Une étude sur l'égalité des sexes dans l'éducation publiée par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), indique que les jeux vidéo peuvent être vecteur de meilleurs résultats scolaires.

Les jeux vidéo ne sont pas toujours néfastes pour les élèves. C'est ce que montrent les conclusions de l'enquête* sur l'égalité des sexes dans l'éducation, publiée le jeudi 5 mars 2015 par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Selon le jeu choisi et la fréquence à laquelle ils jouent, les élèves peuvent obtenir « de bien meilleurs résultats ».

Un moyen d'améliorer ses compétences

Pour Francesco Avvisati, analyste à l'OCDE, certains élèves, et plus particulièrement les garçons, jouent de « manière excessive », ce qui les pousse à « laisser leurs devoirs de côté » ou à « arriver en retard » à l'école. Pourtant, un usage modéré peut avoir des points positifs a-t-il expliqué au cours d'une conférence de presse : cela « peut être utile notamment pour acquérir des compétences spatiales, d'orientation géographique, de lecture de carte et aider les élèves à obtenir de meilleurs résultats pour la résolution des problèmes en mathématiques ».

Par ailleurs, le rapport de l'OCDE explique que « les élèves qui jouent à des jeux vidéo à un seul joueur à une fréquence allant d'une fois par mois à presque tous les jours obtiennent, en moyenne, de meilleurs résultats en mathématiques, en compréhension de l'écrit, en sciences et en résolution de problèmes que ceux qui y jouent chaque jour. » Mieux, ces derniers « obtiennent également de meilleurs résultats que les élèves qui n'y jouent jamais ou presque jamais ».

Les jeux peuvent ainsi s'avérer être « des outils efficaces d'entraînement cognitif » qui peuvent avoir « des effets positifs sur l'apprentissage ». Nombreux sont ceux qui « intègrent de bons principes d'apprentissage, susceptibles de stimuler le fonctionnement cognitif des élèves et de favoriser leur adaptation psychosociale, tout en perfectionnant leurs compétences en termes de perception de l'espace et de résolution de problèmes », explique l'OCDE.

Réguler les fréquences de jeu, oublier les interdits

Il est donc conseillé de jouer, mais de manière modérée, afin que « les jeux vidéo soient vraiment profitables aux élèves », tempère Francesco Avvisati. « Les jeux en réseau sont plus susceptibles de conduire à une consommation excessive », détaille-t-il. De ce fait, plutôt que d'interdire les sessions de jeu, « les parents et les enseignants [qui] réprimandent souvent les [jeunes] pourraient plutôt établir un ‘contrat d'apprentissage' », recommande l'OCDE.

Cela leur permettrait de jouer « aux jeux vidéo avec modération, en reconnaissant leur utilité dans l'acquisition de certaines compétences importantes, tout en exigeant [des jeunes] qu'ils fassent également leurs devoirs ».

* Cette étude a été réalisée à partir des données collectées pour l'étude PISA 2012 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) auprès de plus de 510 000 jeunes âgés de 15 ans dans 65 pays membres de l'OCDE.