Plébiscitées par les entreprises, les études courtes mènent à des postes bien précis. Surtout, elles permettent de former des professionnels rapidement et proposent aux jeunes des cursus spécialisés et axés sur la pratique.

Bac+2 : des étudiants prêts à l'emploi Bac+2 : des étudiants prêts à l'emploi
Les études courtes proposent aux jeunes des cursus spécialisés et axés pratique.
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Etudes courtes et emploi

« Il existe une préférence sur le marché du travail pour les diplômes catégorisés comme professionnels. Les périodes de stages sont importantes pour l'insertion », analyse Julien Calmand, chargé d'études au Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq).

En 2014, 61,4 % des BTS ont un emploi sept mois après leur sortie, et la moitié des DUT trouvent leur premier poste en moins de deux mois. Cependant, ils sont soumis aux mêmes règles du marché que les autres. Comme pour les niveaux d'études plus élevés, l'insertion professionnelle est liée au secteur d'activité.

« Les jeunes actifs titulaires d'un BTS-DUT ou d'une licence professionnelle de la production occupent le plus souvent des emplois qualifiés et moins de 10 % d'entre eux sont au chômage », analyse l'INSEE dans une étude sur l'insertion des jeunes.

Des débouchés variables selon les filières

La communication et l'art

Par exemple, le BTS Design graphique reçoit des centaines de candidatures chaque année alors que les débouchés sont assez limités : "Les filières artistiques plaisent beaucoup aux nouvelles générations mais ce ne sont pas les plus sécurisantes au niveau de l'emploi », prévient Jean-Charles Etxeberri, professeur pour ce BTS.

Les études techniques

D'un autre côté, les études techniques ont moins la cote : « Il existe une désaffection par rapport aux études techniques, alors que les débouchés professionnels existent et que l'on peut aussi poursuivre ses études », explique Jean-René Severac, professeur en BTS Techniques et services en matériels agricoles (TSMA).

« 70 % de nos étudiants cherchent du travail à la sortie de la formation, il existe une bonne adéquation entre l'offre et la demande. Ce sont des études accessibles, car la demande n'est pas très forte », explique-t-il.

Même constat du côté du DUT Génie Industriel et Maintenance (GIM) de Toulouse Blagnac : « Malgré de bonnes opportunités à la sortie du DUT, on constate que l'enseignement technique n'attire pas beaucoup les étudiants », appuie Didier Costes, responsable de la Licence Professionnelle Maintenance des systèmes pluri-techniques & aéronautique de l'IUT de Blagnac.

Place à la technique

Les métiers de la production sont aujourd'hui plus favorables que ceux des services : procédés, qualité, informatique industrielle, construction, mécanique, électricité ou encore informatique recrutent après bac+2 dès la sortie de l'école.

Dans les secteurs de l'informatique et des réseaux, les jeunes diplômés de BTS ou DUT accèdent à des emplois qualifiés et peuvent intervenir dans le conseil. Mais il est plus fréquent pour un titulaire de DUT d'accéder au statut cadre que pour un jeune diplômé de BTS : « Ces deux diplômes débouchent le plus souvent sur des professions intermédiaires. Le salaire médian des DUT est de 1 500 € nets à trois ans après l'obtention du diplôme, contre 1 400 € nets pour les BTS. Dans tous les cas, ces formations résistent mieux aux effets de conjoncture que les jeunes sortant de l'université au même niveau de formation », explique Julien Calmand.

Se former pour mieux évoluer

Si les diplômés de BTS et de DUT trouvent facilement un emploi à la sortie, les postes obtenus sont moins élevés dans la hiérarchie que les diplômés à bac+5. Ils peuvent donc se trouver en concurrence avec des diplômés d'école de commerce ou d'ingénieur, et ont donc besoin d'acquérir des compétences en management et en gestion pour progresser dans l'entreprise. Les bac+2 ont donc tout intérêt à suivre des formations en interne afin d'obtenir plus de responsabilités.

L'évolution de carrière prendra plus ou moins de temps selon le milieu professionnel. La progression interne est, par exemple, plus facile dans le commercial que dans les domaines plus techniques comme la comptabilité, ou la production.

Dernière mise à jour : 15 janvier 2015