La mesure phare du plan anti-fraude du bac 2012 ne sera appliquée qu'à partir du mardi 19 juin, affirme le SNPDEN-UNSA. Le syndicat croit savoir par ailleurs que ce dispositif sera mis en place dans une trentaine d'établissements, dont la moitié en Île-de-France.

Détecteurs de portables Détecteurs de portables
Les détecteurs de portables ne seront mis
en place qu'à partir du deuxième jour du bac.

Les détecteurs de portables, c'est la mesure phare du plan anti-triche du bac 2012... sauf qu'elle ne sera pas appliquée pour la première épreuve de philosophie, le lundi 18 juin ! En effet, ils ne seront installés dans les établissements concernés qu'à partir du mardi 19 juin.

La raison de ce contretemps ? "Un retard et une certaine précipitation, qui ne permettent pas la mise en marche de ce dispositif dès lundi", confie Philippe Tournier, secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale (SNPDEN-UNSA). L'annonce de cette mesure anti-fraude n'a en effet eu lieu que mercredi dernier, et la liste des établissements concernés n'a été établie par le ministère de l'Education nationale - et de manière confidentielle - qu'hier...

30 établissements concernés selon le SNPDEN-UNSA

Pour autant, le syndicat avance le chiffre de trente établissements disposant de ces détecteurs de portables, dont la moitié en Ile-de-France. Où exactement ? Le secret est encore bien gardé...

Mais le syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale (SNPDEN-UNSA) révèle que quelques centres d'examens avaient déjà tenté l'expérience les précédentes années... Cependant, selon Philippe Tournier, le dispositif déployé n'était "pas aussi évolué que celui mis en place cette année".

En effet, il n'avait été testé que dans les toilettes des centres d'examen, lorsque les bacheliers s'octroyaient une pause. "Il avait d'ailleurs plutôt bien marché, puisqu'il était facile de savoir à qui le portable en activité appartenait", ajoute le syndicaliste... Là est la grande question de ce dispositif : comment savoir à qui détient le téléphone tricheur ?

Des "radars pédagogiques"

"Le problème avec ces détecteurs de portables, c'est qu'il est très compliqué d'être sûr à 100 % de l'identité du fraudeur, puisque le dispositif indique seulement la présence d'ondes émises par un téléphone, mais non la personne qui l'utilise", ajoute Philippe Tournier. Il n'est pas évident en effet de mettre un nom sur l'identité du tricheur, et de le sanctionner s'il y a suspicion de fraude... C'est pourquoi, pour le secrétaire général du SNPDEN-UNSA, ces détecteurs sont plutôt "un moyen de pression pour les élèves, mais pas une sanction."

Pas de bugs techniques, mais des problèmes de compréhension

Les risques de bugs sont minimes, au niveau technique en tout cas, les appareils déployés étant utilisés par l'armée. À une autre échelle cependant, les incompréhensions pourront être nombreuses... Les surveillants, par exemple, peuvent trouver qu'ils travaillent dans des "conditions outrancières". Il est en effet toujours très compliqué de faire accepter à des personnes qu'elles sont surveillées. Et surtout elles pourraient ne pas apprécier non plus le fait qu'on les considère comme des "délinquants en puissance"... surtout le jour de leur bac !