Le nombre de masters 2 autorisés à sélectionner leurs étudiants à la rentrée 2016 sera de 1 304. Trop pour l'Unef, pas assez pour la CPU. Rien n'est figé, puisqu'une concertation de quatre mois autour du cycle master commencera la semaine prochaine.

1 304 masters 2 seront autorisés à sélectionner leurs étudiants à partir de la rentrée prochaine. La liste des mentions concernées par la légalisation de la sélection entre la première et la deuxième année a été dévoilée par l'Agence éducation formation (AEF). Elle doit désormais être soumise au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche, pour avis consultatif, le 18 avril prochain. Cette liste est consultable, dans son intégralité, à la fin de cet article. 

« Sécuriser juridiquement » la sélection

Le 10 février 2016, le Conseil d'Etat avait jugé illégale la sélection en master 2, pourtant pratique courante dans les universités, mais donnant lieu à de nombreux procès entre universités et étudiants s'estimant lésés. Avec ce nouveau décret, Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur et à la recherche, entend « sécuriser juridiquement » la pratique à la prochaine rentrée. Mais pour certains présidents d'universités, trop peu de masters 2 sont présents sur cette liste. Dans une lettre ouverte adressée au gouvernement, cinq d'entre eux dénoncent « une gestion indigne de ce dossier vital pour les universités » et vont jusqu'à menacer de « fermer des masters ».

Cette liste ne « satisfait pas complètement la CPU », selon Jean-Loup Salzmann, son prédisent. Courant mars, la conférence des présidents d'universités avait demandé l'inscription de 850 masters sur la liste finale, mais regrette aujourd'hui que plusieurs n'aient « pas eu satisfaction ». Le nombre final, supérieur à la demande de la CPU, vient simplement du fait qu'il concerne des établissements ne faisant pas partie de la conférence. 

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Concertation de quatre moins autour du master

Jean-Loup Salzman espère à présent « passer très vite à la phase 2 », c'est-à-dire mener une réflexion sur « la sélection dans tous les masters ». Selon Thierry Mandon, cette concertation de quatre mois débutera dès la semaine prochaine et portera également sur d'autres questions, comme « une réorientation renforcée après la licence ». 

Du côté des étudiants, la Fage salue la démarche du gouvernement, qu'elle juge utile pour « réformer le master », selon son président Alexandre Leroy. William Martinet, président de l'Unef, dénonce quant à lui, au Monde, « une liste moins limitative que prévu » et considère que « le ministère ne répond pas à la question fondamentale du droit, pour les étudiants, d'accéder à un master 2 après un master 1 ». 

La liste des 1304 masters 2 autorisés à sélectionner les étudiants