Première épreuve écrite de l’examen final du baccalauréat, la philosophie est tout autant redoutée que symbolique. Pourtant, avec une bonne méthode de préparation et de révisions, elle est beaucoup plus simple qu’elle n’en a l’air.

Chaque année, elle est l’épreuve reine du baccalauréat. Celle qui ouvre le bal. Et l’une des plus redoutées. Comme les autres matières, la philosophie demande du temps de révisions et de préparation. Pourtant, elle reste une épreuve un peu à part.

Un seul mot d’ordre : réfléchir 

Le jour du bac, « on demande aux candidats de réfléchir, pas d’avoir raison », résume Bertrand Nouailles, professeur de philosophie dans un lycée de Clermont-Ferrand. Pour lui, « réfléchir » est le verbe d’or d’une copie de philo. « L’idée de l’épreuve, c’est de dégager des questionnements, développe-t-il. On veut voir des candidats qui se posent des questions et s’éloignent des raisonnements habituels. »

En somme, chaque copie doit être unique. Pas question alors de dérouler un cours, recracher une méthode ou donner dans la récitation. Ce qui ne veut bien sûr pas dire qu’il ne sert à rien de réviser. Au contraire. « Les cours de l’année sont comme une boîte à outils, explique Bertrand Nouailles. Ils apportent des notions sur des thèmes comme le désir, le bonheur ou la vérité qu’il faut savoir utiliser pour mener la réflexion. » 

« On demande aux candidats de réfléchir, pas d’avoir raison. »

Bertrand Nouailles, professeur de philo


Eviter le par cœur 

Le jour de l’épreuve, les candidats doivent ainsi être en mesure de parler des travaux de tel ou tel auteur et de donner des citations abondant leur raisonnement. « Il faut relire les cours et les maîtriser pour connaître les éléments dont ils auront besoin », conseille le professeur de philo. 

Mais gare au par cœur ! « Si un candidat met du par cœur ou recrache un cours, il y a un risque de hors sujet », prévient Bertrand Nouailles, qui insiste : « Il faut réfléchir à partir de ses connaissances. » Le par cœur est d’autant plus inutile et contre-productif que les profs de philo abordent les sujets de différents manières, et ne donnent donc pas forcément les mêmes pistes de départ aux élèves. 

Sur le fond comme sur la forme, pas d’impasse 

L’épreuve de philosophie dure quatre heures. Au choix, le candidat doit rédiger une dissertation sur un sujet donné, ou commenter un texte philosophique. « Il n’y a pas de profil type, ce sont deux exercice aussi compliqués et difficiles l’un que l’autre », tranche Bertrand Nouailles. Aussi, même si on a une préférence, « il faut préparer les deux, au cas où les sujets de dissertation ne vous plaisent pas, ou bien que vous ne comprenez pas le texte ». 

En période de révisions de fin d’année, la méthode est censée être connue et maîtrisée. Pas besoin donc chercher à parfaire sa pratique. En revanche, en guise d’entraînement « faire un brouillon d’une petite analyse de texte, ou dessiner un plan de dissertation » peut mettre efficacement dans le bain. 

Comment limiter les dégâts ?

C’est notamment le cas pour les élèves qui ne sont pas à l’aise avec la discipline. Aux mauvais élèves en philo, Bertrand Nouailles conseille de bien « travailler le cours, pour montrer au correcteur qu’il y a eu un travail d’effectué. » Ainsi, « même s’ils n’ont pas assimilé la problématique, ils peuvent espérer un 8 ou un 9, voire  un 10 au lieu d’un 5 ». En somme, avec un peu de méthode et de travail, même les plus mauvais en philo sont en mesure de limiter les dégâts

Pour finir, on répétera le même conseil que chaque année : ne pas faire d’impasse. Tous les sujets et thèmes abordés au cours de l’année sont susceptibles de tomber le jour de l’épreuve. Bertrand Nouailles va jusqu’à casser une légende : « Non, les sujets donnés sont sans lien avec l’actualité. »