Les BTS ouvrent leurs portes aux bacheliers professionnels souhaitant poursuivre des études dans le supérieur. Un choix de cursus de niveau bac+2 qui offre des perspectives professionnelles supplémentaires.

Quel que soit le secteur choisi, le succès des BTS auprès des bacheliers professionnels ne se dément pas. En 2013, les bacheliers professionnels représentaient environ un tiers des candidats postulant aux différents BTS ou BTSA (brevet de technicien supérieur agricole) proposés dans l'Hexagone. Finalement ce sont près de 20 % des titulaires d'un bac pro qui ont été acceptés dans cette formation en deux ans nécessitant une importante masse de travail. Parmi les formations privilégiées, les BTS du secteur des services et ceux de la production.

BTS rime avec travail et volonté

Depuis la session 2009, les élèves de bac pro reçus avec mention « bien » ou « très bien » peuvent être admis d'office dans le BTS de la spécialité de leur diplôme. Une chance pour les meilleurs éléments de l'enseignement professionnel souhaitant poursuivre leurs études, bien que cette admission ne soit pas toujours systématique. En effet, certains BTS sont très demandés et la sélection y est importante.

Par ailleurs, afin de permettre aux bacheliers professionnels d'accéder plus facilement à ce type de formation, la loi sur l'enseignement supérieur et la recherche (ESR) prévoit, depuis 2014, un quota de places réservées à ces profils.

Toutefois, le BTS reste un cursus qui exige beaucoup de travail et de volonté. Et pour cause, selon la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), le taux de réussite des titulaires d'un bac pro est d'à peine 50 % en Section de technicien supérieur (STS). Car, s'ils possèdent de bonnes connaissances de l'entreprise et ont souvent acquis des compétences professionnelles que n'ont pas les élèves issus d'autres filières, ils peuvent témoigner de lacunes dans les matières théoriques (mathématiques, français, physique, langues vivantes,...) et sont moins préparés au rythme et aux méthodes de travail exigés en BTS.

La réussite des filières production

A noter toutefois que les diplômés issus des filières production s'en sortent mieux que les filières de services. La raison ? En production, l'enseignement technique, même s'il nécessite des remises à niveau, se pose dans une relative continuité des acquis de bac pro. Dans le domaine des services, par contre, les exigences en culture générale, français ou langues s'avèrent souvent beaucoup plus importantes. Mais avec du travail, il est tout à fait possible de réussir et décrocher son diplôme.

Nombreux sont les diplômés de bac pro qui misent sur l'apprentissage pour poursuivre en BTS : une stratégie gagnante car le CFA permet d'augmenter la probabilité de réussite de près de 10 %. Le lycée privé sous contrat est également un moyen de mettre toutes les chances de son côté, en affichant une probabilité de réussite supérieure de 15 % aux filières en lycée classique.

Témoignage : Gildas, titulaire d'un Bac pro Equipement et Installation Electriques (EEI) et d'un BTS Electrotechnique

Pourquoi as-tu choisi de te tourner vers un BTS après ton bac pro ?

"En bac pro, tout me semblait très facile. Je comprenais vite et j'avais de bonnes notes sans trop en faire. En dernière année, un de mes professeurs m'a encouragé à me diriger vers un BTS. Il m'a beaucoup aidé et a appuyé mon dossier auprès de l'administration, plutôt réticente. A part mon professeur, tout le monde pensait que j'allais échouer parce qu'ils avaient eu d'autres exemples de ce genre, où les élèves avaient abandonné en cours de route..."

Comment s'est passée ta première année en BTS ?

"Concrètement, ça a été très dur. Il me manquait des connaissances en mathématiques, en physique, et aussi dans les matières générales. En plus, les professeurs n'avaient pas été mis au courant de ma situation... Donc, au premier conseil de classe, j'ai essuyé pas mal de critiques jusqu'à ce que quelqu'un intervienne pour leur rappeler que j'étais issu de bac pro. A ce moment, tout a changé. Les reproches se sont transformés en encouragements, et les professeurs m'ont accordé plus d'attention pour vérifier si je suivais ou s'il y avait des choses que je n'avais pas comprises.

De mon côté, je ne suis pas resté sans rien faire. Dès le début de l'année, j'ai pris des cours particuliers pour rattraper mon retard dans les matières fondamentales et j'ai réussi à remonter progressivement la pente. Au bout des deux ans, j'ai obtenu mon diplôme. Mes professeurs n'avaient jamais vu ça : en général, les bacs pro ont besoin d'une année supplémentaire pour réussir."

Si c'était à refaire ?

"Je me lancerai de nouveau. Je pense que ma force a été de ne pas me laisser submerger par les difficultés et de prendre des mesures pour combler mes lacunes dès le début. Ensuite, une fois les bases acquises, le reste est allé tout seul.

En revanche, je regrette de ne pas avoir informé mes professeurs plus tôt, en allant les voir un par un à la fin des cours pour expliquer mon cas. Je pense que ça m'aurait évité de me décourager au cours du premier trimestre...

D'autre part, j'ai eu la chance d'être très soutenu par mon entourage tout au long de mon cursus. Et je ne remercierais jamais assez mon professeur de bac pro qui m'a poussé à continuer. C'est important quand les gens croient en vos capacités."

Dernière mise à jour : 16 mars 2015