Le bac+3 est une étape permettant d'intégrer le marché du travail. Rien n'empêche pour autant de poursuivre ses études après une Licence ou un Bachelor, afin d'affiner encore plus son cursus en fonction de son projet professionnel.

De plus en plus appréciés des recruteurs, les jeunes diplômés de niveau bac+3 optent pourtant toujours autant pour la poursuite d'études. Ces profils peuvent en effet connaître sur le marché du travail une évolution professionnelle plus lente que les bac+4/5, et perçoivent un salaire net médian de 1 450 euros, contre 1 760 euros après des "études longues", selon l'enquête "Formations et emploi" de l'Insee, en date de novembre 2011. Poursuivre ses études, c'est donc élargir le champ des possibilités pour ces jeunes diplômés.

Master : la suite logique de la licence

D'autant qu'en la matière, l'université a choisi de différencier ses formations à visée professionnelle de celles menant à la poursuite d'études. Comme son nom l'indique, la licence professionnelle prépare directement à un métier. Ainsi, parmi ceux qui choisissent cette voie, peu décident de continuer les études au-delà.

"Les titulaires d'une licence professionnelle poursuivent rarement leurs études, et ceux qui le font ont un projet professionnel clairement défini", explique Françoise Lambert, vice-présidente de l'Université de Poitiers. On retrouve ainsi la plupart de ces profils "atypiques" en Master 1, mais également dans les écoles de commerce, les écoles d'ingénieurs ou encore les écoles spécialisées : journalisme, préparation au concours d'avocat, écoles d'infirmières...

De leur côté, les titulaires de licences générales choisissent, pour la plupart, une poursuite d'études, notamment en Master, à hauteur de 67 %, selon les derniers chiffres nationaux. "A Poitiers, c'est le cas de 85 % d'entre eux même, un an après l'obtention de leur diplôme", précise Françoise Lambert. La vice-présidente confie également que cela concerne particulièrement les étudiants d'AES (Administration Economie et Sociale), Droit, Sciences, Economie et Mathématiques.

Ecoles : de nombreuses passerelles

Bachelor en poche, les étudiants choisissent aussi de plus en plus de poursuivre par un bac+5. Surtout que pour tous ces diplômes, les possibilités de passerelles sont nombreuses. Les écoles de commerce mettent également souvent en place des concours dédiés à ces profils, dans toutes les filières.

Avantage de cette stratégie : obtenir un diplôme de niveau Master qui permettra ensuite aux jeunes diplômés de postuler à des postes à plus hautes responsabilités. Néanmoins, les élèves issus de Bachelor et poursuivant en Master d'école de commerce peuvent avoir tendance à "s'ennuyer", car ils retrouveront dans leurs cours de nombreux points abordés au cours de leur cursus précédent.

Une autre possibilité consiste à tenter de présenter son dossier en vue d'intégrer un Master of Sciences (MSc) à l'étranger. Par ailleurs, les écoles d'ingénieurs recrutent parfois ces jeunes diplômés, en fonction de la filière suivie et à condition de réussir les entretiens.

L'université est une autre voie possible, mais que peu d'étudiants choisissent. "Ils sont peu nombreux à intégrer les universités françaises, préférant continuer dans ce type d'établissements à l'étranger", constate ainsi Yannick Kiefer, chargé des relations extérieures pour le programme Bachelor en Management de l'ESC Toulouse. Ainsi, pour son établissement, ils sont ainsi moins de 10 par an à intégrer une université française, dans le cadre d'un IAE (Instituts d'administration des entreprises).

La possible formule gagnante de l'alternance

Une autre façon de poursuivre ses études est celle de l'alternance. Lisa, titulaire d'un Bachelor en Management International, a ainsi pu poursuivre ses études en école de commerce grâce à cette formule. Titulaire d'un bac+3, elle a directement intégré la deuxième année du master. Pendant deux ans, l'entreprise qui l'a accueillie en stage de fin d'études a financé sa formation et l'a rémunérée.

L'entreprise conserve ainsi un bon élément, qui connaît son fonctionnement et ses attentes pour y avoir été formé pendant cinq mois. Du côté de Lisa, c'est l'opportunité de poursuivre ses études et de garder son indépendance, tout en acquérant une solide expérience professionnelle. "J'y gagne sur tous les tableaux : financier, en termes de formation, d'expérience professionnelle. Tous ceux que je connais qui ont fait ce choix en font la promotion", explique-t-elle.

Ecoles spécialisées : vers les postes de cadres

Les titulaires de diplômes d'Etat dans les métiers du social ont également la possibilité de se spécialiser dans le domaine qu'ils ont étudié, afin d'accéder à des postes présentant plus de responsabilités.

D'autres filières comme le BTP, le journalisme, la communication - dont les formations peuvent être suivies en écoles, IUT ou universités - offrent aussi la possibilité de se spécialiser après un bac+3 en Master pro ou en écoles reconnues pour les journalistes, en écoles d'ingénieur pour le BTP... Ces poursuites d'études exigent le plus souvent la réussite aux concours d'entrée, souvent très sélectifs, et ouvrent les portes de postes de cadres.

Par ailleurs, les écoles assurent souvent un suivi important de leurs élèves, et leur permettent de bénéficier d'un réseau riche et très proche des entreprises, garantissant une insertion professionnelle rapide.