Cinq mois après la rentrée scolaire, près de 1 000 étudiants attendent encore une réponse pour entrer en master. 

Bilan plutôt mitigé pour la loi sur l’entrée en master. Adoptée le 23 décembre 2016, elle prévoit l’instauration d’une sélection pour la première année de master. Après une première application l’été dernier, sur les 170 000 inscrits en troisième année de licence en 2017, plusieurs milliers d’étudiants n’ont reçu aucune proposition de la part des universités pour entrer en master. Résultats : 3 300 étudiants ont saisi leur rectorat dans le cadre du droit à la poursuite d’étude.

Mille étudiants toujours en attente

En effet, en 2017, une nouvelle plateforme d’inscription en master, Trouver mon master, a été mise en place pour accompagner les étudiants dans la poursuite de leurs études. Cet outil avait également pour objectif de les aider dans leurs démarches en cas de réponses négatives. En lien avec les recteurs d’académie, les étudiants recevant au minimum deux réponses négatives pouvaient saisir le recteur afin de trouver une autre formation

Mardi 13 février, la plateforme a remis son rapport au ministère de l’enseignement supérieur. En 2017, sur les 3 300 dossiers déposés, seuls 2 000 d’entre eux, les plus complets, ont été retenus par le rectorat. Toutes ces démarches se sont déroulées à l’été 2017. Si le rectorat a finalement pu satisfaire 735 candidatures, aujourd’hui, près de 1 000 étudiants attendent encore une réponse.

« Un véritable gâchis »

Or, depuis plusieurs mois, le mouvement étudiant PDE (Promotion et défense des étudiants) tente d’alerter le gouvernement. D’après lui, même si ces étudiants ont trouvé un emploi, un stage ou un service civique en attendant d’entrer en master, « ces solutions de secours et trouvées dans l’urgence sont cependant sans lien avec leurs études ». Le mouvement étudiant parle même de « véritable gâchis ».

Pour espérer obtenir une réponse, la PDE a formé une action de groupe en justice pour mettre en demeure le ministère de l’enseignement supérieur. Le gouvernement a donc quatre mois, jusqu’en juin prochain, pour répondre aux étudiants. Si aucune réponse ne parvient, la PDE pourra alors saisir le Conseil d’Etat. 


Pas de changement cette année

Mais qu’en sera-t-il à la rentrée 2018 ? Le mouvement étudiant paraît optimiste. Il estime que « le ministère de l’enseignement supérieur envoie des signaux positifs sur la gestion de la prochaine rentrée ». Les syndicats ont déjà entamé des discussions pour que cette situation ne se reproduise pas cette année. Plusieurs objectifs sont attendus :

  • inciter les universités à rendre leurs avis dès début juillet pour laisser aux étudiants le temps de trouver une autre formation
  • encourager les étudiants à émettre plus de vœux pour entrer en master
  • obliger les universités à répondre au bout de deux semaines aux étudiants, et éventuellement, à proposer une solution en cas de refus

Néanmoins, aucune modification de décret n’est prévue cette année par le gouvernement, ce qui laisse à penser que la situation risque de ne pas évoluer positivement à la rentrée prochaine.