Du soin apporté à votre copie à la qualité des propos rédigés, en passant par le niveau d'orthographe et le nombre de pages rédigées, découvrez tous les éléments qui sont attendus par les correcteurs lors du baccalauréat.

Une copie propre et soignée

C'est une affaire de politesse : une copie se présente propre, sans ratures, sans trous, ni tâches. « Moins le candidat met des bâtons dans les roues au correcteur, plus il corrige avec bienveillance », admet Cédric Hounsou, professeur de sciences économiques et sociales.

De même, les élèves doivent veiller à aérer les différentes parties de leur copie afin de rendre la lecture plus lisible. Un avis confirmé par Christine Guimonnet, professeur d'histoire-géo : « Le correcteur n'hésitera pas à mettre une plus-value à la copie si elle est lisible et bien écrite. »

Enfin, il faut bannir tout signe distinctif susceptible d'invalider sa copie. La sobriété et l'élégance restent les meilleurs atouts.

Syntaxe et orthographe irréprochables

Après avoir été bien disposé en ouvrant une copie soigneusement présentée, le correcteur passe à la correction. Et il vaut mieux que l'expression soit impeccable. Pour ce faire, il faut traquer les fautes de grammaire, de conjugaison...  Car certains correcteurs n'hésitent pas à retirer jusqu'à quatre points s'ils jugent le nombre de fautes trop important. « Il est donc nécessaire de garder quelques minutes à la fin de l'épreuve pour relire calmement et tranquillement », conseille Stephanie Paix, professeur de français.

Si la syntaxe est importante, l'orthographe est, elle, prépondérante. Quantité d'élèves perdent en effet bêtement des points en mathématiques, en histoire-géographie, en sciences économiques... en raison d'une accumulation de grosses et petites fautes d'orthographe. Dans les matières littéraires comme la littérature, les professeurs sont même d'autant plus exigeants« La maîtrise de l'orthographe et de l'expression française sont indispensables », commente Hélène Solnica, également professeur de français. Là encore, cette faiblesse est facile à corriger en prenant le temps de relire.

Rédiger plus d'une page

L'épreuve du baccalauréat conclut plus de douze ans de scolarité. Les correcteurs n'attendent pas un roman de la part du candidat mais se contenter d'une seule page n'est pas suffisant. « Les élèves doivent savoir ordonner leurs propos, montrer qu'ils maîtrisent des connaissances », estime Christine Guimonnet. Une copie double - quatre pages -, est donc souvent nécessaire pour apporter une bonne réflexion agrémentée d'exemples et d'explications. 

Développer ses connaissances

Lors du bac, les élèves sont testés sur leur raisonnement, leur réflexion, mais également sur leurs connaissances. Par conséquent, il faut veiller à placer le maximum de données apprises en cours. Les noms complets des personnages historiques, les dates précises, les schémas, voire même des citations : tout est bon à prendre et peut faire gagner des points.

Pour Hélène Solnica, ces éléments font même partie intégrante de la note : « Il faut connaître son cours, les notions-clés mais aussi des citations d'oeuvres étudiées pendant l'année. »

Néanmoins, selon les matières, les correcteurs n'attendent pas forcément du par coeur de la part des candidats « Des connaissances supplémentaires sont souvent valorisées dans une copie », affirme la professeure d'histoire-géo. Même constat pour les sciences économiques et sociales : « Suivre l'actualité est un plus, les élèves doivent aussi montrer qu'ils sont attentifs au monde qui les entoure. »

Utiliser les documents fournis

Attention : ce n'est pas parce qu'un élève place toutes ses connaissances dans sa copie qu'il aura forcément le maximum de points accordés. « Il faut également utiliser les documents fournis et les mettre à contribution, via des citations utilisées à bon escient, par exemple », explique David Noléon, professeur d'histoire-géographie.

Ces documents sont là pour aiguiller les candidats : montrer au correcteur qu'ils sont bien compris, en les utilisant correctement sans en abuser. « Je conseille souvent aux élèves de ne pas lire les documents immédiatement, ils doivent d'abord se baser sur leurs connaissances, les documents leur servent à étayer leurs idées », prévient Cédric Hounsou.

Analyser la problématique

Que ce soit en philosophie, en histoire, en français, ou en économie, on cherche à sonder la capacité du candidat à raisonner et à se poser des questions en lien avec le sujet. Il est donc nécessaire de répondre à cette problématique en mobilisant certes ses connaissances, mais aussi son esprit d'analyse et de synthèse« Il faut sans arrêt revenir à la question posée, cela permet de gagner du temps et d'être sûr de ne rien oublier », recommande Hélène Solnica.

Le professeur de sciences économiques et sociales va même encore plus loin : « On veut qu'ils argumentent, qu'ils soient capables de faire des démonstrations et d'établir un raisonnement à partir de la question. » Il ne suffit donc pas seulement d'y répondre, il faut aussi comprendre toute la problématique. Cette capacité de raisonnement est également encouragée en langues étrangères. Pour Jean-Luc Breton, professeur d'anglais, « la note passe par la capacité à passer à la réflexion ».

Proposer un développement complet

Néanmoins, l'argument ne suffit pas : encore faut-il le développer. Un paragraphe se compose ainsi d'un argument - l'idée principale - développé sur plusieurs phrases et suivi par un exemple. Car il faut prouver toutes les idées avancées.

« Les paragraphes sont tous les mêmes : une affirmation, une explication et une illustration », poursuit Cédric Hounsou. Une méthode qui permet de montrer ses capacités de rédaction sans pour autant se perdre dans des détails inutiles.

Pour savoir si le raisonnement est clair, il ne faut pas hésiter à utiliser des mots de liaison : en effet, d'ailleurs, cependant, néamoins, de plus, en outre... Cela rendra le discours encore plus logique et incontestable.

Se démarquer

Dernière recommandation : ne pas avoir peur d'être original. Tout en faisant attention à ne pas faire de hors-sujet, les candidats qui parviennent à sortir du lot sont souvent récompensés. « Il ne faut pas hésiter à avoir des idées personnelles pour se démarquer. Après avoir corrigé cinquante copies identiques, le correcteur est content de lire quelque chose de différent », souligne le professeur d'anglais.