La maîtrise de l’énergie est un enjeu considérable. La gestion de sa production comme de sa consommation est au centre de défis majeurs à relever pour ce secteur stratégique. Pour y parvenir, il mise plus que jamais sur les jeunes talents, notamment issus de l'alternance.

Avec l’essor des énergies renouvelables, une nouvelle donne a émergé dans le secteur énergétique. Les entreprises de production et de distribution issues aussi bien du nucléaire, du gaz, de l’électricité et du thermique, sont dans l'obligation de s'adapter.

« Des groupes tels que Vinci, Areva ou EDF recrutent, car ils savent qu’il va y avoir de plus en plus de besoins. Il y a, de ce fait, des métiers porteurs, surtout dans les énergies dites 'renouvelables', souligne Dominique Breuil, directeur de la recherche de l’école d’ingénieurs généraliste EIGSI La Rochelle. Nous ne sommes qu'au démarrage, et ce n’est pas encore très stabilisé, mais il y a vraiment une prise de conscience de ces grands opérateurs, les potentiels étant extrêmement importants », poursuit-il.

L'énergie : un secteur dynamique

Pour mener à bien l’actuelle transition énergétique, de nouveaux métiers émergent, notamment dans les centrales solaires à haut rendement, l’énergie éolienne ou marine. « On est encore très artisanal, mais, demain, ce sera peut-être plus complexe. Par ailleurs, en parallèle, il y a une mutation de certaines professions, que ce soit dans l'hydroélectrique, le solaire, ou le thermique », souligne Dominique Breuil.

« Sans parler de l'ouverture, à l'horizon 2020, des marchés étrangers. Il va y avoir un fort développement dans tous les pays où il n'existe pas encore de réseaux, comme en Asie et surtout en Afrique. Il y a enfin un certain nombre de métiers que l'on n'a pas encore défini, et d'autres qui sont confidentiels sur certains marchés… », complète le directeur de la recherche de l'école d'ingénieurs.

Ainsi, les énergies renouvelables devraient créer plusieurs dizaines de milliers d’emplois d’ici 2030, notamment 60 000 dans l’éolien et 25 000 dans l’énergie marine.

Les profils techniques privilégiés

Les entreprises énergétiques vont donc poursuivre leurs embauches. Chez les géants de l'énergie notamment, la grande majorité des recrutements concernent des postes techniques. « Pas moins de 90 % des recherches se font sur des profils techniques. Il y a des besoins considérables, aussi bien en matière de conception de matériels que sur l'installation », précise Julien Weyrich, directeur de la division « ingénieur et technicien » chez Page Personnel (PageGroup).

« Les informaticiens, ayant des connaissances en capteur pour savoir comment gérer l'énergie, sont également très recherchés. Ce sont des profils atypiques par rapport à ceux datant d'il y a une dizaine d'années, avec un vrai côté pluridisciplinaire », ajoute Sandrine Pincemin, responsable de l'orientation Énergie conventionnelle et durable de l'école d'ingénieurs EPF. Par ailleurs, les profils scientifiques sont également recherchés par les entreprises.

Des formations pour préparer l'avenir

En permettant d'être à la fois salarié et étudiant, l’alternance apparaît comme un moyen de faire face aux besoins d’évolution du secteur. Les jeunes diplômés, de plus en plus formés aux nouvelles techniques, ont ainsi un rôle à jouer auprès des entreprises traditionnelles, en leur permettant notamment de s’inscrire sur de nouveaux marchés. Technicien de maintenance en éolien, conseiller point info énergie, commercial…

Les métiers « verts », tout comme les fonctions traditionnelles à l’image des postes d’électriciens, sont propices aux études en alternance. Du CAP au diplôme d’ingénieur, les professionnels de ce secteur comptent sur les jeunes pour préparer l’avenir. Plus de 200 formations sont ainsi proposées sur le territoire français. Certaines entreprises, à l'instar d’EDF-GDF, ont même leurs propres CFA.

Les titulaires d'un diplôme de niveau bac+2/3 sont particulièrement appréciés des recruteurs du secteur, surtout dans les domaines de l'exploitation, de la maintenance, de l'électricité, des automatismes ou de la chaudronnerie.

L’alternance, une source d’évolution

Clément a ainsi opté pour un BTS électrotechnique en alternance. Une formation qu’il qualifie d'« atypique », mais en cohérence avec son objectif professionnel et les attentes de son employeur. Titulaire d’un brevet professionnel Installations et équipements électriques (IEE) obtenu en alternance, Clément a été embauché dans une entreprise d’électricité à 19 ans. Après quatre années, il a souhaité accéder à un niveau de diplôme supérieur, et son employeur a accepté de le prendre comme apprenti pour ses deux années de formation.

« Il est important pour nous de savoir donner leur chance aux jeunes motivés, et l’alternance est le meilleur moyen de former nos futurs salariés », explique Édith Berard, responsable de l’entreprise de Clément. Il profite ainsi de « l’expérience et de la transmission des savoirs des salariés expérimentés », tout en acquérant un diplôme qui élargit le champ de ses perspectives professionnelles. « La formation en BTS est la suite logique du brevet professionnel, qui m’a permis d’exercer en tant qu’ouvrier qualifié. Avec ce diplôme, mes perspectives d’évolution sont plus rapides. Je vais suivre le chef des travaux dans le cadre de ma formation, pour évoluer vers le bureau d’études de l’entreprise. » Et, à l’issue de sa formation, Clément restera dans l’entreprise qui a accompagné son évolution.