Faire de longues études mène généralement vers un emploi plus qualifiant, avec plus responsabilités et un meilleur salaire. Les docteurs n’échappent pas à la règle, mais doivent faire face, juste après le diplôme, avec des difficultés d’insertion.

Avoir un bac+8 est-il synonyme de sécurité de l’emploi ? Oui, mais il faut être patient. En effet, si le taux de chômage est très faible chez les docteurs, ceux-ci attendent souvent plusieurs années avant de connaître une situation stable.

Peu de chômage 5 ans après le diplôme

En France, 200 000 personnes de 25 à 64 ans sont titulaires d’un doctorat, selon une note du ministère. Une majorité d’entre eux exercent dans le domaine de la santé. Parmi les 25-64 ans, 1,1 % de la population est titulaire d’un doctorat dans la santé, et 0,7 % d’un doctorat dans un autre domaine.

Cinq ans après l’obtention de leur diplôme, ils jouissent de la meilleure situation : 5 % de chômage seulement chez les docteurs hors santé (2 % pour les docteurs en santé). C’est mieux que les diplômés de master (6,5 %) ou d’écoles de commerce (7 %). Le chômage continue de baisser par la suite, puisqu’il ne concerne que 4 % des docteurs diplômés depuis 10 ans. 

Les docteurs finissent cadres avec un bon salaire… 

La situation des docteurs est aussi plutôt bonne : le salaire net mensuel médian d’un salarié à temps complet est de 3 000 €, dont 3 630 € pour ceux exerçant dans la santé. Si ce niveau de vie est largement supérieur aux Français en général (1 780 €) ou à ceux diplômés de master (2 400 €), les élèves issus d’écoles de commerce (3 290 €) ou d’ingénieurs (3 200 €) ont une meilleure situation.

Enfin, les études longues des docteurs leur permettent aussi de se voir confier plus de responsabilités : 81 % sont cadres. C’est équivalent aux ingénieurs (83 %), mais supérieur aux diplômés d’écoles de commerce (68 %), ou de master (60 % pour un master pro, 61 % pour un master recherche).

… mais l’insertion est longue

Toutefois, le chemin est parfois long pour arriver à cette stabilité. Les docteurs diplômés depuis moins de cinq ans subissent un taux de chômage de 14 %, équivalent à celui des masters (13 %), mais bien supérieur que les ingénieurs (8 %) et les diplômés d’écoles de commerce (9 %). Par ailleurs, le CDI n’est pas toujours une norme après un doctorat. Dans ce domaine, les professionnels planchent très souvent sur un projet ou un travail de recherche. Dans le public, les CDD peuvent durer jusqu’à 6 ans (18 mois dans le privé).

Profil type d’un docteur : un homme, enfant de cadres

Au-delà de l’employabilité, la note du ministère pointe certaines inégalités dans le profil des doctorants. D’une part, une majorité des étudiants parvenant à bac+8 sont des hommes (59 %). De plus, plus de la moitié d’entre eux (53 %) sont des enfants d’enseignants ou de cadre, soit beaucoup plus que l’ensemble de la population (17 %). A l’inverse, 39 % des Français de 25 à 64 ans sont des enfants d’ouvriers contre 11 % seulement des docteurs.