L'augmentation des frais d'inscriptions à l'université concernera les étudiants étrangers hors Union européenne.

Jusqu’à 3 770 euros par an. C’est le montant que devront désormais payer les étudiants étrangers venant de pays hors Union européenne à l’université. Jusqu’à présent, ceux-ci payaient les mêmes frais que les étudiants français : 170 € par an en licence, 243 € par an en master et 380 € par an en doctorat. 

Objectif 500 000 étudiants étrangers en 2027

Désormais, ils devront donc s’acquitter de frais d’inscription de 2 770 € en licence et de 3 770 € par an en master et doctorat, comme l’a confirmé le premier ministre Edouard Philippe lors des Rencontres universitaires de la francophonie, lundi 19 novembre. Le but de cette augmentation ? Attirer plus d’étudiants étrangers en France. L’objectif est de passer de 324 000 à 500 000 d’ici 2027.

Si augmenter les frais d’inscriptions pour attirer plus d’étudiants peut paraître paradoxal, cela a du sens pour le gouvernement, qui y voit un gage de qualité, auquel sont notamment sensibles les familles d’étudiants venant d’Asie. Mais, et surtout, il s’agirait d’un nouveau moyen de financement, permettant d’améliorer l’accueil des étudiants étrangers et leur accompagnement, en développant par exemple des cours de français langue étrangères (FLE) ou des cursus uniquement en anglais. 

Ce nouveau financement mènera également à la création d’un nouveau label pour les établissements, « Bienvenue en France », à la facilitation administratives et au renforcement des bourses : 6 000 bourses seront ainsi distribuées par les établissements, et 15 000 par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, contre 7 000 actuellement.

Fronde des syndicats étudiants 

Cette annonce n’a pas manqué de faire réagir, notamment les syndicats étudiants. L’Unef et la Fage sont vent debout contre cette augmentation.  Le premier y voit « un renforcement de la précarité sociale et une fermeture des portes de l’enseignement supérieur français ». Le syndicat fait remarquer que le montant des démarches (visa, test de français, billet d’avion) est déjà élevé, et considère que « cette augmentation viendrait renforcer la triple précarité rencontrée aujourd’hui par les étudiants étrangers en France ». 

Une précarité chiffrée par la Fage, selon laquelle « les étudiants internationaux représentent 67 % des bénéficiaires des épiceries sociales et solidaires AGORAé ». Le premier syndicat étudiant de France considère que « ce n’est pas aux étudiants de contribuer au sous-financement de l’enseignement supérieur par l’Etat » et alerte sur le fait que cette augmentation « ne favorisera que certains établissements réputés, en particulier parisien ». Et, pour l’ensemble de ses opposants, elle pénalisera majoritairement les étudiants venant d’Afrique, aux moyens plus faibles.