En mai dernier, Samuel Mayol, le directeur de l'IUT de Saint-Denis avait été physiquement agressé à Paris après avoir reçu plusieurs lettres de menaces de mort. Selon News Tank Education, l'intéressé vient à nouveau d'être victime de menaces, le 22 avril.

Voilà plus d'un an que Samuel Mayol, directeur de l'IUT de Saint-Denis, est menacé de mort. En mai 2014, après avoir reçu une quinzaine de lettres de menaces de mort, il était physiquement agressé à Paris. Selon News Tank Education, le directeur a reçu de nouvelles menaces le 22 avril 2015. Le syndicat Snesup-FSU demande sa « mise sous protection fonctionnelle » par l'université Paris 13.

Pas de mise sous protection

« 11 mois après l'agression et les menaces subies par Samuel Mayol, dont la présidence de l'université Paris 13 a eu connaissance, aucune protection physique pérenne n'a été mise en place ni aucune protection fonctionnelle n'a été proposée par le président de l'université. Celui-ci a demandé une enquête auprès de l'Igaenr (NDLR : l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche) qui a établi un rapport très sévère confirmant ces faits et dont nous avons pris connaissance dans la presse.

Ce rapport a été remis à la ministre », écrit la Snesup-FSU dans un communiqué publié le 24 avril. Ainsi, la Snesup demande à Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, « de prendre sans délai toute la mesure de la gravité de la situation car la présidence de l'université de Paris 13 ne l'a étonnamment pas fait à ce jour. Aucune plainte de l'université n'a été déposée et la protection juridique ne lui a pas encore été accordée ».

Selon News Tank Education, un comité de soutien ainsi qu'une pétition ont été lancés le 20 avril. 737 personnes en seraient déjà signataires.

« La police a pris le relais »

Jean-Loup Salzmann, président de l'université Paris 13 explique sur News Tank Education que « c'est l'université qui a pris en charge la défense du directeur de l'IUT et a déposé plainte ». « Nous avons payé un garde du corps au moment où ont eu lieu les premières menaces de mort il y a un an. Je n'accorde pas de protection fonctionnelle à Samuel Mayol parce que la police a pris le relais sur cette enquête », ajoute-t-il.

Isabelle de Mecquenem, responsable du secteur affaires personnelles du Snesup-FSU, explique à News Tank Education que « seul le président de l'université peut demander et obtenir une protection fonctionnelle pour le directeur de l'IUT. Ni la ministre, ni la rectrice ne peuvent se substituer au président de l'université ». La responsable souhaite donc que « la ministre [...] prenne ses responsabilités. Il faut que les préconisations du rapport soient mises en place et que les sanctions disciplinaires soient appliquées », conclut-elle.