Conjuguer expérience en entreprise et découverte d'une culture étrangère : tel est l'objectif de l'alternance à l'international. Malgré quelques freins à son développement, cette formule séduit de plus en plus d'étudiants à la recherche de nouveaux horizons et de nouveaux défis professionnels.

Semestre académique, stage... Depuis quelques années, les dispositifs se succèdent afin de permettre aux jeunes en alternance de partir à l'étranger. Aujourd'hui, ils continuent de se développer et séduisent un nombre croissant d'élèves et d'étudiants français.

Le premier et le plus connu d'entre eux est le programme Léonardo da Vinci, qui fait partie du dispositif européen « Éducation et formation tout au long de la vie" (EFTLV). Il offre aux collégiens et surtout aux élèves des lycées professionnels la possibilité d'effectuer des stages dans une entreprise d'un autre État membre de l'Union européenne.

Améliorer ses compétences professionnelles

Un stagiaire choisissant ce dispositif peut ainsi évoluer dans une entreprise étrangère ayant signé une convention avec l'établissement scolaire durant sa période de mobilité. Celle-ci est comprise entre 2 et 39 semaines, permettant aux bénéficiaires du programme d'améliorer leurs compétences professionnelles, de perfectionner une langue étrangère ou de s'imprégner d'une nouvelle culture.

Une immersion intéressante dans un contexte professionnel différent. Et, le plus souvent, ce stage sera reconnu comme une partie intégrante du cursus de formation. Mais la difficulté est de trouver une entreprise acceptant que vous fassiez des allers-retours en permanence entre votre lieu de travail et votre lieu de formation...

Variante du programme Leonardo, le programme « Sesame » (stages européens en alternance dans les métiers) est, lui, piloté par les chambres des métiers et de l'artisanat. Les centres de formation des apprentis parrainent ainsi le projet de leurs élèves pour leur permettre de séjourner, pour une durée comprise entre 6 à 12 mois, dans un pays de l'Union européenne. Ils y découvrent une nouvelle culture, mais surtout de nouveaux savoir-faire ainsi que des pratiques professionnelles nouvelles.

Enseignement supérieur : des efforts restent à faire

Mais partir à l'étranger lorsque l'on suit une formation en alternance dans l'enseignement supérieur s'avère compliqué. Pour des raisons de fiscalité notamment, l'alternance en entreprise - à proprement parler - n'est possible qu'en signant une convention avec une société fiscalement domiciliée en France... Ceci s'explique par le fait que l'apprentissage est financé par les fonds de la formation professionnelle que les sociétés alimentent en payant leurs taxes en France.

Pour contourner ces difficultés, les établissements supérieurs préfèrent parfois proposer à leurs étudiants de réaliser des stages en entreprise à l'étranger. Les grandes écoles et les universités peuvent ainsi s'appuyer sur un réseau d'entreprises partenaires de plus en plus développé pour proposer ces stages à leurs élèves.

De son côté, le réseau MBway, qui compte 10 écoles de commerce et de management, a lancé une formule d'alternance en entreprise à l'international, suite à un accord conclu avec l'université de Leon, située au Mexique. Depuis le 9 mars 2013, une dizaine d'étudiants intègrent chaque année un parcours alternant cours et immersion en entreprise.

« Il nous a semblé utile de pousser la logique de l'alternance jusque dans nos échanges internationaux. Nous voulons ainsi travailler la capacité d'adaptation de nos étudiants et faire en sorte qu'ils comprennent l'environnement dans lequel ils évoluent », souligne Philippe Fradin, directeur national de MBway.

Diverses aides pour étudier en alternance à l'étranger

Il faut également savoir que les étudiants boursiers peuvent recevoir une aide à la mobilité internationale d'un montant mensuel de l'ordre de 400 euros. Elle est attribuée par le service international de leur établissement universitaire pour un séjour d'études à l'étranger ou un stage international d'une durée de 3 à 9 mois, lorsque celui-ci est obligatoire dans le cursus.

Les étudiants non boursiers, mais dont les parents ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu, peuvent aussi bénéficier d'une aide à la mobilité internationale, suivant les mêmes modalités. Le Cnous délivre également des bourses de voyage pour financer les stages à l'étranger d'une durée minimum d'un mois.

De leur côté, les chambres de commerce et d'industrie (CCI), les associations professionnelles ainsi que les collectivités territoriales (communes, conseils généraux et régionaux, notamment) proposent également un programme d'aide. Enfin, sachez que, dans tous les cas, il convient de trouver l'entreprise d'accueil avant de faire une demande de bourse.

Dernière mise à jour : 22 juin 2015