régional croit en l’apprentissage

L’idée de ce suivi individuel plaît du côté de la nouvelle assemblée régionale. « Les moyens à déployer pour cela seront colossaux, mais c’est la seule façon pour que ça marche », a déclaré Jérôme Chartier, actuel vice-président de la région en charge de l’économie et de l’emploi, lors d’une confrontation sur le thème de l’alternance et de l’apprentissage, qui opposait des représentants des trois principales listes candidates pour le conseil régional d’Île-de-France le 3 décembre 2015.

En région Île-de-France, désormais dirigée par Les Républicains, l’apprentissage reste une préoccupation de premier ordre. Valérie Pécresse, nouvelle présidente de la région, a ainsi déclaré le 11 février 2016, lors d’une réunion des directeurs de CFA et d’établissements d’apprentissage, vouloir « faire du conseil régional une collectivité exemplaire au service de la nouvelle politique de l’apprentissage de la région ».

Soulignant ses désaccords de principe avec la majorité sortante, qui selon elle « n’a pas su mesurer l’importance du sujet pour nos jeunes », la nouvelle élue a déclaré vouloir « essayer quelques pistes nouvelles ». Parmi ses différentes idées, la mise en place de « campus professionnels, qui pourraient regrouper des filières de lycée pro et de CFA avec, à terme, plus de visibilité et des économies de loyer ».

Elle compte aussi beaucoup miser sur l’attractivité de cette formation. « Rendre l’apprentissage attractif, c’est valoriser le statut de l’apprenti », estime-t-elle. Ainsi, « l’ensemble de la politique d’insertion des jeunes, qui est une compétence essentielle de la région, sera largement réorientée vers la préparation des jeunes à l’apprentissage ». Une chose est sûre : malgré les désaccords, ni les jeunes ni l’apprentissage ne sont laissés de côté