Les députés ont voté l’instauration d’un quota d’étudiants boursiers dans les filières sélectives et en tension.

« L’autorité académique fixe un pourcentage minimal de bacheliers retenus bénéficiaires d’une bourse nationale de lycée. » Jeudi 14 décembre, l’Assemblée nationale a adopté l’article 1 du projet de loi sur l’entrée à l’université. Le gouvernement espère ainsi garantir une plus grande mixité sociale et géographique dans l’enseignement supérieur.

Permettre l’accès aux filières « élitistes »

Depuis 2008, le nombre d’étudiants boursiers à l’université n’a cessé d’augmenter. Aujourd’hui, les filières sélectives comme les classes préparatoires aux grandes écoles accueillent 30 % d’élèves boursiers. Contre 40 % dans l’enseignement supérieur. Le député PS Régis Juanico a dénoncé la reproduction sociale dans l’accès à ce type de filières : « Dans les classes préparatoires aux grandes écoles, seulement 6 % des élèves sont issus de la classe ouvrière. »

L’amendement 113 sur l’instauration de quotas permettrait donc de renforcer « la mixité sociale ». « Il faut que les "élites" sociales d’un pays ressemblent au pays lui-même. Hélas ! Ce n’est pas le cas aujourd’hui pour la France », a protesté Jean-Luc Mélenchon, député France Insoumise (FI) des Bouches-du-Rhône.  

Permettre l’accès aux filières en tension

Les filières sélectives ne sont pas les seules concernées. Les députés ont également adopté un amendement sur les filières en tension. Les recteurs d’académie auront l’obligation de « prendre en compte le nombre de bacheliers boursiers (…) par rapport au nombre total de candidats, lorsque le nombre de candidatures excède les capacités d’accueil ». 

D’après Michel Larive, député FI, « ce pourcentage sera fixé en fonction du rapport entre le nombre des bacheliers boursiers candidats à l’accès à une formation et le nombre total de demandes d’inscription dans cette formation ».

Les autorités académiques devront également « fixer un pourcentage maximal de bacheliers résidant dans une académie autre que celle dans laquelle est situé l’établissement », dans les formations très demandées. « Ces deux modifications tendent à garantir la mixité sociale et géographique. La réussite ne doit pas dépendre du quartier d’origine », a expliqué Sylvie Charrière, députée La République En Marche (LREM).

Pour une plus grande ouverture d’esprit

Ce dernier amendement n’a pas convaincu les députés du Front national. L’un d’entre eux, Sébastien Chenu, a défendu « le principe de priorité nationale, c’est-à-dire que les étudiants français passent avant les étudiants étrangers ».

De son côté, la députée LR Constance Le Grip a plaidé en faveur de l’ouverture d’esprit. « L’accueil de bacheliers étrangers (..) est une richesse pour notre enseignement supérieur : c’est un signe d’ouverture, partant de rayonnement, de notre langue, de notre culture et de notre système de formation. »

Mardi 19 décembre, les députés voteront le texte complet du projet de loi, avant de le présenter au Sénat.