L'Allemagne est, avec l'Espagne et le Royaume-Uni, l'un des pays européens les plus accueillants pour les étudiants français allant étudier à l'étranger. Etudier en Allemagne, c'est non seulement améliorer ses déclinaisons, mais c'est aussi un formidable moyen de s'imprégner de la culture allemande.

Les Français germanophones sont relativement peu nombreux. En effet, selon les derniers chiffres de l'Education nationale, les élèves français ne seraient que 15 % environ à choisir d'étudier l'allemand comme LV2 au collège. La langue de Goethe deviendrait-elle trop rare ? Aujourd'hui, les élèves sont plus attirés par l'espagnol, réputé moins difficile.

Maîtrise de la langue indispensable

Apprendre l'allemand présente pourtant de précieux avantages. C'est d'abord acquérir une base utile à un futur appretissage potentiel du néerlandais ou des langues scandinaves. Mais surtout, c'est une langue très utilisée dans le commerce européen. Dans de nombreux secteurs d'activité, les compagnies allemandes comptent parmi les plus grandes : l'automobile (Volkswagen, Opel, BMW,...), la chimie (BASF), l'industrie pharmaceutique (Bayer), la cosmétique (Nivea) ou encore l'électronique (Siemens).

De plus, le pays compte de nombreuses universités réputées, comme celle de Bavière. Et celles installées près des frontières permettent un véritable brassage culturel, comme avec la Pologne dans le cas de Dresde.

Le niveau de langue est un facteur très important à prendre en compte pour pouvoir étudier en Allemagne. Un niveau suffisant est en effet requis pour s'inscrire dans un établissement de l'enseignement supérieur allemand. Trois tests officiels et reconnus par les universités allemandes peuvent être passés en ce sens : le TestDaf (Test Deutsch als Fremdsprache), le DSH (Deutsche Sprachprüfung für des Hochschulzugang) et le Goethe-Zertifikat.

Pour améliorer efficacement et rapidement son niveau, les étudiant peuvent souscrire à une bouse auprès de l'OFAJ, qui vous permettra de suivre des cours de 3 à 4 semaines dans un centre linguistique agrée.

Les études

Les études en Allemagne sont beaucoup moins formelles qu'en France. Tout d'abord, les groupes sont plus petits, et les grands amphithéâtres sont rares. Même lors des cours magistraux, les salles sont peu peuplées, les cours étant sujets à des quotas. Les enseignements sont également plus conviviaux, ce qui incite à accentuer sur le travail oral. Les opinions personnelles sont également encouragées.

De même, on constate plus de suivi des élèves par le professeur : lorsque l'élève va chercher sa note, il peut discuter de son travail avec l'enseignant, voir ce qui peut être amélioré... De plus, lors des examens, il n'y a pas de devoir sur table anonyme comme en France : au contraire, la note finale dépend souvent de travaux de recherche à réaliser chez soi. Enfin, les emplois du temps sont plus légers, pour pouvoir justement réaliser les travaux personnels de recherche.

Les formalités à remplir

Les bourses

Il existe des bourses qui permettent de vivre à l'étranger lorsqu'on est étudiant. L'allocation Erasmus, d'un montant mensuel moyen de 120 euros environ, permet de régler les divers frais. Généralement, l'étudiant perçoit 80 % de cette aide dès le début de son séjour, et les 20 % restant lorsqu'il remet les documents attestant de sa présence dans le pays étranger.

Le DAAD, l'office allemand d'échange universitaire, est le plus grand organisme de bourses en Allemagne. Chaque année, ce programme alloue aux meilleurs étudiants, diplômés et chercheurs allemands ou étranger plus de cent programmes d'aide.

Logement

Les étudiants étrangers sont généralement prioritaires pour les logements en résidence universitaire. C'est l'université qui s'occupe des formalités, et fournit, si l'étudiant le souhaite une chambre dans une Studenten Wohnheim (résidence étudiante). Les prix sont abordables pour ces logements : il faut compter 400 euros par mois, pour un studio individuel. Pour une chambre en colocation, il faut compter 200 à 250 euros.

Pour les étudiants européens, une carte d'identité suffit pour se rendre en Allemagne. Pour un séjour supérieur à trois mois, l'office des étrangers (Ausländeramt) délivre une autorisation de séjour (Aufenthaltsgenehmigung). Ces démarches administratives sont généralement réalisées en début de formation, et les étudiants Erasmus sont accompagnés par des encadrant-tuteurs.

Transport

Le transport est relativement peu coûteux en Allemagne. Les étudiants bénéficient en effet du "Semesterticket", un titre de transport nominatif leur permettant de prendre tous les transports d'un Land (métro, bus, trains,...). Il faut compter généralement 200 euros par semestre pour ce titre de transport, et il est illimité.

Equivalence des cours

C'est à l'étudiant de piocher parmi les cours pour composer sa formation. En effet, il arrive que certains cursus français n'existent pas en Allemagne. Dans ce cas, pas de panique ! D'autant que l'étudiant est souvent aidé dans ses démarches, et son responsable peut être amené à accepter certains cours se rapprochant de ceux qu'il aurait eu s'il était resté dans l'Hexagone.

Une fois son programme réalisé, l'étudiant doit le faire valider par son responsable en France, et par l'université d'accueil. Mais étudier à l'étranger demande de l'organisation : il faut faire signer par chaque enseignant son bulletin de notes, le faire contresigner par le responsable de la faculté, puis le responsable des relations internationales...

Témoignage

Arthur, 23 ans, a passé une année universitaire à Marbourg, en Hesse

"J'ai toujours étudié l'allemand à l'école, et j'ai toujours bien aimé cette langue. Je voulais approfondir mes connaissances, c'est pourquoi je suis allé une année à Marbourg, pour ma troisième année de licence de langues. Le gros point négatif, c'est que j'ai plus parlé anglais qu'allemand... Je savais qu'avec certains professeurs, je pouvais même rendre mes travaux en anglais. Mais j'ai tout de même amélioré mon allemand, et j'ai fait de belles rencontres : il y avait une bonne ambiance dans la ville où j'étais !

Au final, ça s'est révélé être une bonne expérience, même s'il faut s'adapter au système allemand. Par exemple, j'ai eu beaucoup de mal avec les notes au début, qui sont différentes de celles en France [les étudiants ne sont pas notés sur 20, mais obtiennent une note allant de 1 à 4, 1 correspondant à un sans faute, et 4 à la moyenne, NDLR]. Il y a également beaucoup de dossiers à rendre. Mais j'en garde un excellent souvenir. D'ailleurs, je retourne en Allemagne, en juin, à Berlin, une fois mes études terminées !"