D’après les données du ministère de l’Enseignement supérieur, les bacheliers S ont dix fois plus de chances d’obtenir leur Paces que les autres bacheliers.

En 2014, les bacs S représentaient 93,1 % des inscrits en Paces, la première année commune aux études de santé. Sans grande surprise, les étudiants issus de la filière scientifique sont de loin les plus nombreux à s’inscrire en études médicales. Mais d’après une  note du ministère de l’enseignement supérieur publiée en novembre 2017, ce sont aussi les seuls, ou presque, à réussir. 

En effet, si 35,9 % d’entre eux atteignent la deuxième année en un ou deux ans, moins de 3 % des autres bacheliers y parviennent. Ces disparités sont encore plus fortes en première année. 

Un redoublement quasi inévitable 

Après un an de Paces, 11,5 % de jeunes passent en deuxième année, parmi lesquels on ne retrouve presque que des bacheliers S. 12,3 % d’entre eux sont dans ce cas, contre 0,5 % des bacheliers ES et technologiques et un 0 % absolu des bacheliers L et professionnels.

Dans la même logique, les bacheliers S sont plus persévérants que les autres. La note nous apprend que si 47,1 % des étudiants inscrits en première année redoublent, cette deuxième première année est tentée par près de la moitié des S, contre un L ou ES sur quatre, et un technologique ou professionnel sur cinq.

Aucun bachelier pro ne valide la Paces

Un redoublement qui double la réussite mais ne change pas la tendance : 22,2 % des étudiants obtiennent leur Paces après un deuxième essai, dont 23,7 % des bacheliers S, et seulement 2,3 % de jeunes issus des autres filières. 

Malgré tout, si certains bacheliers L (4,4%), ES (5,6 %) et technologiques (3,7%) parviennent à tirer profit du redoublement, ce n’est pas le cas des bacheliers professionnels : aucun bac pro ne valide la Paces, ni en un an, ni en deux ans

Un cursus d’excellence

Au-delà des filières, la note du ministère montre que les études de médecine sont avant tout un parcours d’excellence. Les bacheliers ayant décroché une mention très bien au bac sont 42,3 % à obtenir la Paces dès la première année, contre moins de 1 % pour les mentions passables. 

Une fois la Paces en poche, les étudiants se tournent très majoritairement vers la médecine (59,8 %), avant les études en pharmacie (23,8 %), en chirurgie dentaire (9,2 %), en maïeutique (sage-femme, 7 %) ou dans d’autres spécialités de santé (6,3 %). 

Cette note chiffrée montre que malgré un intérêt pour des études de médecine (manifesté par l’inscription en Paces), l’accès à ce secteur est beaucoup plus difficile pour des élèves issus de filières non scientifiques que pour les bacheliers S

Le lycée est-il trop segmenté ? L’hypothèse de la suppression des filières L, ES et S, émise dans le cadre de la réforme du baccalauréat, pourrait apporter une réponse à cette question. Et peut-être permettre aux lycéens qui le souhaitent de suivre un parcours technique, littéraire ou économique tout en préparant des études scientifiques.

*Etude menée à partir des résultats et parcours des 35 375 néo-bacheliers inscrits en première année de Paces en 2014-2015.