L'Allemagne est, avec l'Espagne et le Royaume-Uni, l'un des pays européens les plus accueillants pour les étudiants français allant étudier à l'étranger. Il faut dire que la France et l'Allemagne partagent des liens étroits depuis plus de 50 ans ! Quoi de plus normal alors que d'aller chez nos voisins outre-Rhin lorsqu'on est étudiant ? Etudier en Allemagne, c'est non seulement améliorer ses déclinaisons, mais c'est aussi un formidable moyen de s'imprégner de la culture allemande.

Les Français germanophones sont relativement peu nombreux. En effet, selon les derniers chiffres de l'Education nationale, les élèves français ne seraient que 16 % environ à choisir d'étudier l'allemand à l'école. La langue de Goethe deviendrait-elle trop rare ? Aujourd'hui, les élèves sont plus attirés par l'espagnol, avec son côté "ensoleillé" et festif. De plus, la langue allemande a la fâcheuse réputation d'être plus compliquée que l'espagnol. Or, ce n'est pas le cas : la complexité est différente.

Un modèle économique européen

Pourtant, les plus grandes compagnies européennes sont allemandes dans de nombreux secteurs d'activité : l'automobile (Volkswagen, Opel, BMW,...), la chimie (BASF), l'industrie pharmaceutique (Bayer), la cosmétique (Nivea), l'électronique (Siemens), sont autant de domaines dans lesquels l'Allemagne excelle.

De plus, le pays compte de nombreuses universités réputées, comme celle de Bavière. Et celles présentes près des frontières permettent un véritable brassage culturel, comme avec la Pologne dans le cas de Dresde, autre pays européen qui arrive à tirer son épingle du jeu.

Un pays festif

Question culture, l'Allemagne n'a rien à envier à la France ou à l'Espagne : musées, monuments,... Et que dire de Berlin la déjantée capitale, pleine de musées et de boîtes de nuit ? Elle présente également de multiples visages : mer, plaines, montagnes, vallées...

L'Allemagne est ainsi un pays accueillant et sympathique, loin de l'idée austère que les Français en ont. Bien sûr, les Allemands sont stricts, et ne traversent pas quand le feu est rouge. Mais ils savent aussi avoir de l'humour... et un taux de chômage de 5,4 %, contre plus de 10 % en France !

Les formalités à remplir

Les bourses

Il existe des bourses qui permettent de vivre à l'étranger lorsqu'on est étudiant. L'allocation Erasmus, d'un montant mensuel moyen de 130 euros environ, permet de régler les divers frais. Généralement, l'étudiant perçoit 80 % de cette aide dès le début de son séjour, et les 20 % restant lorsqu'il remet les documents attestant de sa présence dans le pays étranger.

Ces bourses varient suivant les moyens de l'étudiant, mais également en fonction du pays : les pays scandinaves, par exemple, où la vie est bien plus chère qu'en France, ont des bourses spéciales, plus élevées.

A cette bourse peuvent s'ajouter d'autres aides, comme celles des mairies, des conseils généraux,... A noter également que l'étudiant qui serait boursier en France continue à percevoir sa bourse d'études. De plus, l'étudiant Erasmus ne paie les frais d'inscription que dans son établissement, et pas les frais de l'université d'accueil.

Logement

Les étudiants étrangers sont généralement prioritaires pour les logements en résidence universitaire. C'est l'université qui s'occupe des formalités, et fournit, si l'étudiant le souhaite - il n'a, bien souvent, qu'à cocher une case ! - une chambre dans une Studenten Wohnheim (résidence étudiante). Les prix sont très abordables pour ces logements : il faut compter 155 euros par mois, pour une chambre individuelle. La cuisine, les douches et les toilettes sont à partager.

Pour les étudiants européens, une carte d'identité suffit pour se rendre en Allemagne. Pour un séjour supérieur à trois mois, l'office des étrangers (Ausländeramt) délivre une autorisation de séjour (Aufenthaltsgenehmigung). Ces démarches administratives sont généralement réalisées en début de formation, et les étudiants Erasmus sont accompagnés par des encadrant-tuteurs.

Transport

Le transport est relativement peu coûteux en Allemagne. Les étudiants bénéficient en effet du "Semesterticket", un titre de transport nominatif leur permettant de prendre tous les transports d'un Land (métro, bus, trains,...). Il faut compter généralement 200 euros par semestre pour ce titre de transport, et il est illimité.

Equivalence des cours

C'est à l'étudiant de piocher parmi les cours pour composer sa formation. En effet, il arrive que certains cursus français n'existent pas en Allemagne. Dans ce cas, pas de panique ! D'autant que l'étudiant est souvent aidé dans ses démarches, et son responsable peut être amené à accepter certains cours se rapprochant de ceux qu'il aurait eu s'il était resté dans l'Hexagone.

Une fois son programme réalisé, l'étudiant doit le faire valider par son responsable en France, et par l'université d'accueil. Mais étudier à l'étranger demande de l'organisation : il faut faire signer par chaque enseignant son bulletin de notes, le faire contresigner par le responsable de la faculté, puis le responsable des relations internationales...

Témoignages

Arthur, 23 ans, a passé une année universitaire à Marbourg, en Hesse

"J'ai toujours étudié l'allemand à l'école, et j'ai toujours bien aimé cette langue. Je voulais approfondir mes connaissances, c'est pourquoi je suis allé une année à Marbourg, pour ma troisième année de licence de langues. Le gros point négatif, c'est que j'ai plus parlé anglais qu'allemand... Je savais qu'avec certains professeurs, je pouvais même rendre mes travaux en anglais. Mais j'ai tout de même amélioré mon allemand, et j'ai fait de belles rencontres : il y avait une bonne ambiance dans la ville où j'étais !

Au final, ça s'est révélé être une bonne expérience, même s'il faut s'adapter au système allemand. Par exemple, j'ai eu beaucoup de mal avec les notes au début, qui sont différentes de celles en France [les étudiants ne sont pas notés sur 20, mais obtiennent une note allant de 1 à 4, 1 correspondant à un sans faute, et 4 à la moyenne, NDLR]. Il y a également beaucoup de dossiers à rendre. Mais j'en garde un excellent souvenir. D'ailleurs, je retourne en Allemagne, en juin, à Berlin, une fois mes études terminées !"

Le chiffre clé

Environ 12 % des étudiants français partis en Erasmus l'an dernier ont choisi d'étudier en Allemagne.

Les études

Les études en Allemagne sont beaucoup moins formelles qu'en France. Tout d'abord, les groupes sont plus petits, et les grands amphithéâtres sont rares. Même lors des cours magistraux, les salles sont peu peuplées, les cours étant sujets à des quotas. Les enseignements sont également plus conviviaux, ce qui incite à accentuer sur le travail oral. Les opinions personnelles sont également encouragées.

De même, on constate plus de suivi des élèves par le professeur : lorsque l'élève va chercher sa note, il peut discuter de son travail avec l'enseignant, voir ce qui peut être amélioré... De plus, lors des examens, il n'y a pas de devoir sur table anonyme comme en France : au contraire, la note finale dépend souvent de travaux de recherche à réaliser chez soi. Enfin, les emplois du temps sont plus légers, pour pouvoir justement réaliser les travaux personnels de recherche.