A 42 voix contre et 30 voix pour, le CSE s’est montré défavorable au projet de loi relatif à l’accès à l’enseignement supérieur. Même si son avis n’est que consultatif, c’est un premier revers pour le gouvernement.

Premier couac pour la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur. Le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) a émis un avis défavorable, jeudi 9 novembre, au projet de loi présenté la semaine dernière par le gouvernement. 

La sélection ne passe pas

Avec 42 voix contre et 30 voix pour, l’avis du CSE est donc acté, même s’il n’est que consultatif. La zone de tension reste toujours la même : les « attendus » et la sélection. « Le principe du denier mot au bachelier doit être explicitement mentionné », résume le Sgen-CFDT, syndicat d’enseignants, sur son site internet

Dans sa forme actuelle, le projet de loi prévoit en effet de laisser les filières universitaires publiques en tension « prioriser » certaines dossiers par rapport à d’autres. Autrement dit sélectionner ses étudiants, même si le gouvernement refuse d’employer ce mot. 

L’Unef votre contre, la Fage s’abstient

Parmi les autres parties méfiantes vis-à-vis du Plan étudiants, l’Unef, syndicat étudiant historique. « Ce résultat est une bonne nouvelle : cela montre que ce projet de loi est dangereux car il remet en cause le libre accès à l’enseignement supérieur », a expliqué Lilâ Le Bas, sa présidente, au Monde

Le premier syndicat étudiant, la Fage, s’est de son côté abstenu, selon Le Monde. « Nous soutenons la philosophie générale de cette réforme qui va dans le bon sens, mais il est compliqué de la juger sur ce seul projet de loi », a expliqué son président Jimmy Losfeld.

D’autres associations et syndicats de lycéens, enseignants et parents d’élèves se sont exprimés contre le projet, refusant la sélection et estimant que le nombre de places supplémentaires créées est insuffisant

Le ministère envisage des retouches

Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, n’est pas fermée à l’idée d’apporter des modifications au projet de loi. « Si, à vos yeux, il est nécessaire d’affirmer plus nettement le principe du dernier mot, j’y suis prête et nous pourrons travailler ensemble (…) à trouver la bonne manière de l’écrire dans le texte de loi ou dans son exposé des motifs », a-t-elle déclaré pendant la session du CSE, rapporte Educpros

Le projet de loi du gouvernement doit être examiné en conseil de ministres de mercredi 22 novembre. Avant cela, le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) rendra lui aussi son avis, lundi 13 novembre.