Deux ont fait des études supérieures, cinq ont le bac, deux ont un BEP et les autres ont tout misé sur le football. Découvrez les parcours suivis par les 23 joueurs français sélectionnés pour la coupe du monde pendant leurs études. 

Ils sont 23, ils ont entre 19 et 33 ans et vont représenter la France à la coupe du monde de football 2018, en Russie. S’ils font tous le même métier (footballeur professionnel, donc), ils affichent pourtant des parcours bien différents, allant des centres de formation à l’université. 

Ceux qui ont tout donné pour le foot

La vie d’un footballeur professionnel commence très tôt. Dès l’adolescence, voire l’enfance, ce sont dans les centres de formation que grandissent ces futurs talents. Les joueurs de l’Equipe de France actuelle n’échappent pas à la règle. Sur 23, plus de la moitié (14) ne sont pas allés plus loin que le brevet des collèges pour devenir joueurs professionnels très tôt. 

Chez les gardiens, Alphonse Aréola (25 ans) a rejoint dès l’âge de 13 ans le centre de formation du PSG, imitant le parcours de Steve Mandanda (33 ans), le doyen de l’équipe, qui a été formé au Havre à partir de ses 15 ans. 

En défense, c’est la moitié de la ligne qui sort du centre de formation. « L’école, c’est important », annonce Presnel Kimpembe (22 ans), qui a pourtant rejoint le PSG dès l’âge de 10 ans. Le benjamin de la défense, Lucas Hernandez (22 ans) était à peine plus vieux, 11 ans, quand il a commencé sa formation à l’Atletico Madrid. Même parcours pour les deux autres Benjamin, Mendy (23 ans) et Pavard (22 ans). Le premier a arrêté sa scolarité à la fin du collège et le second a choisi le foot au détriment du brevet d’éducateur sportif qu’il préparait. 

Chez les milieux, parmi les courageux qui ont fait le choix de sacrifier les études pour le foot, le très attendu Paul Pogba (25 ans). Peu habitué aux bancs de touche (pour l’instant, coucou Tolisso), il n’a pas non plus beaucoup fréquenté les bancs de l’école. Après un début de formation au Havre, il suit une voix royale et part finir sa formation à Manchester United alors qu’il n’a que 16 ans, laissant les cahiers à grands carreaux à la maison. 

Steven N’Zonzi (29 ans), après une jeunesse passée à jongler entre les clubs juniors (PSG, Lisieux, Caen, Beauvais), finit par quitter le lycée alors qu’il parachève sa formation à Amiens. Plus offensif sur le terrain, Thomas Lemar (22 ans), ne l’a pourtant pas été à l’école. Lui qui se voyait « douanier, comme [son] père » ou footballeur, a finalement terminé sur les terrains après être passé par le centre de formation de la Guadeloupe. 

Enfin, si on ne sait pas vraiment s’il faut mettre Nabil Fékir (24 ans) en attaque ou au milieu, on sait où il ne va pas : en cours. Très jeune, il décide d’abandonner l’école et rejoint le centre de formation de l’OL à 13 ans.

Parmi les attaquants, la star de l’équipe Antoine Griezmann (27 ans) a lui aussi tout donné au football. Le brevet en poche, c’est en Espagne, à Saint-Sébastien, qu’il termine sa formation de footballeur pro. Parcours similaire pour Florian Thauvin (25 ans) qui, avant de tirer les corners, a tiré un trait sur ses études à 17 ans, deux ans après voir intégré le centre de formation de Grenoble Foot 38. Très rapide sur le terrain, Ousmane Dembélé (21 ans) l’a aussi été dans sa carrière. Après cinq ans de formation au Stade Rennais et une saison réussie au Borussia Dortmund, il évolue déjà à Barcelone, aux côtés d’un certain Lionel Messi. Le tout sans valider d'études. 

Ceux qui ont un BEP Vente

Mais si abandonner ses études pour essayer de vivre de son rêve est pratique courante en football, certains assurent le coup et passent tout de même des diplômes. Parmi ceux des joueurs français, l’un des plus répandus est… le BEP vente

Deux joueurs ont en effet décroché ce sésame qui se passe à la fin de la première pro. Blaise Matuidi (31 ans) a arrêté ses études à la suite de ce diplôme, même s’il a déclaré qu’en dehors du foot, il aurait bien aimé travailler dans l’informatique. Le second, le latéral Djibril Sidibé (25 ans), a obtenu son diplôme à Troyes. « Mes parents nous mettaient la pression, ils avaient pour objectif de faire de nous des enfants bien éduqués avec un bon bagage scolaire », a-t-il témoigné à Football365.

Ceux qui ont le bac (ou pas)

Plusieurs joueurs de l’équipe de France ont tenté d’aller jusqu’au baccalauréat. Parmi eux, un seul ne l’a pas eu : le défenseur Samuel Umtiti (24 ans) a en effet échoué à décrocher son bac STMG spécialité Marketing, alors qu’il venait de signer son premier contrat à Lyon. Il accordait pourtant beaucoup d’importance aux études, comme il l’a confié au Parisien : « J’aimerais éviter le cliché des footballeurs qui ne savent pas parler. »

Chez les diplômés d’un bac général, on retrouve le capitaine Hugo Lloris (31 ans), qui a obtenu son bac S en 2005, alors qu’il se préparait aussi pour l’Euro des moins de 19 ans. Raphaël Varane (25 ans), quant à lui, a décroché son bac ES en 2011 après des révisions perturbées par les coups de fil du Real Madrid, qui souhaitait le recruter. « Je n’ai pas réalisé que c’était Zidane qui m’appelait, et vu que j’étais en plein dans mes révisions pour le bac, je lui ai demandé poliment de me rappeler plus tard », raconte-t-il à SoFoot

Corentin Tolisso (23 ans), dont la CPE a déclaré à SoFoot qu’il était un « élève sérieux, appliqué », a lui aussi un bac ES en poche, avec mention AB. Quant au plus jeune joueur et enfant prodige de l’équipe, Kylian Mbappé (19 ans), il est titulaire d’un bac STMG . Précoce jusqu’au bout, il a passé son bac « pour [ses] projets d’après-carrière, dont celui de devenir entraîneur », comme il l’a expliqué au Parisien.

Ceux qui ont fait des études supérieures

Au sein de l’équipe, seuls deux joueurs sont allés plus loin que le bac. Le futur meilleur joueur de la coupe du monde, N’Golo Kanté (27 ans), est ainsi titulaire d’un bac et d’un BTS comptabilité, fort utile pour compter le nombre de ballons qu’il récupère pendant chaque match. 

Et si on sélectionnait les joueurs à leurs diplômes, Olivier Giroud (31 ans) serait beaucoup moins contesté. Il a en effet rejoint l’université après un bac ES et a validé deux années de Staps, formation à l’époque beaucoup moins en tension que le poste actuel de titulaire à la pointe de l’équipe de France. 

Celui qui s’est débrouillé autrement

Enfin, le parcours le plus atypique de cette équipe de France 2018 est sans contexte celui d’Adil Rami (32 ans). Devenu footballeur pro à l’âge de 21 ans, ce qui est assez tard dans le milieu, il n’a pas passé son bac ni intégré de centre de formation. Avant de percer dans le sport, il était agent municipal pour la mairie de Fréjus.