Afin de dénoncer les inégalités hommes-femmes et les discriminations dont peuvent être victimes les lycéennes au quotidien, les lycéens sous tous invités à revêtir leur plus belle jupe, vendredi 19 mai.

Ouvrir le débat, c’est l’objectif principal de cette troisième édition de la « Journée nationale de la Jupe ». Vendredi 19 mai, filles et garçons sont incités à se rendre en cours vêtus d’une jupe. L’initiative, comme lors des années précédentes, doit déboucher sur des débats et discussions autour des inégalités de salaires entre les hommes et les femmes, et plus largement sur le sexisme ordinaire.

Inégalités au sein des filières

Cette journée peut aussi être l’occasion d’aborder « l’ouverture des filières », scientifiques et techniques surtout « parce qu’on se rend bien compte que les filles n’y vont jamais », constate Coline Mayaudon, déléguée à la communication du Syndicat général des lycéens (SGL) auprès du Monde.

« Tu ne reviens pas comme ça »

Cette nouvelle « Journée de la Jupe » intervient quelques mois après les dérives sexistes dont ont été victimes des lycéennes de la cité scolaire Emile Loubet, à Valence. Certaines jeunes filles s’étaient vues refuser l’entrée à leur établissement à cause de leurs tenues jugées indécentes. Tenue correcte exigée donc, sous peine d’être privée de cours. « Tu ne reviens pas comme ça », avaient été averties plusieurs élèves par la direction du lycée. 

Dérapages à Nantes en 2014

En 2014, l’action « Ce que soulève la jupe » qui s'inscrit dans la même lignée que cette Journée nationale de la Jupe avait rencontré quelques difficultés. En pleine polémique autour de la théorie du genre, lycéens et militants de la Manif pour tous s’étaient affrontés au cours de manifestations houleuses.

Ces militants voyaient dans cette initiative une incitation à la transsexualité. « A cause des incidents, on était passés à côté du message principal, qui est la lutte contre le sexisme, donc nous voulions relancer l’initiative », regrette Coline Mayaudon.

Une meilleure organisation

Pour enrayer d'éventuels débordements, les syndicats lycéens ont cette année renforcé l’organisation de l’événement. Un site internet ainsi qu’un événement Facebook ont été créés afin de préparer au mieux et cette journée mais aussi pour rassurer les chefs d’établissements, encore sceptiques. Kits, autocollants, une cinquantaine de lycées auraient d’ores et déjà commandé leur pack aux couleurs de la « Journée de la Jupe » 2017.