Après leur première épreuve du baccalauréat, les élèves de terminale sont sortis confiants et avec le sourire.

« Vous avez quatre heures ». Ce matin, la fameuse épreuve de philosophie a donné le coup d’envoi du baccalauréat 2018. Au total, plus de 750 000 candidats ont planché sur les textes de John Stuart Mill, Emile Durkheim, Montesquieu ou encore Arthur Schopenhauer. Au programme : vérité, désir, injustice, art, culture et bonheur. A la fois redoutée et attendue, cette année, la philo a eu de quoi surprendre les lycéens. Réactions à la sortie de l’épreuve au lycée Carnot, dans le 17e arrondissement de Paris.

« Trop content »

« Mais c’était quoi ces sujets ? On en parle ou pas ? » Quelle que soit leur série, les lycéens sont tous sortis complètement ahuris de l’épreuve de philo. « On est vraiment tous étonnés des sujets, l’art est déjà tombé l’année dernière donc on ne pensait pas que le thème reviendrait cette année », explique Marie, en terminale ES.

Une surprise générale qui a réussi à détendre tous les candidats. Prune, en terminale ES, a choisi de traiter le sujet « Toute vérité est-elle définitive ? » : « Je suis trop contente, c’est le premier cours qu’on a eu cette année donc je le connaissais super bien. » De son côté, Gauthier est ravi : « J’ai pris celui sur la culture, c’était vraiment trop simple », s’exclame le candidat en série L.

« J’ai même fait une blague »

A la fin de leur première épreuve, les candidats décompressent. « Ce matin, on était un peu stressés mais pas pour l’épreuve en elle-même, plus pour l’ambiance », raconte Emma. « Surtout quand notre surveillant ouvre l’enveloppe contenant les sujets et qu’il nous regarde en nous disant ‘ouhlala’, la pression est montée d’un coup dans la salle », poursuit la lycéenne. Un avis partagé par l’une de ses amies. « On nous parle du bac depuis le collège et là ça devient concret. » 

D’autres étaient beaucoup plus décontractés à l’idée de plancher sur l’épreuve de philo. « Il n’y a pas vraiment de stress parce que de toute façon, les notes dépendront du correcteur, précise Gauthier, on veut juste éviter la casse. »

D’ailleurs, pour plusieurs lycéens, l’épreuve de philo était l’occasion de se détendre. « J’ai parlé de la famille Adams et de sexe », s’amuse Maxime, en terminale S après avoir rendu sa copie sur le sujet du désir « Est-il la marque de notre imperfection ». « N’importe quoi », sourit l’un de ses camarades. « Moi j’ai fait une blague et un jeu de mots avec le sujet : en quoi l’art peut-il nous laisser de marbre », annonce Clara devant un éclat de rires général. Bonne ou mauvaise idée, les candidats imaginent surtout gagner des points auprès du correcteur : « Ça peut nous démarquer des autres copies, mais après on est quand même resté sérieux dans notre analyse. »

Les lycéens décompressent après l'épreuve de philo. © PB/OE Les lycéens décompressent après l'épreuve de philo. © PB/OE

« Stop, c’est fini ! »

Après trois heures d’épreuve, une cinquantaine de lycéens avaient déjà rendu leurs copies alors que l’épreuve se terminait à midi. « Ça m’inquiète, je suis allée beaucoup trop vite », admet Emma. « Pour moi c’est normal, j’ai même eu le temps de faire un brouillon, ce que je n’avais pas fait lors du bac blanc », précise Louis qui a analysé le texte d’Arthur Schopenhauer.

A peine sortis, les lycéens se rejoignent en petit groupe pour débriefer, brouillons à la main. Auteurs et philosophes cités, plans choisis, exemples repris ou non du cours, tout y passe. « Vous avez eu la culture ? Je suis dégouté », s’écrie un terminale S. De son côté, Clara revient sur tous les points qu’elle a abordé dans sa copie, avant d’être interrompue : « Stop, c’est fini, arrête. »

Déjà la tête dans l’épreuve d’histoire-géo

La philo à peine terminée, les lycéens n’ont d’ailleurs qu’une seule idée en tête : réviser pour l’épreuve du lendemain, l’histoire-géo. Les candidats sont unanimes, il s’agit de l’épreuve la plus stressante. « Il y a beaucoup de connaissances à avoir, ce n’est pas comme en philo, il ne suffit pas de donner ses idées », avoue Louis.

Pour Marie, tout son programme est déjà prévu : « Je vais déjeuner en révisant, faire une petite sieste parce que je me suis levée à 6 heures ce matin et je réviserai encore pour demain. »