Ces dernières années, l'alternance est en pleine progression à tous les niveaux d'études. Les grandes écoles de commerce et d'ingénieurs ont de plus en plus recours à cette formule.

Aujourd'hui rares sont les grandes écoles qui ne proposent pas encore une filière en alternance. Et pourtant, il n'était pas facile d'imaginer que cette formule, autrefois réservée aux cursus tels que les CAP et les bacs professionnels, pourrait se faire une place dans ce milieu. Dès le début des années 90, certaines d'entre elles s'y sont mises. « A l'époque, c'est un professeur qui a proposé de mettre en place un cursus en apprentissage pour le programme Grande Ecole, se souvient Séverine Jauffret, directrice des relations étudiants-entreprises de l'ESSEC, « c'était une expérience pédagogique, afin d'analyser les apports de ce mode d'études pour les élèves et les professeurs ».

Un levier de diversité

Au fil du temps, de nombreuses écoles mettent en place cette formule. « L'alternance permet aux étudiants de financer des frais de scolarité parfois élevés, expose Marion Depont, responsable Pôle employabilité et relation recruteurs de Kedge Business School. En plus cette formule leur donne la possibilité de devenir plus indépendants, l'entreprise leur versant une rémunération tous les mois. Cela permet aux grandes écoles une certaine ouverture et une diversité sociale », argue-t-elle.

De cette manière, les établissements parviennent à diversifier leur recrutement. « Le développement de l'alternance a permis aux écoles de commerce d'élargir le profil de leurs étudiants », confirme Mathilde Brossier, responsable de l'alternance à l'EM Normandie.

Bien plus qu'un stagiaire

Aujourd'hui, la formule donne la possibilité aux jeunes de se familiariser avec leur futur métier. « Cette voie permet aux étudiants de compléter une formation académique par une expérience de terrain, détaille Marion Depont. C'est un aspect qui fera la différence sur leur CV. D'ailleurs, la plupart du temps, les entreprises qui décident de prendre un jeune en alternance ont pour objectif de le garder à l'issue de sa formation », ajoute-t-elle. « Ces cursus permettent avant tout la professionnalisation des étudiants, décrit Mathilde Brossier.

Sur la plupart des offres d'emploi qui sont formulées aujourd'hui, les entreprises demandent des jeunes diplômés avec deux années d'expérience. L'alternance leur procure ce bagage. Aujourd'hui, l'alternance est la nouvelle 'période d'essai' des entreprises », poursuit-elle.

Car pour un même diplôme, l'apprenti aura un statut différent de celui des autres étudiants : celui de salarié. Une fois dans l'entreprise, le jeune se verra confier des missions et des projets de longue durée. Des responsabilités que n'aurait pas forcément eues un stagiaire.

Une bonne insertion professionnelle

Grâce à cette expérience, l'insertion professionnelle est optimale. « Après une ou plusieurs années d'immersion dans le monde de l'entreprise, les étudiants ont une capacité d'insertion professionnelle qui est excellente », vante Paul Lauriac, directeur du développement et des partenariats de Toulouse Business School.

« Six mois après la fin de leurs études, presque 100 % de nos étudiants ayant effectué leur formation en apprentissage sont insérés professionnellement. Pour les autres, cela tourne autour de 90 %. L'alternance donne donc l'assurance de trouver un travail rapidement », argue Marion Depont. Un avis que confirment les nombreux anciens alternants diplômés des grandes écoles.

« L'alternance m'a donné la possibilité de découvrir le fonctionnement d'une grosse entreprise, mais aussi, de m'y intégrer, témoigne Mathieu Pouille, ingénieur chez Thalès Group et diplômé de Telecom Lille en 2014. On se sent beaucoup plus incorporé dans la dynamique que lorsque l'on est juste stagiaire. Cette formule m'a apporté de l'autonomie, de la maturité et une indépendance financière », conclut-il.

Dernière mise à jour : 7 juillet 2015