Si pour les jeunes étudiants, être bénévole au festival Solidays est parfait pour décompresser avant les vacances, pour les presque diplômés, c’est aussi le moyen de se créer un bon réseau professionnel.

Chaque année, fin juin, le festival Solidays prend ses quartiers à l’hippodrome de Longchamp, dans l’ouest parisien. En 2017, près de 170 000 festivaliers sont venus assister aux trois jours de concerts et de solidarité, du vendredi 23 au dimanche 25 juin.

26 ans de moyenne d’âge

Au cœur de cette organisation, une armée de 2 400 bénévoles, dont les plus jeunes viennent tout juste de passer le bac. C’est le cas de Jade, qui était bénévole pour la première fois, après deux années comme festivalière. « Je voulais m’investir avant, mais j’attendais d’avoir 18 ans », explique-t-elle. Solidarité Sida, qui gère les bénévoles de Solidays, exige en effet aux engagés d’avoir atteint la majorité. 

Pour Jade, s’impliquer bénévolement est une manière de « se sentir utile pour une bonne cause ». Ce premier engagement l’a menée dans l’équipe qui gérait le camping des bénévoles. Un weekend entier à « créer des contacts », tout en profitant d’horaires lui permettant d’aller voir quelques concerts. L’occasion parfaite pour décompresser après une année scolaire chargée et une grosse semaine d’examen

Décompresser juste après le bac

Jade a rejoint le site de Solidays le jeudi 22 juin, soit le lendemain de… la dernière épreuve de son bac ES. « C’était une ambiance un peu bizarre de venir ici juste après le bac », admet-elle. Après toutes les épreuves, la canicule et une grosse soirée de fin d’examen, j’ai mis tout ça de côté et on n’a pas beaucoup parlé du bac sur le festival. »

Mais avant ces quelques jours de décompression, c’est la préparation au festival qui a été délicate. Si la lycéenne n’a pas eu de mal à participer à la première réunion de préparation, plusieurs mois avant le premier concert, elle « n’arrêtait pas de décaler la deuxième réunion, à cause des révisions ». 

Concilier révisions et préparation au festival

Cette session de formation à la question du VIH étant cruciale, elle a fini par trouver une heure de son temps, entre deux sessions de buchage, pour y participer. « C’était psychologique de se dire qu’il valait mieux réviser, mais finalement ça s’est très bien passé. »

Pour la rentrée, Jade a été admise en L1 de psychologie, avec une ambition déjà bien pensée : ouvrir une clinique de psychologie basée sur l’art-thérapie, et appliquer des tarifs indexés aux revenus des patients. 

Le bénévolat pour se créer un réseau

Avec un peu de chance, revenir comme bénévole sur le festival pourrait l’aider à concrétiser ce projet engagé. C’est en tout cas ce qui semble se dessiner pour Antoine, bénévole « expérimenté », qui signait cette année sa cinquième participation au festival. A 23 ans, le jeune homme est sur le point de terminer son master en alternance dans l’événementiel. Son employeur, Air France-KLM, voudrait le conserver mais lui « souhaite rester proche de ses valeurs et travailler dans l’économie sociale et solidaire ». 

Si son choix d'alternance s’est porté sur une grande entreprise, c’est parce qu’ « il n’y a pas beaucoup d’opportunités dans les associations et les ONG ». Mais une fois diplômé, la roue pourrait vite tourner pour lui. Affecté au Village solidaire depuis trois ans, « je fais des rencontres sur le festival et me suis fait un beau réseau avec des gens qui ont des valeur».

Concrètement, « je serai bientôt sur le marché du travail et j’ai déjà de bons contacts avec les assos ». Les choses semblent donc bien parties pour Antoine, qui nous prouve qu’un engagement bénévole peut aussi être « une occasion de rencontrer son futur employeur »