Le conseil et l'audit ne connaissent pas la crise économique. Ce secteur d'activité continue de recruter des jeunes diplômés, pour des postes relativement variés et à des salaires très souvent élevés.

Crise ou pas, le secteur de l'audit demeure porteur. La preuve par les chiffres : selon l'enquête 2014 de la CGE sur l'insertion des diplômés des grandes écoles, les bureaux d'études et les sociétés de conseil recrutent un diplômé d'école d'ingénieurs sur six (soit 17,3 % d'entre eux).

Ils occupent ainsi la première place loin devant l'industrie du transport, la construction ou l'énergie, qui recrutent entre 1 et 3 % de ces diplômés. Ce secteur représente également un emploi sur dix chez les diplômés d'écoles de commerce.

« Il y a toujours beaucoup de recrutements chaque année, dans le secteur de l'audit. Certes la conjoncture fait que cela s'est quelque peu stabilisé. Mais le secteur reste porteur en matière de recrutement : les entreprises ont l'obligation de procéder à des audits, et un turnover assez conséquent crée des passerelles », explique Romain Werlen, directeur senior chez Page Personnel, division comptabilité et finance.

Des milliers de CV reçus chaque année

Autres chiffres particulièrement intéressants : 60 000 curriculum vitae sont envoyés chaque année chez Deloitte. Ce chiffre s'élève à 50 000 chez KPMG, 45 000 chez EY, 30 000 chez PwC de même que chez Roland Berger. Les jeunes diplômés ont donc conscience que le secteur de l'audit recrute, mais comment faire la différence ?

« Nous faisons attention aux diplômes, mais également aux stages effectués. Nous apprécions ainsi quand ils ont été réalisés dans la finance ou l'audit », confie Laetitia Aubert, responsable recrutement et communication digitale marque chez Deloitte.

Un point de vue partagé par Romain Werlen : « Le stage permet de faire la différence, et permettra à un étudiant d'être plus facilement retenu. L'embauche se joue ainsi un ou deux ans avant l'obtention du diplôme, avec le choix des stages. Il faut également savoir dire pourquoi on a choisi tel ou tel cabinet, et montrer qu'on souhaite rester un certain temps », détaille-t-il.

Des profils spécifiques mais variés

Les cabinets d'audit, grands ou petits, sont également intéressés par des profils relativement spécifiques. « Cela dépend de la taille du cabinet. Pour les plus grands, ce sont plutôt des profils issus d'écoles de commerce. Pour les plus petits, il y a une part de plus en plus importante de profils comptables : BTS comptabilité-gestion, DCG, DSCG, DEG... On sera alors plus sur de l'expertise comptable que sur de l'audit, explique Laetitia Aubert. Mais il faut signaler que l'audit se dit de plus en plus ouvert à l'université, et affiche une volonté de diversifier ses sources de recrutement », conclut-elle.

Au niveau de l'audit, Deloitte recrute ainsi 60 % de jeunes diplômés issus d'écoles de commerce, 20 % d'écoles d'ingénieurs et 20 % d'universités.

Enfin, le salaire dans le secteur de l'audit se veut relativement élevé, et ce pour ‘fidéliser' les salariés. Un étudiant en stage percevra par exemple une rémunération comprise entre 1 300 et 1 700 euros, tandis qu'un jeune diplômé pourra toucher entre 2 600 et 3 500 euros bruts en début de carrière. De quoi en motiver plus d'un à se lancer dans ce secteur des plus porteurs.

Dernière mise à jour : 27 août 2015