La bancassurance est de plus en plus ouverte à l'alternance. Chaque année, des milliers d'étudiants ayant opté pour un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation sont recrutés. Et ce, pour des missions très variées, nécessitant diverses qualités.

Avec près de 30 000 nouvelles embauches par an, dont plus de 18 000 jeunes diplômés, la bancassurance fait partie des premiers recruteurs français. Depuis une dizaine d'années désormais, l'objectif du secteur est de renouveler sa pyramide des âges, de plus en plus vieillissante. Environ 60 000 salariés de la banque devraient en effet prendre leur retraite dans les 5 ans. Pour pallier ces départs, les entreprises misent sur l'alternance. La preuve : en 2013, plus de 10 000 personnes travaillant dans un établissement bancaire étaient en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, selon la Fédération bancaire française (FBF), tandis que 4 000 étaient en poste en alternance dans le secteur de l'assurance.

Une augmentation progressive des qualifications

Avec leurs connaissances pratiques et théoriques, les étudiants qui optent pour une formation en alternance attirent de plus en plus les entreprises de la bancassurance. Voilà pourquoi leur nombre dans le secteur affiche une forte croissance. Cette dernière va de pair avec une augmentation des qualifications. On note ainsi une hausse de l'ordre de 10 % du nombre d'embauches des jeunes diplômés de niveau bac +4/5 dans les banques, entre 2002 et 2013.

Le Centre de formation de la profession bancaire (CFPB) fait état, de son côté, d'une augmentation de 11,6 % de l'effectif des apprentis poursuivant au-delà de la licence dans le réseau de ses 14 CFA Banque. Ces derniers forment à eux seuls la moitié des alternants de la profession, soit près de 4 000.

Un lien renforcé entre la banque et l'université

« Les diplômes universitaires de licences et de masters suscitent un réel engouement depuis cinq ans. Nous signons de plus en plus de partenariats avec les universités, car les métiers se complexifient et deviennent plus exigeants », analyse Catherine Jovenel, directrice de l'alternance et responsable des relations avec les universités au CFPB. Le centre de formation a ainsi monté une vingtaine de partenariats avec des universités pour le seul master Conseiller en clientèle professionnelle, un métier qui ne cesse de prendre de l'importance dans le secteur.

De son côté, Ijjou a opté pour un BTS Assistant de direction, puis une licence Gestion des ressources humaines en alternance chez BNP Paribas. Un parcours payant, puisqu'elle a finalement été embauchée comme assistante RH. « Il faut vraiment être acteur de sa formation, curieux au travail, communiquer avec les managers et le tuteur, s'adapter au mode de fonctionnement de l'équipe pour s'intégrer au mieux dans l'entreprise », conseille la jeune femme de 28 ans, désormais attachée commerciale au sein du même groupe.

L'assurance mise sur les BTS et les masters

Si les banques privilégient de plus en plus les formations universitaires de niveau bac +3, l'assurance n'est pas en reste. Le secteur compte ainsi dans ses rangs 4 000 alternants dont plus de 40 % préparent un diplôme de niveau bac +2, et plus particulièrement le BTS Assurance.

« Les BTS et les masters, notamment, correspondent bien à l'attente des entreprises », souligne Dominique Cauvin, directrice générale adjointe de l'Institut de formation de la profession de l'assurance (Ifpass) et directrice du CFA de l'assurance qui accueille 1 600 jeunes en contrat de professionnalisation ou d'apprentissage. « La crise économique n'a pas fait baisser le nombre d'alternants pris dans le secteur. Et pour cause : il y a un vrai et important besoin de recrutement, particulièrement de jeunes diplômés », constate pour sa part Sylvie Cieply, directrice adjointe de l'IUP Banque Finance Assurance de l'université de Caen-Basse-Normandie (UCBN).

L'assurance tend même à recruter de plus en plus de jeunes en alternance en raison de l'émergence de nouvelles professions. « Ces métiers touchent surtout à tout ce qui tourne autour du digital, avec pour finalité la communication ou la gestion. Les métiers statistiques, tels que la gestion de projet, créent également de nouvelles branches », explique Norbert Girard, secrétaire général de l'Observatoire de l'évolution des métiers de l'assurance. Les entreprises du secteur devraient donc faire de plus en plus appel à cette formule.

De l'alternance au recrutement

D'autant que ces jeunes, en contrat de professionnalisation ou en apprentissage, se voient confier diverses missions, extrêmement variées. Ce peut être, entre autres, au sein du réseau bancaire, comme chargé d'affaires patrimonial. « Certains occupent également des postes de directeur d'agence. Dans un premier temps en doublon, puis seuls aux manettes », précise Arnaud Gimenez, directeur des partenariats entreprises de l'ESC Pau. Quelques postes sont également proposés dans les fonctions support : RH, contrôle interne, marketing, contrôle de gestion...

Au final, l'alternance s'avère être un mode de recrutement important pour les banques comme pour les assurances. Sur 100 jeunes recrutés en CDI pour un premier emploi, près de 20 % le sont par le biais d'un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, affirme le Centre de formation de la profession bancaire. Et plus on monte en qualification, plus le taux de transformation en emploi durable est élevé.

Dernière mise à jour : 18 juin 2015