La Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et de l'Innovation, Frédérique Vidal, avait déjà abordé le sujet l'été dernier, rendant publiques les résultats d’un rapport sur l’état des lieux des diplômes de Bachelor.
 

C'est donc officiel : cette année marquera officiellement le passage au grade licence pour certains bachelors, bénéficiant déjà de la reconnaissance de l'Etat.
 

L'objectif ? Rendre plus lisible l'offre de formation d'une part en évitant la confusion entre les deux diplômes (licence et bachelor), légitimer davantage les formations méritantes, et faciliter la poursuite d'études en master pour les étudiants.
 

Attention cependant ; les Bachelor en question devront répondre à un ensemble de critères définis par des comités de référence dans les enseignements en question.
 

Un bachelor, c'est quoi ?
 

Un bachelor, à l'instar d'une licence, dure trois ans. Les deux diplômes peuvent permettre une poursuite d'étude vers un bac +5, mais il existe des différences notables entre les deux : 

  • La licence est délivrée par une université d’Etat (contre une école privée pour le bachelor)
  • Le Bachelor se veut "plus professionnalisant" et "plus tourné vers l’international" ;
  • La licence est déclinée dans un large spectre de filières et de spécialité, alors que le bachelor est plutôt réservé à des spécialités davantage techniques (marketing, ingénieur ...)

Si le bachelor se développe autant, c'est aussi parce qu'il répond aux besoins des entreprises en termes de recrutement de profils techniques, opérationnels à bac +3. Pour autant,

D'autant que même sans être intégré au système LMD - peu d'entre eux sont inscrits au Répertoire national des certifications professionnelles -, les bachelors offrent une insertion professionnelle rapide, ou la poursuite d'études dans une grande école.

En revanche, ce diplôme ne permet pas de poursuivre des études à l'université (en master par exemple).

Quelles seront les conditions d'octroi ?
 

La Ministre de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation Frédérique Vidal, a cependant nuancé cette nouvelle en rappelant que seul le respect de certains critères, et l'examen conjoint de comités professionnels, permettrait de déterminer la légitimité d'une formation de type "bachelor"à recevoir un grade licence.

Parmi ces critères, on retrouve la qualité académique de la formation en question ; l'adossement de la formation à la recherche (présence d'enseignants-chercheurs dans l'équipe pédagogique), une politique sociale forte (bourses d'études, développement de l’apprentissage...) et une formation qui s’inscrit dans une politique de site.

Diversité sociale, pratique pédagogiques favorables, mobilité internationale ; autant de critères qui seront également analysés.

Les écoles délivrant des diplômes reconnus par l'Etat, ou qui possèdent le statut d'Enseignement Supérieur Privé d'Intérêt Général (EESPIG), verront donc leurs bachelors visés par le grade de licence, sous réserve du respect des critères.

Ce grade de licence pourra être reconduit chaque année ; comme l'a précisé la ministre, "L’ensemble des établissements qui dispensent des diplômes reconnus par l’État seront réévalués de manière régulière ; le label «reconnu par l’État» n’était pas accordé à l’ensemble des bachelors, il en sera de même pour le grade de licence. Il y a un processus de vérification rigoureux, par des agences indépendantes qui en garantissent la qualité. "
 

Combien de bachelors pourraient obtenir ce grade dans les années à venir?
 

En France, environ 50 000 étudiants sont inscrits dans des Bachelors ; sur ces 50 000, 20 000 le sont dans des Bachelors reconnus par l'Etat ; ces derniers auront donc de grandes chance d'obtenir le grade de licence d'ici à la fin de l'année.
 

Qui est chargé de conférer le grade de licence aux Bachelors ?
 

La Ministre a missionné Jacques Biot (ancien président de Polytechnique) et Patrick Lévy (président de l’université Grenoble-Alpes) d'établir une charte qualitative qui permettrait de déterminer les critères d'attribution du grade licence aux Bachelors.

Les agences indépendantes chargées d'évaluer la conformité et le respect des critères des bachelors sont :
 

  • La Commission des Titres d’Ingénieur (CTI), laquelle évaluera les bachelors en ingénierie ;
     
  • La Commission d’Evaluation des Formations et Diplômes de Gestion (CEFDG) concernant les formations en management et en écoles de commerce, 
     
  • Les autres formations seront évaluées par le Haut Conseil de l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (HCERES).

    Pour ce faire, les instances se réfèreront au cahier des charges ainsi qu'à leurs critères d'évaluations propres et en rendront compte à l'Etat, lequel conservera le monopole de l'attribution des grades. 
     

Qu'est ce que cela va changer pour les étudiants ?
 

- Le fait de conférer à un bachelor une équivalence de licence va permettre aux étudiants d'envisager d'autres poursuites d'études, dans les universités, en master, en France ou à l'étranger. Le titre de Bachelor ne sera plus "limitant".

- Cela devrait provoquer une nouvelle dynamique d'attrait des étudiants pour les bachelors, ce qui devrait permettre à ces diplômes de se développer et notamment en alternance. Cela devrait encourager l'ouverture sociale.

- La reconnaissance de l'Etat via le grade de licence devrait encourager l'ouverture de nouveaux programmes bachelor, notamment dans les écoles d'ingénieurs, pour des formations plus spécialisées et plus professionnalisantes dans des filières de pointe.
 

Carole Drucker-Godard, présidente de la Commission d’Evaluation des Formations et Diplômes de gestion, a annoncé que l’arrêté portant le grade de licence est en cours de signature. 

Elle estime que le calendrier « va être compliqué », des grades de licence devant être donnés d’ici la fin de l’année.
« Sachant qu’aujourd’hui, 48 bachelors sont visés à niveau bac+3 et +4, je pense qu’environ 35 d’entre eux vont demander le grade », ajoute-t-elle, plaidant pour la conservation des visas et leur coexistence avec les grades.

Lors de la conclusion de cette journée d’échanges, Anne-Sophie Barthez, de la Direction Générale de Enseignement Supérieur et de l'Insertion Professionnelle, a confirmé que l’objectif est que, dès 2021, le grade de licence soit affiché clairement sur Parcoursup, pour les établissements concernés.*

Source : NewsTankHER