L'alternance prend de plus en plus d'importance pour les diplômes de niveau bac+3. De la licence au bachelor, la palette des formations s'étoffe. Les jeunes sont ainsi un peu plus nombreux chaque année à opter pour ce type de cursus, et les entreprises jouent de mieux en mieux le jeu.

L'université a été la première à miser sur l'alternance à bac+3. Depuis, elle a été rejointe par les écoles de commerce, d'ingénieurs ou spécialisées. Désormais, tous ces établissements ne cessent de développer cette formule, qui attire de plus en plus les étudiants.

Quant aux profils des intéressés, ils sont aussi divers et variés que les formations proposées. Ils se retrouvent cependant sur plusieurs points : ne pas s'engager dans des études trop longues, décrocher un diplôme reconnu, acquérir une expérience professionnelle et être embauchés rapidement. 

De multiples possibilités

Première option possible : l'université. Son point fort : la licence professionnelle, qui dure un an et est ouverte aux diplômés de bac+2. Elle  propose un peu plus de 2 000 spécialités, que ce soit dans le domaine du commerce, de la banque, de la gestion des ressources humaines, des transports, de l'immobilier… « La licence professionnelle a été mise en place pour répondre à un besoin identifié sur le territoire en profils commerciaux et chargés de clientèle ayant des compétences pointues », explique Olivier Gébelin, agent général d'assurances, qui intervient dans le cadre de la licence professionnelle Chargé de clientèle en assurances, à l'université de Nîmes.

Si la vocation de ces licences professionnelles est l'insertion immédiate, les passerelles existent, et la poursuite d'études est envisagée par un nombre croissant d'étudiants. « Je souhaitais initialement me lancer sur le marché du travail après ma licence professionnelle. Mais, tout au long de l'année, j'ai cumulé les bonnes notes tout en me faisant plaisir, ce qui m'a finalement conduit à poursuivre mes études en école d'ingénieurs », explique Thomas, qui a ensuite intégré une école d’ingénieurs spécialisée dans l’informatique.

La bonne cote de la licence pro

La licence professionnelle en alternance bénéficie d'une excellente aura. « À ce niveau de formation, l'apprentissage bénéficie d'une bonne image auprès des recruteurs. Ils signent des deux mains des partenariats avec les universités », constate Antoine Di Sano, directeur de l'IUT Henri-Poincaré, à Longwy.
Ainsi, un nombre croissant d'étudiants opte pour la licence professionnelle en alternance.

C'est le cas de Marc : « Après un BTS Assistant de gestion, j’ai souhaité rentrer dans le vif du sujet, mais je ne pensais pas qu'il s'agissait d'une filière sélective. Il est nécessaire de fournir un bon dossier pour être accepté… Fort heureusement, ça a été mon cas et j'ai immédiatement été impliqué dans la vie de l'entreprise. Cela m'a permis de ne pas être déboussolé lorsque j'ai décroché mon premier emploi », explique-t-il aujourd’hui. De son côté, Marie met en avant la « cote de popularité des étudiants en licence professionnelle auprès des entreprises. Preuve en est : je n'ai quasiment pas cherché d'entreprise d'accueil et, dans ma promotion, quasiment tout le monde a été recruté à l'issue de la formation ! »

Le bachelor, l'autre solution

De son côté, Christopher a décidé de s’orienter vers un bachelor en apprentissage dans le management. « Issu de la filière classique, j’aurais pu poursuivre dans cette voie. Mais, en bifurquant vers l’apprentissage, je vais bénéficier de deux ans d'expérience, à la fois dans un bureau et sur le terrain. De cette manière, j’ai déjà beaucoup appris et j'apprends bien plus rapidement que les étudiants ayant opté pour une formation initiale », se félicite-t-il.

Une position confirmée par Guy Gascoin, le directeur de l'École atlantique de commerce (EAC), qui est rattachée au groupe Audencia. « De plus en plus d'étudiants optent pour un bachelor plutôt qu'une classe préparatoire. Derrière cette orientation se cache la volonté d'obtenir rapidement un diplôme où l'expérience de terrain s'équilibre avec les enseignements théoriques. Les étudiants sont en quête de sens, et ce type de diplôme permet une mise en pratique rapide des enseignements, notamment par les nombreux stages qui émaillent la formation ou l’alternance », souligne le directeur de l’école.

« Les familles trouvent que ce diplôme est sécurisant, expose Géry Flament, ancien directeur des études du programme bachelor du groupe Toulouse Business School Balma. La dualité entre l'apport théorique et la mise en pratique est un élément très important. Puis, le succès des bachelors tient aussi au fait que la plupart sont adossés à des écoles qui sont reconnues en France comme à l'étranger. » Conséquence : les bachelors en alternance ont tendance à se multiplier depuis quelques années.

Des profils adaptés aux besoins des recruteurs

S'il y a encore une décennie, voire un peu moins, la plupart de chefs d'entreprise n'étaient pas en mesure de faire la différence entre un BTS et une licence, et encore moins avec un diplôme bachelor, aujourd'hui ce n'est généralement plus le cas. Au fait des réformes, ils sont désormais nombreux à affirmer que les bac+3 en alternance répondent très bien à leurs attentes.

« Ils se révèlent effectivement particulièrement adaptés à nos besoins, car le contenu de la formation est régulièrement évalué et modifié si nécessaire. Nous avons en effet notre mot à dire. Il s'agit d'une véritable collaboration entre les branches professionnelles, les écoles comme les universités » souligne ainsi Pierre Petit, DRH dans une société de transport auvergnate.

Autre aspect, qui fait l'unanimité : les titulaires d’une licence professionnelle comme d'un bachelor sont immédiatement opérationnels. « C'est l'une des grandes forces de l'alternance à bac+3 : les étudiants alternants sortant aussi bien de licence professionnelle que de bachelor sont tout de suite prêts à travailler », ajoute Pierre Petit. Les grands groupes ne s'y sont pas trompés, et ils font largement appel à ces diplômés. Les PME et les PMI offrent elles aussi de réelles opportunités, car ce sont ces sociétés qui embauchent le plus dans l'Hexagone !