Le gouvernement a sécurisé la pratique du tirage au sort à l’université. 

Le tirage au sort à l’entrée de l’université est désormais sécurisé. Dans une circulaire publiée le 17 avril au bulletin officiel, le gouvernement a entériné la pratique, qui ne sera toutefois possible qu’en cas de dernier recours. 

Une pratique jusque-là illégale

Ce changement concerne les bacheliers souhaitant s’inscrire en Paces (première année commune aux études de santé) ou dans les filières en tension : Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), psychologie et droit. Grâce à ce texte, le tirage au sort sera désormais possible si tous les autres recours de sélection ont été utilisés. Les candidats sont d'abord choisis en fonction de leur académie (sont prioritaires les bacheliers de la même académie que l’université) et du classement de la formation dans leurs vœux sur APB.

Dans les faits, alors que 30 000 étudiants de plus sont accueillis chaque année, les universités ne peuvent pas accueillir tout le monde dans les formations les plus demandées, dites « en tension », et procèdent à un tirage au sort. Dénoncé depuis plusieurs mois par l’association Droits des lycéens, le tirage au sort s’est mis l’immense majorité des acteurs de l’enseignement supérieur à dos, syndicats étudiants comme présidents d’universités.

La circulaire publiée hier par le gouvernement devrait permettre de sécuriser juridiquement la pratique, plusieurs fois jugée illégale suite à des plaintes d’étudiants recalés. Elle est d'autant plus surprenante qu'elle va à l'encontre de récentes déclaration de Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur et à la recheche, qui souhaitait « faire disparaître le tirage au sort à l'université ».

« Abandon du droit à l’égalité »

Du côté de l’Unef, c’est une mauvaise nouvelle. « C’est un joli cadeau de fin de quinquennat. Autoriser le tirage au sort, c’est un premier pas vers la sélection à l’université, alors que l’urgence est de lui donner des moyens financiers d’accueillir tous les bacheliers, et de développer des cursus plus progressifs afin d’éviter ces engorgements et de lutter contre l’échec », a réagi Lilâ le Bas, présidente de l’Unef, auprès du Monde. Dans un communiqué, plusieurs associations membres de la Fage dénoncent « un abandon pur et simple de l’engagement du ministère pour le droit à l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur ».

Si l’éducation et l’enseignement supérieur n’ont pas été au cœur du débat à l’élection présidentielle, le problème de la sélection à l’université fait partie des programmes des deux candidats qualifiés au second tour. Ils y sont tous deux favorables. Emmanuel Macron sous la forme de l’instauration de prérequis, et Marine Le Pen souhaite mettre en place une « sélection au mérite ».