Cheminots, chômeurs, personnels de santé, enseignants, parents d’élèves, retraités, lycéens, étudiants, les manifestants étaient nombreux dans les rues ce jeudi 22 mars.

Après une mobilisation en baisse la semaine dernière, étudiants et lycéens semblaient nettement plus motivés ce jeudi 22 mars. Depuis l’annonce du Plan étudiants en novembre et la mise en place de Parcoursup en janvier, les jeunes veulent faire entendre leur voix. 

En cette journée de grève nationale, les cheminots, les fonctionnaires et les retraités étaient également mobilisés contre les différentes réformes du gouvernement. Pour ces manifestants, quelles que soient leurs revendications, le combat est le même pour tous.

Des étudiants soutenus par leurs ainés

En effet, à Paris, les 50 000 manifestants (selon l’AFP et la police) se sont donnés rendez-vous en fin d’après-midi à la Bastille, étudiants et lycéens en tête. Dans le cortège, les enseignants ont tenu à apporter leur soutien aux étudiants : « C’est important de leur montrer qu’on est présent, tout le monde doit pouvoir accéder à l’université. » D’après les chiffres du ministère de l’éducation nationale, entre 13,7 % pour les enseignants du premier degré et 15,5 % pour ceux du collège et du lycée étaient mobilisés. C’est nettement plus que lors des précédentes manifestations où le taux de grévistes ne dépassait pas les 5 %.

Les retraités et enseignants ont soutenu les étudiants. © PB/OE Les retraités et enseignants ont soutenu les étudiants. © PB/OE

Outre les enseignants, les retraités étaient également présents. Aux côtés des étudiants ou comme simples spectateurs, les retraités ont encouragé, amusés et un brin nostalgiques, les étudiants scander leurs slogans : « Macron, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue. » « Ça nous rappelle notre jeunesse », explique l’un d’entre eux. « Ils doivent se faire entendre, c’est comme ça qu’on peut faire bouger les choses », poursuit une passante. 

« De Toulouse à Paris, la sélection, même combat »

Au total, les manifestants étaient entre 130 000 selon la police et 400 000, selon la CGT. Pour la première fois, l'AFP (agence France presse) et une vingtaine de médias régionaux et nationaux comme RTL, Le Monde ou Les Echos, ont utilisé leur propore méthode de comptage. Grâce à des capteurs vidéos, les manifestants sont comptabilisés manuellement. Mardi soir, les médias ont annoncé les mêmes résultats que ceux de la police.

A Paris comme ailleurs, la manifestation n’a pas faibli. A Lille, Nantes, Dijon, Bordeaux, Lyon ou Nice, les jeunes se sont mobilisés contre la sélection à l’entrée à l’université. C’était aussi le cas à Montpellier, où les cours de l’université Paul Valéry ont été suspendus toute la semaine suite aux mouvements de blocage des étudiants. 

Même ambiance à Toulouse. Les manifestants parisiens ont d’ailleurs tenu à apporter leur soutien à l’université du Mirail. « De Toulouse à Paris, la sélection, même combat. » Mardi, la ministre de l’enseignement supérieur a décidé de mettre l’université toulousaine sous-tutelle suite aux « perturbations graves et durables » du personnel enseignant et des étudiants contre la réforme de l’accès à l’université.