Opter pour un MBA (Master of Business Administration) permet de se spécialiser et de maximiser ses chances de s'intégrer sur le marché du travail, mais la facture peut s'avérer très élevée. De ce fait, les différentes pistes de financement d'une telle formation ne doivent surtout pas être négligées. Nos conseils pour trouver la bonne solution financière.

Lorsqu'on choisit d'intégrer un MBA, que ce soit pour se spécialiser ou compléter son profil, la question du prix se pose forcément. Et pour cause : en France, les prix d'une telle formation varient de 5 000 à 90 000 euros ! Un montant déterminé suivant notamment la qualité du programme et de l'enseignement, la réputation de l'établissement, ainsi que le niveau des participants. Mais, fort heureusement, il existe diverses formules permettant de bénéficier d'aides financières.

L'autofinancement

Malgré des prix très élevés, la très grande majorité des étudiants financent eux-mêmes leur cursus MBA. Certains disposent des ressources nécessaires, d'autres peuvent les emprunter à leur famille. C'est la méthode choisie par Maël Barthélémy, étudiant dans le programme MBA de Reims Management School (RMS).  Pour autant, le jeune homme a quand même bénéficié d'une aide de Pôle Emploi pour ses déplacements et son hébergement. "Car il faut vraiment tenir compte, dans le cadre d'un MBA, du coût de la vie pendant la période scolaire. Les cours sont très prenants, et il est complexe de travailler en parallèle. Il faut donc être en mesure de payer à la fois l'école plus une année de vie..."

Si vos ressources ne sont toutefois pas suffisantes, n'hésitez pas à négocier auprès des banques pour un prêt. Il est même possible, selon les cas, d'obtenir un prêt étudiant. L'avantage, surtout pour ceux qui choisissent un MBA full-time et qui n'auront donc pas de salaire pendant leur année de formation, est que le remboursement ne commencera qu'à la fin de celle-ci. Renseignez-vous également auprès des conseils régionaux, généraux et mêmes des chambres du commerce car certaines collectivités proposent des bourses aux candidats. De même, les écoles elles-mêmes accordent des aides. "Mais elles sont toutefois relativement limitées, aux alentours de 2 000 à 3 000 euros", précise Phil Eyre, responsable des MBA de Grenoble Ecole de Management (GEM).

Le contrat de professionnalisation

En parallèle de l'autofinancement, d'autres solutions existent bien évidemment. C'est notamment le cas du contrat de professionnalisation. "Il s'agit d'une voie de financement qui se développe progressivement : environ 20 % de nos étudiants la choisissent chaque année, et cette proportion tend à augmenter", explique Alain Kruger, directeur des MBA ESG.

La raison de ce relatif succès : la formation est prise en charge par l'entreprise, et les étudiants perçoivent une rémunération à hauteur de 80 % du SMIC. "Aujourd'hui, l'alternance est également très facile. Parfois, certaines entreprises ont plus de contrats à nous offrir que nous ne comptons d'étudiants pour les postes...", ajoute le directeur des MBA ESG.

Le Congé Individuel de Formation

Le Congé Individuel de Formation (CIF) permet à un employé de suivre un cursus MBA sans pour autant quitter son poste. Pour cela, une condition est nécessaire : avoir travaillé 24 mois (consécutifs ou non) en tant que salarié, dont 12 dans l'entreprise actuelle. L'avantage de cette formule est qu'elle est financée par des organismes paritaires agrées par l'Etat : les OPCA (Organismes Paritaires Collecteurs Agréés) ou les Fongecif.

"Le meilleur financement est d'arriver à obtenir un cofinancement avec les différents acteurs, confie Claire Nathalie, coordinatrice des admissions MBA à Kedge Business School, à Marseille. L'avantage du Fongecif à hauteur de 50 % est que la personne n'aura à payer que la moitié du programme. De ce fait, financièrement, cela lui coutera moins cher que si elle payait la totalité !" Ces organismes ne finançant pas uniquement des formations MBA, toutes les demandes ne peuvent donc être acceptées.

Le Plan Formation

Dans le cas d'un Plan Formation, c'est l'entreprise qui décide que ses employés vont suivre une formation, pour qu'ils se forment dans un domaine ou qu'ils se spécialisent. Le salarié va alors valider des acquis tout en gardant son poste - et donc son salaire - dans son entreprise. "Parfois des personnes sont licenciées et, dans l'indemnisation de licenciement, le MBA leur est 'offert'. C'est très rare mais, vu la tendance actuelle, cela risque de se développer", affirme Raymond Ouellet, directeur MBA du groupe RMS.

Enfin, il est bon de noter, qu'aujourd'hui, à cause de la crise, "il n'y a plus de ressources dans le budget du gouvernement pour financer des personnes qui vont faire un MBA. Il devient donc de plus en plus difficile pour les candidats d'entreprendre une telle formation lorsqu'ils ne disposent pas des moyens pour le payer...", conclut Raymond Ouellet.