Les métiers du bâtiment et des travaux publics ont toujours eu recours aux apprentis. Ce secteur d'activité, qui doit s'adapter en permanence aux évolutions technologiques, sociétales ou environnementales, recrute des alternants de différents niveaux.

Premier employeur d’apprentis en France, le BTP fait actuellement face à une série d’évolutions impactant ses entreprises. Il s’agit principalement d’impératifs techniques et réglementaires liés à l'environnement, au développement durable, au renouvellement des effectifs et à l'évolution des compétences.

Les performances énergétiques dans la construction et l'organisation de l’approvisionnement des chantiers, que ce soit dans le transport des matériaux ou dans la gestion des déchets doivent donc s’adapter. Dans ce contexte, la formation, et plus particulièrement l’apprentissage, constitue un levier pour relever ces défis.

Un secteur d’activité toujours porteur

« Il n’y a pas de problème sur le marché de l’emploi concernant le BTP, et ce depuis le début de la crise économique », affirme Florence Darmon, directrice générale de l’école d’ingénieurs ESTP. « La construction a été un des secteurs les moins touchés. Ainsi, que ce soit au niveau de l’embauche de nos jeunes diplômés ingénieurs, mais également les bac+2, les bac+3 et autres, il n’y a quasiment pas eu d'impact. »

L’apprentissage est un moyen privilégié de former les futures équipes qui succèderont aux ouvriers, mais aussi aux chefs d’entreprises des TPE-PME du secteur, en poste actuellement. « Aujourd’hui, moins de 20  % des structures accueillent des apprentis. Les possibilités de développement et les besoins existent », ajoute Daniel Munoz, secrétaire général adjoint du Comité de concertation et de coordination de l’apprentissage du bâtiment et des travaux publics (CCCA-BTP), en charge de la formation.

D'autant que, malgré un certain ralentissement de l’activité, le poids du BTP n’en reste pas moins considérable. On comptait ainsi plus d’1,1  million de salariés en 2014 dans le bâtiment et 258 000 dans les travaux publics, selon l’Observatoire des métiers du BTP. Par ailleurs, entre 2010 et 2020 ce sont près de 136 000 emplois qui devront être créés au sein des quelque 360 000 entreprises du secteur.

Une offre de formations et de métiers qui se développe

Selon l’Apec (Agence pour l'emploi des cadres), l’adaptation aux problématiques environnementales offrira des débouchés aux conducteurs de travaux et aux cadres de chantier. De ce fait, les études de niveau ingénieur et master se développent à la faveur de la politique d’encouragement de l’alternance.

Du CAP au bac+2, les contrats en alternance sont toujours très privilégiés dans le BTP. La majorité des effectifs se situent aux niveaux IV (baccalauréat, brevet professionnel…) et V (CAP, BEP…), dans lesquels sont proposés 70 diplômes différents. En parallèle, « on assiste à l’ouverture de licences professionnelles et de BTS. Les CAP, brevets professionnels et autres bacs professionnels ne sont plus les seules voies de l’apprentissage dans ce secteur », précise Jocelyne Fossas, de la chambre des métiers et de l’artisanat des Pyrénées-Orientales.

La centaine de CFA du BTP comptabilise en outre 49 300 entreprises du bâtiment et des travaux publics partenaires. Au total ce sont plus de 100 diplômes qui sont proposés aux jeunes en alternance.

Des apprentis épanouis dans le BTP

De l’électricien au chef de chantier, en passant par le charpentier, l’architecte ou le commercial, les métiers du BTP couvrent un champ d’exercices de plus en plus large. Si la conjoncture est tendue depuis quelques années, le besoin en main-d’œuvre existera toujours. « Surtout, que ce sont des activités et des métiers qui ne sont pas délocalisables », souligne Daniel Munoz.

Par ailleurs, l'apprentissage des métiers du BTP se révèle être appréciable. C’est la conclusion soulevée par le Baromètre de la vie de l'apprenti du CCCA-BTP, dévoilé en septembre 2013. Les élèves en alternance dans le secteur se sentiraient bien. Tellement bien qu'une fois leur formation terminée, 57 % déclarent envisager une poursuite d’études. 40 % d’entre eux souhaitent se spécialiser. Toutefois, les aspirations diffèrent en fonction des métiers.

À noter : sept mois après la fin de leur formation, 80 % des apprentis du BTP s’insèrent dans le monde professionnel. Dans le seul secteur des travaux publics, ce chiffre s’élève à 89 %. Mieux, six diplômés sur dix obtiennent un CDI sept mois après la fin de leurs études.