Après l’intervention des forces de l’ordre à l’université de Nanterre et au lycée Arago, les professeurs ont tenu à apporter leur soutien aux étudiants et lycéens accusés de violence.

Ils sont tous enseignants ou doctorants à l’université de Nanterre. Vendredi, cent universitaires ont publié une tribune dans le journal L’Humanité pour apporter leur soutien aux étudiants et lycéens « visés par la répression politique ». Qu’ils soient élèves à l’université de Nanterre ou au lycée Arago à Paris, une quinzaine de jeunes devront s’expliquer devant le juge notamment pour des faits de violence. Une situation excessive pour les professeurs qui demandent leur relaxe.

Le soutien aux étudiants expulsés de Nanterre

Les premiers faits remontent au 9 avril. Alors que le mouvement étudiant bat son plein depuis début février, une centaine d’entre eux décident de former une assemblée générale pour protester contre la réforme sur l’entrée à l’universitéParmi les sujets qui fâchent : Parcoursup. Depuis le lancement de la réforme, étudiants comme professeurs se dressent contre la nouvelle plateforme d’accès à l’université, décrite comme « un fiasco monumental ».

Suite à l'assemblée générale, jugée légitime par les universitaires, les forces de l'ordre ont évacué les étudiants. Dans leur tribune, les professeurs admettent qu'ils n'ont pas su réagir lorsque les policiers sont intervenus au sein de l’université de Nanterre. « (Les étudiants) ont été violemment expulsés, à coups de matraque et sous nos regards sidérés et effrayés ». Parmi les étudiants interpellés, trois d’entre eux doivent être jugés le 20 juin pour « violences volontaires contre personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Le soutien aux lycéens interpellés à Arago

Plus récemment, ce sont cette fois des lycéens qui ont été interpellés après avoir manifesté contre Parcoursup le 22 mai dernier. En marge de la manifestation, plusieurs d’entre eux sont entrés dans le lycée Arago pour se réunir en assemblée générale. Au total, 40 mineurs ont été placés en garde à vue. 

Vendredi 15 juin, quatorze prévenus devaient comparaître devant le tribunal de grande instance de Paris, dont plusieurs étudiants de Nanterre, pour « intrusion sans autorisation dans un établissement scolaire en réunion en vue d’y troubler la tranquillité ou l’ordre de l’établissement » et « participation à un groupement en vue de commettre des dégradations ou des violences ». 

« Un usage abusif du système judiciaire »

Pour les enseignants, ces procès sont inacceptables. « (Ils) constituent un usage abusif du système judiciaire à des fins de répression politique, (…) contraire à tous les enseignements que nous avons à charge de transmettre à nos élèves et à nos étudiants. » La semaine dernière, lors du procès des lycéens, parents, professeurs et syndicats étaient réunis devant le tribunal pour dénoncer ce « procès politique ». Le jugement a finalement été reporté au 4 décembre prochain. 

En attendant les procès, les universitaires exigent le respect des droits démocratiques et des libertés publiques et la relaxe de tous les élèves accusés.