Les études de médecine sont une exception dans le paysage universitaire français. Elles ne fonctionnent pas suivant le plan européen LMD (Licence-Master-Doctorat), et leur singularité tient également dans l'alternance entre l'acquisition de connaissances théoriques et la formation pratique hospitalière. La formation initiale dure ainsi entre 9 et 11 ans...

Constitution des études médicales

Le premier cycle des études de médecine dure 3 ans. La première année, la PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé) est une année généraliste préparant aux concours de Médecine, Pharmacie, Kinésithérapie, Maïeutique, Odontologie, avec quelques différences dans certaines universités (Manipulateur Radio, Ergothérapie, etc). Les matières enseignées se divisent entre Unité d'Enseignement (UE) générales et spécifiques, mêlant biochimie, anatomie, statistiques, biophysique, histologie, etc.

Le numerus clausus, annonçant chaque année les quotas d'admission dans chaque filière, est fixé par arrêté ministériel. Toutes filières confondues, il faut savoir que le concours est très sélectif, avec environ seulement 30 % de réussite. Des procédures de réorientation, passives ou actives, sont mises en place en cas de non réussite au concours.

La deuxième année, le Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales 2 (DFGSM2) est consacré à l'apprentissage des sciences fondamentales (anatomopathologie, sémiologie, anatomie, etc.), évalué par des examens au fil de l'année. Elle commence cependant par un stage d'initiation aux soins infirmiers. D'une durée d'un mois généralement, l'étudiant est sensibilisé à l'hôpital, à son fonctionnement, au contact avec les patients, aux soins infirmiers et à la prévention des maladies nosocomiales.

La troisième année, le DFGSM3 est mixte entre la fin de l'apprentissage des sciences fondamentales et la pratique de stages d'apprentissage de la sémiologie clinique. Il est possible, dans la plupart des facultés, de partir effectuer une année à l'étranger durant cette année-là, grâce notamment au programme Erasmus.

L'externat débute en 4e année. Nommé Diplôme de Formation Avancé en Sciences Médicales (DFASM), il dure trois ans. L'externe, ou étudiant hospitalier, partage alors son temps entre l'hôpital, où il effectue des stages et des gardes, et l'apprentissage de modules par spécialité : cardiologie, pneumologie, néphrologie, etc. Il s'agit d'une période intense durant laquelle l'étudiant prépare un deuxième concours : les ECN (Epreuves Classantes Nationales). Ce concours national permet de choisir la spécialité et la ville dans laquelle on souhaite effectuer son internat.

Des voies d'admission parallèles

La loi sur l'Enseignement supérieur et la recherche de 2013 prévoit la création de voies d'admission parallèles. Depuis la rentrée 2014, il est désormais possible de passer directement en deuxième année ou en troisième année de médecine sans se soumettre au concours couperet qui fait si peur aux étudiants de première année. Grâce à un décret du 20 février 2014, les étudiants peuvent, dans certaines universités, accéder aux études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques après trois années de licence dans une autre filière. Une mesure visant à diversifier le profil des étudiants en médecine.

L'internat : de 3 à 5 ans pour une spécialité

L'étudiant en médecine devient ensuite interne et salarié de l'hôpital. Toujours en apprentissage, il n'a cependant plus de cours (ou bien très peu) et prépare sa thèse. Médecin, il participe au fonctionnement des services dans lesquels il exerce. L'internat dure de 3 à 5 ans selon les spécialités, qui sont nombreuses et variées. Pour synthétiser, il est possible de les diviser en deux catégories :

Spécialités médicales

  • Médecine Générale
  • Dermatologie
  • Cardiologie
  • Pneumologie
  • HépatoGastroEntérologie
  • Néphrologie
  • Psychiatrie
  • Oncologie
  • Anatomopathologie
  • Endocrinologie
  • Génétique
  • Hématologie
  • Médecine Interne
  • Médecine Nucléaire
  • Médecine Physique et Rééducation
  • Neurologie
  • Radiologie
  • Rhumatologie
  • Anesthésie réanimation
  • Biologie Médicale
  • Gynécologie médicale
  • Médecine du Travail
  • Pédiatrie
  • Santé publique

Spécialités chirurgicales

  • Chirurgie générale
  • Neurochirurgie
  • Ophtalmologie
  • Chirurgie ORL et maxillo-faciale
  • Gynécologie Obstétrique

Et après ?

L'exercice est multiple et varié. Il est possible, selon les spécialités, d'exercer en hôpital public, en clinique privée, ou bien en libéral. Il est également possible d'obtenir des diplômes de sur-spécialisation (allergologie, urgences, etc.), de faire de l'enseignement, ou bien de la recherche. Une chose est certaine : en médecine, on ne finit jamais d'apprendre, et il y a autant d'exercices qu'il y a de praticiens.

Avantage non négligeable : le chômage est quasi inexistant. Mais faire médecine est loin d'être de tout repos, ni tout rose. Et il faut prendre conscience qu'il s'agit là de longues études, avec de nombreux sacrifices, pendant et après...

PACES reçu, collé, que faire ?

Vous avez obtenu la moyenne au concours de fin de première année mais, comme de nombreux étudiants, vous êtes recalé pour cause de numerus clausus ? Bonne nouvelle : vous pouvez bénéficier des équivalences et vous réorienter vers une licence Sciences et technologies, mention "Sciences de la vie". Vous serez en outre dispensé de la moitié des modules ! Il est également possible, en tant que "reçu-collé", d'opter pour des études paramédicales : de nombreuses formations de kinésithérapie recrutent par exemple après un PCEM1 validé (soit une moyenne de 10/20).

Si, à la fin de votre première année, vous vous apercevez tout simplement que ces études ne sont pas faites pour vous - comme 10 % de vos condisciples environ chaque année - vous pouvez intégrer l'université, en choisissant parmi les nombreuses disciplines enseignées : Droit, Science-Éco, Lettres ou Langues. Grâce aux équivalences vous n'aurez pas tout perdu !

Certaines universités proposent enfin aux "reçus-collés" d'accéder à la première année d'IUP Système d'information, communication et santé ou Ingénierie de la santé.

Témoignage

Marie : "Il faut vraiment avoir le feu sacré !"

"Il n'y a pas de secret : pour réussir, il faut bosser, bosser et encore bosser ! Ce qui représente parfois de gros sacrifices car on réalise rapidement qu'il va falloir dire adieu au sport, à la musique et aux soirées avec les copains... Pour assimiler tous les cours d'anatomie, d'histologie ou de physiologie et bien se préparer au concours, j'ai régulièrement fait des journées de 10 à 12 heures la première année.

Et après ? La première étape franchie, ça continue ! Tant qu'on n'a pas décroché son diplôme, impossible de se relâcher. Et comme je souhaite me spécialiser en dermatologie, à 30 ans, ma situation ne sera pas encore vraiment établie ! Mais, à côté de cela, je suis super fière d'avoir passé les premières étapes ! Je crois énormément en ce que je fais, et je ne laisserai ma place pour rien au monde. Mais si je devais résumer ces études à un bachelier, je ne lui parlerai pas "métier" ni même de "vocation" : pour tenir le rythme et avancer, il faut vraiment avoir le feu sacré !"

Dernière mise à jour : 6 octobre 2014