Le rapport « Les métiers en 2022 » publié par France Stratégie et la Dares annonce que 800 000 postes par an seraient à pourvoir à l'horizon 2022. Explications.

3 388 900 chômeurs. Ces chiffres publiés par l'Insee en mai 2014 ont provoqué de vives inquiétudes concernant la situation de l'emploi en France. Comme une lueur d'espoir, le rapport « Les métiers en 2022 » publié mercredi 2 juillet vient ouvrir de nouvelles perspectives.

En effet, selon cette étude, « entre 735 000 et 830 000 postes par an seraient à pourvoir entre 2012 et 2022 », 80 % d'entre eux correspondant à des départs à la retraite, les autres à des créations nettes d'emploi. D'après le même rapport, les métiers du commerce et des services devraient continuer à se développer, avec notamment beaucoup de créations d'emploi dans les professions de soin (sauf médecin) et des services aux personnes. A contrario, les propositions d'emplois pour des secrétaires ou pour des postes administratifs de la fonction publique seraient à la baisse.

800 000 postes à pourvoir par an ?

Ce rapport se veut « relativement prudent ». Il se base sur un scénario dans lequel la croissance moyenne serait d'un peu moins de 1,5 % par an et le taux de chômage régresserait vers 2022 pour s'établir à 8 %, rejoignant ainsi « ses niveaux d'avant-crise ».

Sur la période 2012-2022, « en additionnant les flux de départs en fin de carrière et les créations nettes d'emploi, le nombre annuel de postes à pourvoir [...] avoisinerait les 800 000 par an (730 000 pour le scénario de crise, 830 000 pour le scénario cible). » Parmi les postes à pourvoir, entre 74 et 84 % seraient consécutifs à des départs à la retraite.

Les métiers du tertiaire en hausse

A l'heure où les licenciements collectifs se multiplient dans les usines, ce rapport se veut également rassurant. Selon ses prévisions, les métiers industriels se stabiliseraient à l'horizon 2022 : « les pertes d'emploi seraient moins fortes que par le passé parmi les ouvriers non qualifiés de l'industrie et l'on observerait des créations pour certains métiers d'ouvriers qualifiés. »

Les métiers agricoles, en revanche, « poursuivraient leur repli. » Selon la prévision, le secteur tertiaire serait le principal gagnant avec un très fort dynamisme pour les métiers du commerce et des services. Les postes à pourvoir seraient « particulièrement nombreux parmi les agents d'entretien, les aides à domicile, les enseignants, les aides-soignants et infirmiers, les cadres des services administratifs, comptables et financiers, les conducteurs de véhicule et les vendeurs. »

Les emplois qualifiés favorisés

« L'emploi continuerait de connaître une relative polarisation [...] avec une forte progression dans les métiers très qualifiés, principalement les métiers de cadres » précise le rapport. Selon l'étude, la croissance de ces métiers serait quasiment deux fois supérieure à celle de l'ensemble des métiers (+1,2 % chaque année, contre +0,7 %).

Autant d'emplois qui devraient ramener le chômage à 8 %, soit son niveau d'avant-crise. Une vague d'optimisme dans la morosité ambiante.