Muhammad Yunus, et son concept de microcrédit qui lui a valu le prix Nobel de la Paix 2006, a fait de jeunes émules à l'ESCP Europe. Cinq étudiants de l'école de commerce parisienne sont ainsi partis deux mois au Pérou, pour financer divers projets grâce au microcrédit. Ils ont ainsi contribué au développement économique et touristique de la ville d'Andamarca, située à 3 500 m d'altitude.

Développer le microcrédit dans une ville péruvienne perchée à 3 546 m d'altitude : ce n'est peut-être "pas le Pérou"… mais ça y ressemble ! Des étudiants de l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP), membres de l'association "Rue des enfants", ont ainsi mené une mission humanitaire autour du microcrédit à Andamarca, ville de 6 000 habitants au sud du Pérou.

Aider les gens par l'intermédiaire de microcrédits

"Notre objectif principal a été d'aider les gens se mobilisant pour faire avancer le village, par l'intermédiaire de microcrédits à 1 %", explique Anne-Cécile, 21 ans, membre de l’équipe des cinq étudiants de l’ESCP partis l’été dernier sur l’un des plus hauts toits du monde.

Dotés d’une enveloppe de 3 000 euros, récoltés grâce à diverses actions et deux subventions de collectivités locales, Anne-Cécile et ses camarades ont ensuite procédé à la sélection de huit dossiers parmi près d'une trentaine déposés. "Notre critère de sélection était le développement économique et touristique du village", précise-t-elle.

Des médicaments, des rénovations et plusieurs constructions

Cette initiative a ainsi permis d'acheter des médicaments pour le vétérinaire d'Andamarca, qui soigne les vaches et les chevaux du village. Un artisan a également pu s'acheter des vitrines, pour exposer ses créations en corne de vache, et cinq projets de rénovation de chambres d'hôtes ont été financés. En plus de cela, avec l’argent restant, "nous avons fait exactement ce que les 'Andamarquinos' souhaitaient : nous avons participé à la construction d’une estrade dont ils avaient besoin pour faire des discours lors de la très importante fête de l’eau, construit une aire de jeu pour les enfants et payé le salaire de la bibliothécaire pendant un an", ajoute Anne-Cécile.

Les étudiants tirent de nombreux enseignements de cette expérience. "Nous avons découvert des gens très intelligents, qui vivent dans un village perdu au bout du monde, mais qui ont exactement les mêmes problèmes que nous." A tel point qu'une troisième édition de cette mission humanitaire va être lancée cet été, pour poursuivre le travail déjà réalisé.