L'alternance est possible bien avant d'entrer dans l'enseignement supérieur ! De la troisième (voire la quatrième) au baccalauréat, de nombreuses options existent. Un choix qui peut se révéler payant pour tous les jeunes qui souhaitent acquérir très tôt une expérience professionnelle. L'objectif : entrer rapidement et efficacement sur le marché du travail.

Acquérir un savoir-faire concret auprès de professionnels tout en préparant un diplôme : tel est l'objectif de l'apprentissage dès la fin de la troisième. Mais ce choix d'orientation doit être mûrement réfléchi : passer du statut d'élève à celui de salarié est à la fois motivant, déroutant et surtout exigeant. Il est donc très important de se renseigner sur le métier auquel on souhaite se former, et sur les différents diplômes permettant d'y accéder.

Les diplômes avant le bac

Dima : une autre manière d'apprendre

Donner une alternative aux élèves qui n'ont pas trouvé leur voie dans la formation générale, c’est la vocation du dispositif d'initiation aux métiers en alternance (Dima), notamment proposé dans les CFA, les lycées professionnels ou les maisons familiales et rurales (MFR). Il a remplacé l'apprentissage junior et les classes préparatoires à l'apprentissage (CPA) depuis la rentrée 2008, et est désormais l'unique dispositif de référence pour l'accueil des élèves souhaitant commencer un préapprentissage.

Le Dima s'adresse à des élèves volontaires, âgés de 15 ans à la date d'entrée dans la formation, et souhaitant découvrir un environnement professionnel en vue d'entrer en apprentissage. La formation dure alors une année scolaire, comportant à la fois des enseignements généraux, technologiques et pratiques, des visites en milieu professionnel ainsi que des stages d'initiation. Durant cette période, l'élève n'est pas rémunéré, mais il conserve son statut scolaire, et donc, les périodes de vacances.

À l'issue du Dima, les élèves peuvent signer un contrat d'apprentissage de deux ans pour préparer un CAP, ou de trois ans pour un bac professionnel. Ils ont également la possibilité de poursuivre leur formation, en retournant soit au collège, soit au lycée professionnel, pour y passer un CAP ou un bac professionnel par la voie scolaire.

CAP : les fondamentaux d’un métier

Le CAP est accessible à partir de 16 ans, avec une dérogation possible avant cet âge pour certains élèves après la classe de troisième. Toutes les spécialités de ce diplôme, qui se prépare en deux ans, peuvent se réaliser en alternance. Le CAP permet ainsi de se former à une très large palette de métiers, allant du secteur des services, au bâtiment, en passant par l'imprimerie ou la cuisine.

Le rythme de l'alternance dépend notamment de la formation. Les cours sont aussi adaptés au cursus. En plus de l'enseignement technique, les élèves de CAP reçoivent des enseignements généralistes : mathématiques, français ou encore physique. Ainsi, s'ils décident de ne pas travailler directement après l'obtention de ce diplôme, les jeunes peuvent poursuivre leurs études par un brevet ou un bac professionnel.

Pour les jeunes intéressés par le secteur agricole, il est conseillé de s'orienter vers le Certificat d'aptitude professionnelle agricole (CAPA). Il s'agit d'un diplôme de niveau V permettant l'entrée dans la vie professionnelle comme ouvrier qualifié. Il se prépare en deux années après la classe de troisième.

Un certificat technique des métiers (CTM)

Délivré par les chambres de métiers et de l'artisanat, il se prépare en deux ou trois ans, uniquement par la voie de l'apprentissage, au sein d'un centre de formation des apprentis (CFA). Ce cursus est directement accessible après la classe de troisième et permet d'intégrer l'entreprise artisanale à un premier niveau de qualification professionnelle. Tout comme le Capa, il s'agit d'un diplôme de niveau V qui correspond à une qualification d'ouvrier professionnel.

La mention complémentaire (MC) : pour une spécialisation

L'objectif de la mention complémentaire est de donner une qualification spécialisée à des candidats qui sont ont déjà un premier diplôme de l'enseignement professionnel, technologique voire général. Une formation caractérisée par une forte alternance entre la théorie (400 heures minimum par an) et la pratique professionnelle (de 12 à 18 semaines). Il existe actuellement 54 spécialités de mention complémentaire. Parmi elles, « aide à domicile », « joaillerie », « soudage », « styliste visagiste », « peinture décoration »...

Alternance de niveau bac

BP : approfondir ses connaissances

Le brevet professionnel (BP), diplôme de niveau bac obtenu à l'issue de deux années post-CAP, s'effectue principalement en apprentissage. Il s'agit d'une qualification professionnelle qui reconnaît la maîtrise des aptitudes d'un métier. En effet, si le CAP permet une entrée immédiate dans la vie active dans divers secteurs (BTP, hôtellerie, cuisine…), il n'est pas toujours suffisant. Pour certains métiers, obtenir un diplôme de niveau supérieur est indispensable en vue d'obtenir un poste, mais aussi un salaire plus élevé.

À noter également que, pour certaines professions, le brevet professionnel est de plus en plus nécessaire pour pouvoir se mettre à son compte. C'est notamment le cas pour les fleuristes, les coiffeurs, les préparateurs en pharmacie ou encore les bouchers. « Ceux qui poursuivent sur un brevet professionnel à l'école de la boucherie sont des jeunes qui ont davantage le projet de se mettre à leur compte », témoigne Patrick Paulmier, professeur à l'école professionnelle de la boucherie.

Le brevet professionnel agricole (BPA) est accessible pour les jeunes de 15 à 26 ans. Pour effectuer cette formation, ils doivent justifier d'un niveau de fin de scolarité de troisième, d'un CA,P d'un Capa ou d'un cycle complet conduisant au BEP ou Bepa. Ce diplôme atteste l'acquisition d'une qualification professionnelle d'une activité d'ouvrier qualifié dans le domaine agricole.

Le brevet technique des métiers (BTM) : pour aller plus loin

Ce diplôme délivré par les chambres de métiers et de l'artisanat se prépare en deux années. Pour pouvoir accéder à la formation, il faut justifier d'un diplôme de niveau V ou d'une expérience professionnelle d'au moins trois ans dans le métier. Le BTM sanctionne la maîtrise des compétences qui correspondant à un emploi qualifié dans une entreprise artisanale. Suivre ce cursus permet d'accéder à des postes de second d'entreprise comme responsable de laboratoire ou chef de fabrication.

Un certificat de spécialisation (CS) pour les métiers agricoles

Le certificat de spécialisation sanctionne un complément spécifique de formation dont le contenu s'appuie sur des référentiels de diplômes professionnels ou technologiques. Il concerne les métiers agricoles et dure une année.

Bac pro : une voie revalorisée

Le baccalauréat professionnel s'effectue désormais en trois ans après la troisième, tout comme le bac général. Il propose désormais près de 80 spécialités différentes, dont la plupart peuvent s'effectuer en apprentissage. Si ce diplôme est prévu pour une insertion professionnelle rapide, rien n'empêche pour autant les jeunes de poursuivre vers un diplôme plus élevé.

À l'issue de cette formation, le diplôme le plus adapté - en général – est le BTS. D'autant que les élèves ayant obtenu une mention « bien » ou « très bien » pour ce diplôme bénéficient d'une admission de droit dans cette filière. Ce choix demande néanmoins un travail important et beaucoup de volonté de la part des élèves titulaires de ce diplôme…