Droits des lycéens va saisir la Cnil et le Défenseurs des droits. Face au refus du ministère de diffuser l'algorithme d'APB et constatant des illégalités dans les procédures de sélection à l'université, l'association a décidé de porter plainte.

Le match entre APB et Droits des lycéens est loin d'être terminé. L'association a déclaré dans un communiqué qu'elle allait porter plainte contre la plateforme d'orientation post-bac.

« Critères choquants et illégaux »

Selon Droits des lycéens, « le ministère refuse toujours de dévoiler le code source de l'algorithme ». L'association a toutefois été reçue par Jean-Michel Jolion, conseiller chargé de l'orientation et de l'enseignement supérieur auprès de la ministre Najat Vallaud-Belkacem. Le ministère lui a également remis des documents expliquant le fonctionnement d'APB.

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C'est après avoir analysé ces nouveaux éléments que Droits des lycéens entend porter plainte. Trois constats ont été faits. D'une part, alors que « la sélection à l'université est formellement interdite », l'association a découvert qu'APB « donne la possibilité de présélectionner les candidats sur dossier ou sur prérequis ». Concernant les formations sélectives, Droits des lycéens dénonce des « critères choquants et pour beaucoup illégaux », comme le sexe, le pays de naissance ou la nationalité. Enfin, l'organisme lycéen a relevé que les candidats en réorientation ou bacheliers depuis plus d'un an sont « moins prioritaires » dans les filières « en tension ». « Il s'agit d'une rupture du principe d'égalité des usagers d'un service public », écrit le communiqué.

« Inégalités manifestes »

Souhaitant lutter contre « ces inégalités manifestes intrinsèques au fonctionnement de l'APB », Droits des lycéens annoncent être « contrainte » de « porter plainte à la Commission nationale de l'informatique et des libertés afin qu'il y ait une enquête approfondie sur l'algorithme de l'APB (...) ». Sur le sujet des discriminations dans la présélection, elle va également « saisir le Défenseur des droits ».