Des points forts aux points faibles, en passant par les sources d'amélioration, le déficit de reconnaissance... Le responsable du programme Bachelors de l'EM Strasbourg répond aux questions d'Orientations.

Quels sont les trois points forts actuels du bachelor et, a contrario, les trois principales faiblesses de ce diplôme ?

"Le premier point fort du bachelor est la dimension internationale. Par exemple, le diplôme que propose l'EM Strasbourg permet d'effectuer trois mois dans un établissement partenaire dès la première année, pour développer la maîtrise de l'anglais, en particulier celui des affaires, ainsi qu'un semestre ou l'intégralité de la troisième année à l'étranger, voire un double-diplôme.

Second point fort : le développement personnel et professionnel de l'étudiant, via du coaching et un suivi personnalisé tout au long de la scolarité. Enfin, à Strasbourg, le bachelor est un diplôme universitaire de l'Université de Strasbourg, dont l'école de management est une composante.

Concernant les points "faibles", il est possible de mentionner la notoriété auprès des grandes entreprises, à développer au niveau national, et le fait que les étudiants décident dans leur grande majorité de continuer en master d'une grande école."

Quels sont aujourd'hui les éléments qui font la différence entre un bon et un très bon diplôme bachelor ?

"Trois éléments principaux permettent de faire la différence entre un "bon" et un "très bon" bachelor. Ce doit être un cursus proposant des mises en situation professionnalisantes en plus des stages, une expérience probante à l'étranger, et un cadre d'expertise assuré tant par des professionnels que des enseignants référents."

Quelles sont, selon vous, les bonnes raisons pour lesquelles il faut opter pour un bachelor ? Et les mauvaises ?

"Je ne vois que des bonnes raisons... Comme exploiter la diversité des cursus permettant à un étudiant d'atteindre un bac+5, en particulier pour les bacheliers ES et STMG. Mais également le fait de mener sur trois ans des expériences inédites, ou de vouloir s'insérer dans la vie professionnelle dès bac+3, quitte à progresser ou à faire reconnaître ses acquis par la suite, via la formation continue."

Le nombre de diplôme bachelor est en plein développement depuis un certain temps. Ce dynamisme va-t-il continuer selon vous ?

"Oui, je pense que ce dynamisme va continuer. Car un nombre croissant de bacheliers veulent, par ce parcours, continuer jusqu'au bac+5, mais cela demande des entreprises en évolution. D'autant que, selon les pays européens, la situation des étudiants post-bachelor n'est pas la même. Nous constatons ainsi que les trois-quarts de nos étudiants poursuivent en école supérieure de commerce alors que, chez nos voisins allemands, la tendance est déjà inverse. Ce phénomène peut donc gagner la France."

L'IFOP a dévoilé, il y a un an désormais, une étude révélant la relative méconnaissance des recruteurs quant au diplôme bachelor. Qu'en est-il aujourd'hui et comment procéder pour davantage faire connaître ce diplôme auprès des recruteurs ?

"C'est un paradoxe : les entreprises, surtout les PME, parlent d'embaucher des cadres à bac+3, et continuent de découvrir les capacités de nos bachelors à relever le challenge... Pour y remédier, l'EM Strasbourg organise, via les enseignants de l'axe Développement Personnel et Professionnel et le Service Relation Entreprise, un ensemble d'actions et d'évènements pour améliorer la connaissance croisée entreprises-bachelor."