Quand on débute dans la vie professionnelle, on a toujours des idées préconçues sur le droit du travail. Du coup, on hésite à négocier des points capitaux avec son employeur. Même si les marges de manœuvre sont encore très réduites en ce moment, voici les réponses aux questions qu'on n'ose jamais poser en entretien de recrutement.

Un contrat de travail écrit est obligatoire.

VRAI, s'il s'agit d'un CDD ou d'un contrat de travail temporaire.

FAUX, dans le cas d'un CDI. "Toutefois, une directive européenne du 14 octobre 1991 fait obligation à l'employeur de faire connaître au salarié les termes et les conditions de son emploi. Ce document écrit, remis dans un délai de deux mois suivants l'embauche, n'est pas nécessairement signé par le salarié. Ce n'est donc pas un contrat", précise Déborah David, avocate au sein du cabinet JeantetAssociés. En revanche, l'employeur doit remettre une fiche mensuelle de salaire à chaque collaborateur.

Je suis obligé de signer le contrat sur-le-champ.

FAUX. Vous pouvez prendre le temps de la réflexion afin d'être bien sûr de vouloir accepter les conditions de ce job. "Il n'y a pas d'ordre prédéterminé pour la signature du contrat. Ce n'est d'ailleurs pas plus à l'employeur qu'au salarié de signer en premier", ajoute-t-elle.

Ma rémunération nette mensuelle est mentionnée dans le contrat.

FAUX. "Le contrat stipule la rémunération brute mensuelle en détaillant le salaire fixe, la part variable et les primes, si elles ne sont pas prévues par la loi ou la convention collective applicable dans le secteur", détaille Déborah François. Exit donc les détails sur l'intéressement et la participation.

En revanche, les primes relevant d'une négociation personnelle avec l'employeur doivent être écrites. "En cas de litige, l'employeur ne pourra pas nier l'existence de cette prime", assure l'avocate. Toujours dans un souci de preuves, il est préférable que le contrat reprenne tous les avantages consentis au collaborateur : voiture de fonction, tickets restaurants, téléphone, ordinateur...

Mon employeur n'est pas obligé de me payer mes frais de transport domicile-travail.

VRAI. Ce trajet n'est pas obligatoirement pris en charge par les entreprises. "Dans les villes dotées de transport en commun proposant des abonnements aux usagers, l'entreprise est en revanche obligée de rembourser 50 % du coût du transport collectif", précise Déborah David. Et ce, sur présentation d'un justificatif de transport.

Certaines entreprises octroient également des remboursements de frais de carburant à leurs salariés. Mais ceux-ci sont limités à 200 euros par personne et par an. "Au-delà de ce plafond, ce serait considéré comme un avantage en nature, donc réintégré au salaire et, par conséquent, assujetti aux différentes charges sociales", précise-t-elle.

Je peux négocier la durée de la période d'essai.

VRAI. Sauf disposition spécifique de la convention collective en vigueur dans l'entreprise, cette période d'une durée de 4 mois pour les cadres, de trois mois pour les agents de maitrise et les techniciens, et de deux mois pour les ouvriers, peut tout à fait se négocier à la baisse. D'ailleurs, sachez qu'elle n'est même pas obligatoire

"En revanche, impossible pour l'employeur de l'étendre au-delà de ce qui est prévu par la loi", indique Déborah David. La possibilité de renouveler la période d'essai doit en effet être prévue par la convention collective et être indiquée dans le contrat de travail ou la lettre d'engagement.