Un vent de simplification souffle du côté des universités. Après la réduction du nombre d'intitulés de licences proposés notamment sur le site Admission Post Bac (APB), le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a décidé de s'attaquer aux masters.

Après les licences, c'est au tour des masters ! A la rentrée 2015, il ne devrait rester plus que 246 intitulés de ces diplômes de niveau bac+5, contre 5 000 actuellement. Dans cette perspective, une nouvelle nomenclature sera présentée, les 27 et 28 janvier prochain, au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), qui n'est qu'un conseil consultatif.

Dès la mise en place du nouveau dispositif, les masters seront dénommés sous forme de triptyque, avec un nom de domaine - "sciences humaines et sociales", par exemple -, une mention - "sciences du langage" -, et une spécialité - "Didactique des langues et des cultures".

Une insertion professionnelle favorisée

Réduire le nombre de licences permettait aux étudiants d'y voir plus clair et d'être plus égaux face au choix de formation. Pour les masters, la raison est quelque peu différente, et concerne essentiellement l'insertion professionnelle. En effet, la simplification des intitulés vise à rendre plus lisibles ces formations auprès des employeurs. Car, jusqu'à présent, les DRH distinguaient bien les écoles d'ingénieurs et de commerce, devenues des "labels". Il n'en était pas de même avec les cursus universitaires... Avec moins d'intitulés, les programmes seront donc plus facilement repérés par les recruteurs, espère le ministère. "Bien sûr, le vecteur d'insertion professionnelle ne peut être l'intitulé que s'il est reconnu comme un label. A l'étudiant, sur son CV, de détailler ce qu'il aura réellement étudié", précise toutefois le ministère.

Un champ liberté subsiste pour les universités

Du côté des universités, on est plus sceptique quant à la plus-value de cette démarche. Si tous les établissements reconnaissent qu'il y a eu récemment un boom dans la création des masters, certains auraient aimé avoir tout champ libre. Les universités demeureront tout de même relativement autonomes. En effet, si les intitulés sont "bloqués", elles pourront tout de même toujours créer des parcours spécifiques... et se démarquer des autres, afin d'attirer les meilleurs candidats. Car il n'est pas question de toucher aux spécialités.