Une étude de l’Insee montre que les femmes sont plus nombreuses à suivre des études supérieures, mais très peu de formations ont des effectifs paritaires.

Si la parité a encore du mal à s’installer dans le monde du travail, de même que l’égalité des salaires entre hommes et femmes, il y a un domaine où l’égalité entre les sexes a progressé : l’éducation. A tel point qu’après avoir été longtemps désavantagées, les femmes sont aujourd’hui plus diplômées que les hommes.

55 % d’étudiantes dans le supérieur

« Depuis trente ans, la part des jeunes d’une génération poursuivant leurs études dans le supérieur a nettement progressé, écrit l’Insee dans son étude "Femmes et hommes, l’égalité en question", publiée le 7 mars 2017. Ce mouvement a davantage profité aux jeunes femmes. » En effet, les jeunes femmes de 18 à 29 sont d’avantage scolarisées que les jeunes hommes. En 2015, elles étaient majoritaires dans le supérieur (55 %), « plus particulièrement aux niveaux de formation les plus élevés (59 % en master) ».

Une femme de moins de 35 ans sur trois a au moins un bac+3

En parallèle de ce taux de scolarisation plus important, les femmes des jeunes générations sont plus diplômées que les hommes, « alors que l’inverse était vrai pour les générations plus anciennes ». Comme le montre l’infographie ci-dessous, les femmes de moins de 45 ans sont plus souvent diplômées du supérieur que les hommes du même âge. Dans le même temps, on trouve plus d’hommes sans diplômes ou seulement titulaires du brevet que de femmes.

En observant les données des générations précédentes, on constate que la tendance s’est inversée, notamment concernant les études longues (bac+3 et plus), qui concernaient d’avantage les hommes. 

L’accès aux études facilité depuis 30 ans

Chez les personnes ayant, en 2015, entre 55 et 64 ans, 38,3 % des femmes n’ont pas de diplômes, contre 30,6 % des hommes. Par ailleurs, les hommes ont toujours été plus nombreux à s’arrêter au niveau CAP ou BEP, alors que le taux d’hommes et de femmes ayant un niveau bac ou équivalent est égal depuis deux générations. 

L’évolution de l’offre de formations en France a donc permis de faciliter l’accès aux études supérieures, particulièrement pour les femmes. Malgré tout, des inégalités subsistent dans le choix de ces études. 

Des clichés dans l’orientation

Ainsi, pour 55 % d’étudiantes dans l’enseignement supérieur, celle-ci sont surreprésentées dans les formations paramédicales et sociales, les lettres, langues et sciences humaines, la médecine et pharmacie ou encore le droit. A l’inverse, elles sont moins nombreuses à s’inscrire en prépa, en DUT, en filière scientifiques ou en écoles d’ingénieurs. La parité est trouvée en BTS et dans les écoles de commerce. Ces différences s’expliquent notamment par les filières suivies au lycée.

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A la rentrée 2015, les classes de terminales L étaient composées à 79,5 % de filles. Elles étaient aussi majoritaires en ES (60,1 %), alors qu’elles étaient sous-représentées en S (46,7%). Mais les différences sont encore plus flagrantes en terminale technologique. Les filles étaient largement majoritaires en Scientes et technologie de la santé et du social (ST2S) (89,1 %), et très minoritaires en Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable (STI2D) (6,6 %). Même constat en terminale professionnelle : 11,9 % de filles dans les formations de la production, contre 65,9 % dans les formations des services.