Largement encouragée par les pouvoirs publics et plébiscitée par ceux qui en ont bénéficié, l’alternance constitue un excellent moyen d'être recruté. Conséquence : les entreprises ont tendance à renforcer leurs critères de sélection, qui sont de plus en plus proches de ceux utilisés pour l'embauche d'un salarié !

De plus en plus, l'alternance fait partie intégrante des politiques de recrutement. En effet, alors que le gouvernement entend de plus en plus miser sur ce dispositif pour endiguer le chômage très élevé des jeunes, un nombre croissant de sociétés y ont recours.  À tel point que l'alternance est en passe de devenir une voie royale pour intégrer des jeunes diplômés parfaitement formés à l'entreprise et disposant d’une expérience concrète.

« L’alternance est devenue un vrai recrutement, et pas seulement un prérecrutement, car l’engagement de l’entreprise n’est pas neutre. De plus, cela répond aux mêmes codes qu’une véritable embauche, que ce soit au niveau des missions, des responsabilités, du droit du travail… », souligne Dominique Lemaire, directeur national du réseau Ifag.

La très bonne insertion des étudiants en alternance

Les chiffres confirment cette tendance de fond qui commence à s’inscrire dans la durée : une grande majorité des contrats en alternance se transforment à leur terme en CDI.

En associant théorie de l'école à expérience du terrain, l'alternant dispose en effet d'un ratio savoir-faire/savoir-être très recherché. De cette manière, il complète sa formation, appréhende le métier, se fait une réelle opinion de la culture de l'entreprise et vérifie son adéquation à celle-ci ! « L’alternance conduit à une bonne insertion, car cette formule est bonne pour tout le monde », confirme Dominique Lemaire.

Ces profils, qui allient qualification et grande motivation, séduisent de plus en plus de responsables des ressources humaines. Alors que le marché de l'emploi est difficile aujourd'hui, l'alternance connaît un certain essor.

Les banques misent sur l'alternance

Les banques se sont ainsi tournées vers l'embauche d'étudiants en alternance, avec un objectif clair et précis : pérenniser la collaboration professionnelle. Près de 10 000 apprentis ont ainsi été recensés en 2013, soit 3 % des effectifs selon la Fédération bancaire française (FBF). Surtout, plus de 80 % des contrats en alternance dans le secteur ont débouché sur un contrat à durée indéterminée, selon les chiffres publiés par le site des CFA Banques. « La quasi-totalité des établissements bancaires ont une politique de recrutement en matière d'alternance : leur projet est d'embaucher l'étudiant à l'issue de son contrat », explique Denis Mathieu, ancien directeur général du groupe des écoles IFC (Institut pour la formation et le conseil).

De son côté, Nathalie Rauhoff, responsable du recrutement du groupe Amundi Asset Management, met en avant le fait que « les alternants prennent entièrement part à la vie de l'entreprise. De vraies missions leur sont confiées, de façon à ce qu'ils puissent conforter ou non leur choix de carrière, développer leur employabilité et être prêts à intégrer le marché de l'emploi une fois leur contrat terminé. L'alternance représente ainsi une véritable étape pour identifier nos futurs collaborateurs ».

Une procédure de recrutement digne de celle d'un salarié

Le secteur bancaire est bien loin d'être un cas isolé. Il est également possible de citer, par exemple, la grande distribution, le BTP, l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, les métiers de bouche, ou encore l'énergie. « Quelle que soit leur activité, les apprentis se voient confier des missions comportant de nombreuses responsabilités », explique un directeur de CFA. « Mais c'est tout à fait normal : il ne faut pas oublier que l'apprenti est en quelque sorte un salarié que l'entreprise envoie en formation à l'école. C'est pour cette raison d'ailleurs qu'ils sont bien formés à la culture de l'entreprise, et sont opérationnels immédiatement », complète le responsable. Il ajoute que « les apprentis sont préparés à cela : en leur expliquant comment va se passer le processus de recrutement, en les aidant à travailler leur CV et les entretiens ».

Car le processus de recrutement d'un apprenti s'apparente de plus en plus à celui d'un salarié. La procédure n'a d’ores et déjà plus rien à envier à celle d'un véritable emploi. « Nos apprentis passent de plus en plus souvent par une phase de recrutement digne de celle d'un salarié », confirme la responsable relations entreprises et apprentissage d’une école de commerce et de management.

De plus en plus de précautions pour un bon recrutement

Conséquence de cette tendance : les sociétés se montrent de plus en plus strictes concernant le recrutement d’étudiants en alternance. « Pour recruter des apprentis, les entreprises sont de plus en plus e xigeantes sur l’expérience, les compétences, ou la maîtrise des langues des candidats », confirme Sophie Ferran, chargée des relations entreprises au CFA SUP 2000, qui rassemble 3 300 apprentis de l’enseignement supérieur en Île-de-France.

En effet, que ce soit pour un CDI, un CDD ou un contrat en alternance, les employeurs prennent de plus en plus de précautions, afin de recruter les profils les plus intéressants.