Epreuve de vitesse et de réflexion, la littérature concerne uniquement les élèves de la filière L.  

Pour cette épreuve de deux heures et coefficient 4, rigueur, précision et élégance sont trois qualités attendues dans les copies. Car attention, la langue de Molière ne doit pas laisser place à l’improvisation.

Une parfaite connaissance des œuvres

Dans un mois, le 21 juin prochain, les lycéens auront deux heures pour répondre à deux questions de littérature. Après avoir lu, relu, épluché et analysé trois œuvres dont deux versions de La Princesse de Montpensier (la nouvelle de Madame de la Fayette et le film de Bertrand Tavernier) et Hernani (de Victor Hugo), les élèves devront démontrer qu’ils ont compris tous les détails et subtilités des textes. 

« Ils doivent les connaître par cœur, avoir des citations entières en tête de manière spontanée, comprendre les réactions, les émotions et les idées de l’auteur », détaille Hélène Solnica, professeur de littérature au lycée Henri Wallon à Aubervilliers (Ile-de-France). Ce travail de précision fait d’ailleurs partie intégrante de l’évaluation. « Le secret, c’est la connaissance des textes. »

Travailler sa réactivité pour gagner en efficacité

Mais cela ne suffit pas : « On attend également des éléments techniques précis comme des définitions et des notions-clés : la préciosité pour la Princesse de Montpensier ou le romantisme pour Hernani. » En un mot, aucune phrase du texte ne doit être laissée au hasard. 

Pour cela, la professeure conseille de réviser en groupe afin de « croiser ses notes ». Parler et se poser des questions sont d’excellents moyens de s’entraîner. « Les élèves sont les meilleurs professeurs les uns pour les autres, ils s’obligent à tenir un discours clair et cohérent très rapidement : tout ce qui est demandé lors de l’épreuve. »

Ne jamais perdre de vue la question posée

Car la professeure l’avoue d’elle-même : la littérature est une épreuve de rapidité. Il est donc impératif pour les élèves de savoir gérer leur temps et d’être très réactif. Peu importe le nombre de points (huit pour une question, douze pour la seconde), il faut délimiter un temps dès le début de l’épreuve et s’y tenir. S’il n’y a pas de règle précise, il serait tout de même plus judicieux de commencer par la question qui pose le plus de problème, « sinon, on peut vite se laisser déborder par son enthousiasme ».

Ensuite, l’expression doit rester fluide. Clarté dans les propos, idées ordonnées, la structure est toujours la même : idée, citation, explication et retour à la question posée. « L’élève doit se cramponner à cette question, sans cesse reprendre les mots et voir si chaque paragraphe apporte une nouvelle idée de réponse. » Une méthode qui permet à la fois d’éviter le hors-sujet et surtout de rester concentré. « Je dis toujours à mes élèves de faire comme s’ils s’adressaient à quelqu’un qui ne fait aucun effort intellectuel pour comprendre. Le candidat doit montrer qu’il a compris en faisant le lien entre ses connaissances et la question posée. » 

Attention à ne pas en faire trop

Néanmoins, quelques détails peuvent faire la différence lors de la correction. Notamment l’orthographe. « On peut retirer entre deux et quatre points s’il y a trop de fautes », tranche Hélène Solnica. La professeure insiste aussi sur la langue qui doit être correcte et soutenue. Pour autant, l’écriture doit rester simple. « La dissertation doit avoir l’élégance sobre d’un costume Saint-Laurent : rien ne doit être en trop, on ne cherche pas à briller, juste à montrer ce qu’il faut. »

Autre point important pour gagner des points : trouver le bon équilibre entre connaissances et réflexion personnelle. Donner son avis peut s’avérer payant. « Lorsque l’élève ajoute un questionnement, s’il ouvre des hypothèses ou des éclairages sans réciter mot pour mot son cours, c’est un plus. » Mais il ne faut pas non plus en abuser. Au contraire, pas assez de citations, des erreurs de chronologie, des confusions, des répétitions, une mauvaise connaissance de l’œuvre, de son intrigue comme de l’interprétation par son auteur… sont autant d’éléments à éviter. 

A l’oral : savoir dialoguer

Pour ceux qui choisiront la littérature aux rattrapages, les attentes des examinateurs restent sensiblement les mêmes. A quelques détails près : en plus des connaissances, les capacités de communication sont également évaluées. « Prendre en compte les suggestions, renforcer son positionnement personnel, discuter du sens du texte » sont d’autant plus appréciés par les examinateurs. L’oral peut donc être l’occasion de réagir plus librement sur une situation de l’œuvre tout en s’appuyant sur le texte.