Lancé en 2014, le statut national d’étudiant-entrepreneur (SNEE) attire 1 000 jeunes en plus chaque année.

Etre à la fois étudiant et chef d’entreprise, c’est le défi que se sont lancés 3 576 jeunes cette année. Qu’ils soient tout juste bacheliers ou qu’ils aient terminé leurs études, de plus en plus de jeunes se lancent dans la création de leur entreprise. 

D’après un sondage de 2016 commandé par le ministère de l’enseignement supérieur, 95 % des étudiants-entrepreneurs se disent optimistes quant à leur avenir professionnel. Un statut avantageux et surtout très apprécié : trois quarts des jeunes sont satisfaits de leur statut. Et pour cause, encore assez méconnu chez les étudiants, ce statut offre pourtant de vrais avantages, comme la sécurité sociale, une aide financière, un accompagnement, la création d'un réseau, etc. 

Un statut sélectif

Mais avant d’obtenir son statut, l’étudiant ou le jeune diplômé doit répondre à deux critères : avoir moins de 28 ans (date limite pour bénéficier du statut d’étudiant) et avoir son bac. Ces conditions préalables remplies, le candidat peut constituer gratuitement son dossier

Sur le site Pépite France, il doit détailler son projet, son parcours et son profil. Les professionnels analysent ensuite la qualité du projet et la capacité du jeune à le réaliser. Une fois son dossier sélectionné, l’étudiant bénéficie du statut d’auto-entrepreneur pendant un an, de septembre à septembre. Un statut qu’il peut renouveler chaque année.

De nombreux avantages professionnels

L’étudiant-entrepreneur est, comme son nom l’indique, à la fois étudiant et chef d’entreprise. Il conserve donc ses avantages en tant qu’étudiant comme la sécurité sociale accessible jusqu’à 28 ans, la mutuelle de ses parents (jusqu’à 26 ans) ou encore la perception de bourse. Mais il devient également auto-entrepreneur, ce qui lui permet de toucher des indemnités de la part de Pôle emploi et surtout de voir son emploi du temps aménagé pour se consacrer à son projet.

D’ailleurs, ce statut est un véritable atout professionnel. En s’inscrivant, le jeune auto-entrepreneur intègre un Pépite (pôle étudiant pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat) qui lui sert d’intermédiaire avec son école. Au total, 29 pôles français accueillent les 3 500 étudiants-entrepreneurs. Il leur permet de bénéficier d’un accompagnement à la fois d’un tuteur enseignant et d’un tuteur professionnel. Les jeunes peuvent également s’y constituer un réseau, trouver des aides de financement et des espaces de coworking. 

Autre avantage : le diplôme étudiant-entrepreneur. Facultatif mais fortement apprécié dans le monde du travail, ce diplôme valorise le parcours professionnel de l’étudiant. Il peut d’ailleurs remplacer les périodes de stages ou de projet de fin d’études, afin de faciliter la poursuite du projet de l’étudiant.

Seulement 26 % de femmes-entrepreneurs

Des avantages qui ont d’ailleurs tendance à séduire de plus en plus de jeunes. Entre 2015 et 2016, Pépite France a même enregistré une augmentation de 42 % du nombre de candidatures. Aujourd’hui, un jeune âgé de 18 à 24 ans sur deux souhaite devenir auto-entrepreneur et plus de 120 000 étudiants suivent des modules en entrepreneuriat et innovation.

Pour autant, si le statut est en pleine expansion, il est loin des objectifs fixés initialement. Quatre ans après son lancement, 500 entreprises ont pu être créées. Un chiffre qui reste très faible comparé aux 20 000 entreprises espérées. Le statut peine également à séduire les étudiantes : seulement 26 % des étudiants-entrepreneurs sont des femmes.