Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) sont réputées pour leur rythme intense qui peut surprendre les néo-bacheliers. Deux professeurs de prépa livrent leurs conseils aux futurs étudiants pour appréhender plus sereinement la prochaine rentrée.

« On ne réussit une prépa sans travailler », prévient d’entrée de jeu Charlotte Ruggeri, professeure de géographie en deuxième année de classe préparatoire BCPST (Biologie, chimie, physique et sciences de la terre) au lycée Hoche de Versailles. En prépa, les choses sérieuses commencent dès les premières semaines de cours, si ce n’est plus tôt.

« Il arrive que certains professeurs donnent aux élèves des manuels à lire pendant l’été ou des exercices à rendre le jour de la rentrée », précise Frédéric Brossard, enseignant de mathématiques en prépa ECS (économique et commerciale, option scientifique) à Intégrale.

Consolider ses acquis de terminale pendant l’été

Toutefois, Frédéric Brossard met en garde les futurs étudiants. « A mes yeux, il faut privilégier la qualité à la quantité. Inutile de passer son été à bosser, c’est trois heures par jour en semaine maximum », recommande le professeur.

Pour les filières scientifiques, l’enseignant conseille d’apprendre ses cours de maths par cœur pendant l’été et de refaire certains exercices. « Cela permet aux étudiants de mieux s’accrocher dès le début de la formation et d’avoir un socle de connaissances solide à la rentrée », explique-t-il.

Il est aussi important de penser à maintenir son niveau en langues pendant l’été « de façon ludique à travers des films en version originale », préconise Frédéric Brossard.

Trouver l’équilibre entre les cours et le travail personnel

Etre dans le bain dès la rentrée est indispensable. Surtout que les professeurs de CPGE ont très peu de temps pour boucler leur programme avant les concours. Ils sont régulièrement contraints de passer rapidement sur certains points pendant les cours.

« C’est cet équilibre entre l’enchainement intense des cours (7 à 8 heures par jour selon les filières et un devoir surveillé par semaine) et le travail d’approfondissement à la maison qui est compliqué à trouver pour les étudiants », constate l’enseignante de géographie, Charlotte Ruggeri.

« Les élèves doivent aussi se préparer à appréhender de nouveaux supports comme des articles scientifiques ou des ouvrages vraiment spécialisés », ajoute la professeure de deuxième année.

« La prépa, c’est un marathon, pas un 100 mètres »

Rappelons que, souvent, les élèves qui intègrent une classe préparatoire étaient d’excellents éléments au lycée. « Ils sont de fait beaucoup plus perturbés lorsqu’ils peinent à décrocher la moyenne les premiers mois », constate Frédéric Brossard. 

« Une prépa ça se travaille sur la durée, il ne faut pas s’inquiéter dès les premières notes », renchérit-il. Charlotte Ruggeri vient appuyer son propos : « La prépa, c’est un marathon, pas un 100 mètres. Les élèves doivent penser à préserver une bonne hygiène de vie s’ils veulent tenir le rythme. »

La confiance en soi, « c’est 30 % de la note »

Compétition, stress, difficultés pour trouver du temps pour ses hobbys, ces différents clichés concernant la prépa ne sont pas infondés.

« Tous les professeurs n’instaurent pas une ambiance de compétition et certaines promos font preuve d’entraide. J’incite les futurs étudiants à se rendre aux portes ouvertes pour se faire une idée sur la question » témoigne l’enseignant de prépa ECS à Paris.

« Pour moi, avoir confiance en soi, c’est déjà 30 % d’une note. J’estime que la concurrence ne se trouve pas au sein d’une classe. Au contraire, elle doit se tirer vers le haut », argumente l’enseignant.  

Se réorienter n’est pas synonyme d’échec

Et si les étudiants doutent de leur place au sein de la prépa, les professeurs recommandent d’en parler le plus rapidement possible. « La prépa est un mode de formation exigeant et aussi très contraignant qui ne correspond pas à tout le monde. Une réorientation n’est pas un échec », conclut l’enseignante en prépa BCPST, Charlotte Ruggeri.