De coefficient 7 voire 9 pour les élèves qui l’ont choisie en spécialité, l’épreuve de sciences économiques et sociales (SES) requiert de la technique et la maîtrise de nombreuses notions.

Epreuve phare dans le programme des élèves de la série ES, la matière regroupe deux thématiques aussi différentes que complémentaires : les sciences économiques et la sociologie. Si la première apparaît plus technique, la seconde demande une véritable réflexion et compréhension du monde. 

L’épreuve dure entre quatre et cinq heures (pour les élèves ayant suivi la spécialité en économie approfondie ou en sciences sociales et politiques). Quel que soit le sujet choisi, les sciences économiques et sociale demandent à la fois rigueur et précision.

Etre capable d’argumenter

En effet, les correcteurs n’ont qu’une seule exigence (ou presque) envers les candidats : la bonne compréhension du sujet. Ce qui demande à la fois de bien maîtriser son cours et de savoir utiliser un vocabulaire spécifique. « On attend des connaissances », explique Cédric Hounsou, professeur de SES au lycée Remi-Belleau à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir).

Mais la méthode et la rigueur de l’élève sont aussi finement analysées. « Ils doivent savoir argumenter, c’est indispensable. » Pour chaque paragraphe, les correcteurs attendent une démonstration simple : affirmation, explication, illustration. Un plan qui permet à l’élève comme au correcteur de s’y retrouver plus facilement.

S’entraîner peu mais bien

Cette méthode, acquise tout au long de l’année, nécessite tout de même un travail régulier. Le professeur préconise d’ailleurs de s’entraîner tous les jours « mais pas plus de 30 minutes ». Un entraînement court, donc, mais intensif.

Selon lui, travailler en binôme serait aussi bénéfique pour retenir l’essentiel du cours. « Cela permet de se remettre en question, de savoir ce qu’on a compris et ce qu’il nous reste à apprendre », détaille-t-il.

Ne pas apprendre tous les détails

Pour que les révisions soient encore plus efficaces, les élèves doivent avoir en tête le programme officiel. « Il donne des cadres et les notions à connaître, comme ça il n’y a pas de surprise le jour du bac », affirme le professeur de SES. Une astuce qui permet également d’éviter de perdre du temps en apprenant des détails inutiles.

Car l’enjeu de la discipline est de savoir aller à l’essentiel. Pas la peine d’apprendre son cours par cœur, « il vaut mieux travailler sur des questions courtes que l’on trouve dans les annales et tenter d’y répondre en quinze minutes maximum. » Tout comme la rédaction de fiches et de schémas qui permettent de vérifier rapidement ses connaissances.

Bien choisir son épreuve

Lors de l’épreuve, les candidats ont le choix entre deux exercices : la dissertation ou l’épreuve composée. Et il faut savoir maîtriser les deux. « Dans une dissertation, il faut être capable d’opposer les points de vue alors que l’étude composée demande un raisonnement rapide. »

Et comme les deux exercices sont assez différents, les correcteurs n’ont pas les mêmes attentes : du contenu pour la dissertation et des synthèses pour l’épreuve composée. Il faut donc bien choisir son exercice. Pour Cédric Hounsou, opter pour un sujet qui apparaît plus technique, donc plus difficile, est en réalité plus sage, surtout en éco. Car en sociologie, si on choisit « en fonction de ce qui nous inspire », on risque « d'oublier de mettre les points essentiels ».

Ne pas se précipiter

Attention à ne pas non plus se précipiter le jour du bac. Pour ceux qui choisissent l’épreuve composée, le temps est compté. L’exercice comprend trois parties : la première compte deux questions de cours (sur six points), la deuxième s’appuie sur un document (sur quatre points) et la troisième consiste à rédiger une courte dissertation en se basant sur plusieurs documents (sur dix points). Conseil du prof : « Commencer par la deuxième partie qui fait figure d’échauffement. »

Pour la dissertation, les élèves peuvent s’appuyer sur trois à quatre documents, mais surtout sur leurs connaissances. « C’est souvent un piège, les élèves lisent les documents avant même de réfléchir au sujet, c’est ce qui leur fait perdre des points. » Car les documents doivent seulement servir à illustrer une idée, « parfois, ils ne représentent qu’une petite partie du sujet ». 

Quelle que soit l’épreuve, l’enseignant recommande donc de noter tous les mots-clés et les notions sur son brouillon, de rédiger un plan et enfin de lire les documents. « Les élèves peuvent ensuite revenir sur leur brouillon et faire un dernier tri avant de commencer la rédaction », estime Cédric Hounsou. Il insiste d’ailleurs sur la lisibilité de la copie et la nécessité de conserver quinze minutes à la fin de l’épreuve pour se relire et éviter les fautes d’orthographe. « Moins on met de bâtons dans les roues au correcteur, plus il corrige avec bienveillance. »

Commencer par l’épreuve de spécialité

Les élèves qui ont choisi cette discipline comme spécialité ont une heure d’épreuve en plus. Ils doivent donc être très organisés. Le professeur conseille même aux candidats de commencer par la spécialité, qui leur permet de gagner des points facilement. « Bien souvent, les candidats perdent du temps sur l’épreuve principale et débordent sur l’heure qu’ils doivent consacrer à leur spécialité, assure le professeur. C’est dommage de bâcler cette épreuve car comme ils l’ont choisie, ils sont plus à l’aise dessus et peuvent ainsi décrocher une mention. »

Le conseil en plus : suivre l'actu

Ultime conseil de la part de Cédric Hounsou : ne pas faire d’impasses sur l’actualité. Ecouter les flash infos, lire les revues de presse… Il ne faut surtout pas la négliger. Au contraire, elle peut parfois aider les candidats dans leur rédaction le jour J. « Cela peut leur servir d’accroche ou d’exemple. » Un atout considérable lorsque l’on est à court d’inspiration.