La Fage et l’Unef ont rendu leurs enquêtes sur le coût de la rentrée étudiante. Si les conclusions divergent, les deux syndicats dénoncent l’augmentation du prix des loyers.

Comme chaque année, les principales organisations étudiantes ont réalisé des enquêtes sur le coût de la rentrée étudiante. Mais pour cette rentrée 2018, l’Unef et la Fage ne sont pas d’accord. Pour la première, cette rentrée sera un peu plus chère que la précédente tandis que pour la seconde, elle le sera beaucoup moins. 

Entre 830 et 1105 euros de budget étudiant par mois

En moyenne, la Fage estime que la rentrée scolaire vous coûtera 2240,55 euros en 2018 (2 439,66 euros en région parisienne et 2170,64 euros dans le reste de la France). La première organisation étudiante a calculé « une diminution de 6,79 % » par rapport à l’année dernière. 

Rapporté au mois, le budget moyen de l’étudiant calculé par la Fage s’élève à 1105,02 euros par mois, soit 3,14 % de moins que l’année universitaire précédente. Utilisant d’autres méthodes de calcul, l’Unef publie de son côté un budget mensuel après bourses et APL de 837,72 euros en moyenne, soit une augmentation moyenne du coût de la vie de 1,31 %.

Parmi les changements notables dans le budget de la rentrée, la fin du régime de sécurité sociale étudiant (RSSE) explique la baisse observée par la Fage. Au total, ce sont 217 euros que les nouveaux étudiants n’ont pas à débourser au début de l’année, étant désormais rattachés au régime général de la caisse d’assurance maladie. Pour la Fage, cela « a un impact significatif alors qu’en moyenne un tiers des étudiants renoncent à leurs soins pour des raisons financières ».

Les étudiants non-boursiers doivent toutefois s’affranchir d’une nouvelle dépense en 2018 : la contribution vie étudiante (CVE-C), d’un montant de 90 euros. Cette dernière est allouée notamment au financement des initiatives étudiantes, des politiques de prévention et de promotion de la santé, du sport et de la culture.

Première dépense : le logement

C’est sans surprise la dépense la plus importante des étudiants français : le logement. Pour l’Unef comme pour la Fage, cela représente près de la moitié du budget moyen d’un étudiant. Un étudiant va ainsi débourser entre 640 (Fage) et 662 (Unef) euros par mois pour se loger en Île-de-France, et entre 468 (Fage) et 471 (Unef) euros dans le reste du pays

Les deux syndicats dénoncent des hausses des loyers dans la majorité des villes étudiées, et réclament un encadrement des loyers, notamment à Paris, qui reste la ville avec les loyers les plus élevés (830 euros selon l’Unef). 

Du côté des transports, le porte-monnaie sera également mis à contribution. Selon l’Unef, l’abonnement mensuel coute en moyenne 269,49 euros par an, et dépasse 300 euros dans plusieurs villes : Lyon, Dijon, Rennes, Tours et Lille. De son côté, la Fage dénonce une « forte hausse » du prix des transports de 7,93 % en moyenne. 

Le budget étudiant 2018-2019 calculé par la Fage. © La Fage Le budget étudiant 2018-2019 calculé par la Fage. © La Fage

Les frais d’inscriptions pointés du doigt

Parmi les autres dépenses usuelles (restauration, habillement, etc.) on sait déjà que le prix d’un repas en restaurant universitaire, gelé depuis 2015, restera fixé à 3,25 euros en 2018-2019. Mais au quotidien, les deux associations notent une augmentation moyenne du coût de la vie. Et selon l’Unef, pour plus d’un étudiant sur deux (56 %), cette augmentation sera supérieure à l’inflation (2 % en juin, d’après l’Insee). Sur ce point aussi, des écarts entre l’Île-de-France et les régions sont constatés.

Enfin, la Fage s’alarme des montants des frais d’inscriptions, qui créent « un système d’enseignement supérieur à plusieurs vitesses ». 

Si les frais d’inscription à l’université sont en diminution (170 contre 184 euros en licence), c’est le cas des écoles privées et spécialisées qui provoque la colère du premier syndicat étudiant de France. En plus des tarifs en écoles de commerce, la Fage prend l’exemple de cinq écoles d’ingénieurs sous tutelle du ministère de l’enseignement supérieur (Les Mines Nancy, Centrale Lille, Centrale Lyon, Centre Marseille et Centrale Nantes), dont les frais d’inscription passent de 615 à 2 500 euros par an

« Le cas de l’école des Mines de Nancy est un marqueur fort car il s’agit d’une école interne à l’université de Lorraine », écrit la Fage, qui craint que cette augmentation  « ouvre la voie à des universités à deux vitesses : celles qui sélectionnent et font payer des frais d’inscription exorbitants et celles qui contribuent à la démocratisation de l’enseignement supérieur, gratuites et non-sélectives ».