Au total, 375 millions d’employés devront se reconvertir. Les Japonais seront les plus impactés par cette transition.

Les nouvelles technologies envahissent notre quotidien depuis plusieurs années maintenant. Mais avec la montée de l’automatisation, de la robotisation et de l’intelligence artificielle, près de 800 millions d’emplois risquent d’être supprimés d’ici 2030, à travers le monde

C’est le bilan qu’a dressé le cabinet américain McKinsey & Co, dans un rapport publié mercredi 28 novembre. L’entreprise a analysé les rapports entre le PIB, le salaire médian, la démographie et la structure de travail de 46 pays. 

46 % des employés japonais concernés

Selon l’étude, l’automatisation va bouleverser en premier lieu les pays développés, car le coût du travail y est plus élevé. Au total, 375 millions d’employés, soit 14 % de la population active, devront changer de profession. 

Ce sera notamment le cas au Japon, où près de la moitié des employés seront concernés. Mais aussi en l’Allemagne (33 %) et aux Etats-Unis (32 %). D’après Eric Hazan, directeur associé de McKinsey, « 15 % des tâches composant les emplois seront automatisées dans les 15 prochaines années ».  Cela correspond à un quart des heures travaillées en Allemagne ou aux Etats-Unis.

Plus d’un Chinois sur dix sera aussi concerné par la reconversion professionnelle. Ce qui équivaut à 100 millions d’employés. Le Mexique et l’Inde perdront également 10 % de leur main d’œuvre.

Les employés peu qualifiés les plus touchés

« Dans certains métiers comme ceux d’opérateurs de production, 80 à 90 % du temps de travail est théoriquement automatisable et les emplois concernés risquent d’être détruits », détaille Eric Hazan. En effet, l’étude prévoit que l’industrie manufacturière sera la première concernée. Tout comme les travailleurs de fast-food et les employés administratifs.

Néanmoins, les plus affectés ne seront pas forcément les jeunes, comme c’était le cas il y a plusieurs décennies. D’ici 2030, la reconversion concernera davantage les travailleurs en milieu de carrière, les quadragénaires et les moins qualifiés. 

280 millions d’emplois créés

Mais si le secteur industriel va connaître une baisse de ses emplois, d’autres, notamment ceux du tertiaire, vont bénéficier du vieillissement de la population et de l’augmentation du nombre d’enfants dans le monde. 

Parmi ces professions, on retrouve les enseignants, les médecins et également les ingénieurs. Ces métiers seront particulièrement prisés en Chine, en Allemagne et en Inde, où la population active pourrait même augmenter de 30 %.

Au total, l’étude prévoit la création de 280 millions d’emplois, dont la plupart (85 millions) seront liés aux métiers de la santé. Entre 50 et 90 millions seront consacrés aux enfants. Les métiers en lien avec les nouvelles technologies et l’environnement sont aussi concernés. Sans oublier les métiers que l’on ne connaît pas encore. Ils viseraient 8 à 9 % de la demande de main d’œuvre.

Les défis de demain

L’étude prend aussi un rôle de mise en garde : les pays doivent prendre en compte ces évolutions dès maintenant en construisant des infrastructures de formation, afin d’éviter l’augmentation du chômage. Car les employés vont donc devoir acquérir de nouveaux savoirs pour s’adapter à cette demande. A terme, la flexibilité et la polyvalence seront plus récompensées que l’expérience professionnelle.