C'est officiel : le Royaume-Uni va quitter l'Union Européenne. Une décision qui impactera jusqu'au quotidien des étudiants. Frais de scolarité, mobilité, Erasmus, quelles conséquences du Brexit pour les étudiants ?

Ce 23 juin 2016, les Britanniques ont voté, à 51,9 % la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. C'est la première fois qu'un Etat membre quitte l'institution fondée en 1957. Mais qu'est-ce que cette situation inédite va changer pour les étudiants britanniques, français et européens ? 

Pas de changement à très court terme

Que les étudiants français qui avaient prévu d'étudier au Royaume-Uni l'année prochaine se rassurent : ce sera toujours possible. En effet, la sortie d'un Etat membre de l'Union Européenne est un processus réglementé et prendra quelques années (deux ans selon l'article 50 du traité de Lisbonne). Aussi, à la rentrée 2016, rien n'aura encore évolué. Sur le long terme en revanche, les étudiants français devraient se préparer à des changements.

Hausse des frais de scolarité

La première (très) mauvaise nouvelle pour les jeunes français et européens concerne les frais de scolarité. « Il y a des barèmes qui varient selon qu'on est membre ou pas de l'UE. Si le Brexit triomphe, les étudiants européens pourraient être traités comme les étudiants internationaux », explique au Monde Florence Faucher, professeur de sciences politiques à Sciences Po. Concrètement, les Français pourraient à présent tabler sur une année d'étude à 15 000 euros, comme les Britanniques, contre 8 000 euros en moyenne actuellement. A ce prix-là, « nous avons d'autres destinations où envoyer nos étudiants », reconnaît Anne Catherine Giroud, directrice des programmes à Kedge Business School, auprès du Figaro. « Nous aurons toujours des programmes pour faire partir nos étudiants en Angleterre, mais je ne vois pas l'intérêt car cela nous reviendra beaucoup plus cher que de les envoyer aux Etats-Unis », poursuit-elle. 

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Manque à gagner pour les universités britanniques

Au-delà des étudiants étrangers, les universités britanniques seraient-elles aussi touchées par le Brexit. Faudra-t-il bénéficier d'un visa pour étudier sur le sol du Royaume-Uni ? Si rien n'est encore décidé, cette éventualité n'est pas réjouissante. « A Oxford et dans d'autres universités, six universitaires sur dix viennent d'Europe et s'ils doivent faire une demande de visa pour étudier au Royaume-Uni, ce serait dissuasif », s'inquiète Chris Patten, ancien membre de la Commission européenne dans le Telegraph. Selon le journal britannique, 5,5 % des étudiants du pays venaient de l'UE en 2012-2013, ce qui se traduisait notamment par 34 000 emplois pérennes et un revenu de 3,7 milliards de livres.

Exit Erasmus ?

La mobilité des étudiants britanniques risque aussi de pâtir de la sortie de l'UE. Selon l'agence Erasmus+, près de 40 000 étudiants britanniques ont été en situation de mobilité à l‘international en 2013. Nigel Carrington, de l'université des arts de Londres, s'est inquiété auprès du Guardian : « Sans Erasmus, nous connaîtrons des difficultés majeures pour envoyer nos étudiants à l'étranger. » Et pour les accueillir. En 2012-2013, le Royaume-Uni était la destination Erasmus la plus choisie des étudiants français. Malgré tout, quitter le programme Erasmus n'est pas une fatalité. Comme la Suisse, le pays pourrait négocier un statut particulier lui permettant de faire partie du dispositif.